‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 103 sur 140 · FO AT · texte numérisé non relu

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«Et ce monsieur, dit-elle, comment l'appelez- vous ?... où estil ?.:. » Elle tend la main dans la direction d’ Ochorowiez, lui prend le pouce, le reconnaît. — Comment yous appelez-vous donc? Monsieur... Oko... Goro... Je ne sais pas.:. »

Ochoroviez lui suggère mentalement son nom ; elle ne parvient

pas à l’énoncer.

. — Vous êtes. Vous n'êtes pas Anglais. Vous êtes de Paris... mais vous n'êtes pas Français, vous êtes seulement venu pour la France... vous êtes de... Comment appelez-vous votre pays ? Bree... non... Po... Pologne, n'est-ce pas ? Vous endormez beaucoup, beaucoup de monde... Pourquoi ? Je ne veux pas que vous endormiez

. tant de monde !... Attendez... Qu'est-ce que vous faites à Paris?

Une fabrique, vous faites des ap... apa.. Comment appelez-vous - des appareils, n’est-ce pas ?

— À quoi servent ces appareils? demande Gibert. Ochorowiez pense aux téléphones, mais le sujet désigne l’hypnoscope qu’elle a vu la veille dans ses mains.

: La transmission des sensations fut faite de la manière suivante : Gibert boit un verre d’eau à côté de Mme B. Cette dernière fait aussitôt des mouvements de déglutition. Gibert et Marillier passent dans une chambre voisine, Ochorowicz souffle à l'oreille de Marillier : « Pincez la main droite.» Deux minutes après, Mn° B. manifeste de la douleur surtout à la main droite — « Non, dit-elle, ne faites pas cela... méchant ! »

— (Piquez lemilieu du front » ; la somnambule porte les mains au front et répète la même ie que tantôt.

Voici une suggestion qui ne devait se réaliser que le lendemain ; passer au salon, prendre un album de photographie, qui se trouvait Sur la table et l'ouvrir en examinant les portraits. Pour faire cette suggestion mentale, Gibert prit les mains du sujet, il appuya sor

front sur le sien. — Écoute bien, Léonie, dit-il, et sans aucun mou-

vement des lèvres, il lui fit la transmission. Le lendemain la suggestion se réalisa.

Les expérimentateurs firent encore quelques expériences qui réussirent plus ou moins bien.

| Ochorowiez quitta le Havre profondément ému, ‘il aboutit à cette conclusion « qu’en éliminant les trois premières expériences, qui

sont restées incertaines, la quatrième tient bien debout et ne peut pas être expliquée sans une liaison causale entre un acte de volonté et un effet. produit à distance: » (1)

Cette visite au Havre fut faite par Ochorowicz en 1886, et.€e est en 1887 qu’il publia le premier traité complet sur la suggestion

mentale. L'auteur étudie d’abord les suggestions mentales appa-

rentes :-l’acte de réconnaître une personne qui touche le sujet d'un seul doigt n’est qu’une suggestion par conjecture ; le somnambule, qui n’a aucune distraction, dont toutes les sensations contribuent à une seule opération perceptive, devine mieux que nous la con-

nexion de certains signes. Beaucoup d'expériences spiritiques ne

sont que de la suggestion mentale apparente : un homme sérieux :

déclara un jour qu’il croirait aux. esprits s’ils pouvaient lui dire le

nom de baptème de son grand-père ; on récita l’alphabetet les

coups frappés sur la table RE le nom d'Adalbert, ce qui était exact.

Ochorowicz, ne croyant pas aux esprits, voulut répéter cette

expérience, il assista à une séance de spiritisme dans laquelle on demanda à la table le nom de la grand’mère d’une dame âgée restée étrangère à l’action. La table répondit exactement, mais vérification faite, une jeune fille présente avait souvent entendu ce nom ; elle avoua même s’en être rappelé pendant l'expérience.

Croyant à une suggestion mentale. Ochorowicz imagina un nom de fantaisie, la table répondit par un autre nom: il fit semblant.

d'écrire un mot sur un morceau de papier, la table répondit « louche » mot auquel il n’avait pas songé. (Il devenait donc évident,

dit-il, que la fantaisie inconsciente des médiums, ferait’ fausse

route chaque fois qu'elle ne serait point guidée par une suggestion. »

L'auteur présente une enveloppe. — « Qu’y a-t-il dans cette en-

veloppe, dit-il. Est-ce une lettre, un billet de banque ou une pho= ;

tographie °?

— C’est une photographie.

— D'un homme ou d'une femme ?

— D'un homme.

(1) Ocuorowicz, La Suggestion mentale. Paris, 1887, p. 144.

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— Quel âge a-t-il ? »

« La table frappe 23 coups, ce qui était juste et tout le monde crie au miracle, mais, réflexion faite, il y avait de nombreux indices pour guider le médium ; l’enveloppe dessinait assez bien la forme d’une carte photographique; de plus, lorsque la table avait frappé le 23° coup, Ochorowiez s'était empressé de dire: « C’est juste. »

Je ne puis décrire toutes les expériences de suggestion mentale apparente que mentionne Ochorowiez, il insiste surtout sur l’étude des tours merveilleux des magnétiseurs, tels que Donato et Cumberland ; il montre que ces prétendues divinations de pensées, vues à distance, etc., dépendent uniquement de l'éducation du sujet. On sait d’ailleurs, depuis les recherches de Gley et Richet sur les mouvements idéomoteurs, que le cumberlandisme est dû tout simplement à des mouvements involontaires perçus par le sujet. Tous ces phénomènes dépendent d’une idéoplastie des mouvements, d’une suggestion mécanique.

Dans un second chapitre, Ochorowiez étudie la suggestion mentale probable, il y parle des expériences de Richet, il y rapporte des expériences personnelles, analogues à celles de cet auteur. Sur trente et une suggestions mentales, treize fois l’expérience a réussi, voici le tableau de ses recherches.

Le sujet est prévenu qu'il s’agit d’une carte à jouer.

OBJET PENSÉ OBJET DEVINÉ 1. Six de pique. Six noir.

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