PHYSIQUE NORMALE
Jusqu'en ces derniers temps, ces phénomènes étaient désignés sous le nom de phénomènes spiritiques ; ils étaient attri
(1) Voir Aun. des sciénces psychiques, n° 3, 1° année.
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bués à l’intervention des esprits des morts avec lesquels les médiums se mettaient en rapport.
Bobinet, Faraday et Chevreul attribuèrent les - mouvements. d'objets CNE aux mouvements inconscients des PHRARMIORE tateurs, à l’automatisme des médiums.
Janet confirma ces données dans son Automatisme psychologique ; il prouva que les tables tournantes, les écritures des esprits, s’expliquent par l’automatisme cérébral.
. «Mais, dit Coste, cette théorie est en défaut, quand il s’agit d’expliquer rationnellement les faits d’action à distance.» [!)
S'il est prouvé qu’une force, émanant de l'organisme, peut agir de loin sur des objets matériels, il est presque certain que la plupart des phénomènes moteurs occultes reconnaissent une cause identique.
Reichenbach soutient que tous les corps sont pénétrés d'un fluide spécial qu’il appelle od ; certains individus très sensitifs seraient même capables de voir cet ode se dégager des objets matériels, et surtout du corps humain et des aimants (?).
Cette théorie est confirmée par de Rochas (*)} et Gibier (‘); ce dernier auteur affirme avoir vu dans l’obscurité, sous forme de matière vaporeuse et lumineuse, un fluide se dégager du corps d’un de ses clients. Gibier a même, plusieurs fois, vu ces émanations en plein jour (*). Cette force odique, neurique, pourrait provoquer des mouvements d'objets matériels. |
Les premières recherches en ce sens sont dues à M. Crookes, qui
en 1863, expérimenta avec le concours du médium américain Home ; il obtint l’altération du poids du corps, l’exécution d’airs sur des instruments de musique, il vit des tables et des chaises enlevées de terre sans l’attouchement de personne. Croockes prétend avoir pris toutes les précautions nécessaires. « Le pauvre Home était soumis à des épreuves bien offensantes ; on lui tenait les pieds et les mains, il n’avait le droit de faire aucun mouvement sans que
({} Gosre. Loc. cit., p. 127.
(2) Dans Ann. des sc. psych., 1892, n° 6,
(3) De Rocnas. Feintes des magnétiseurs,
(4) Analyse des choses, p.157.
(5) GiBier. Suiritualisme expérimental, p. 209.
plusieurs paires d’yeux méfiants ne fussent braqués sur lui. »
En dehors des apparitions lumineuses, toutes les expériences de
Croockes ont été faites à la lumière, dans la propre maison de
Croockes, aux époques désignées par lui et dans des circonstances.
qui excluaient absolument l'emploi et l'aide du plus simple instrument ; il a composé lui-même son cercle d’amis, il à introduit des incrédules et il a imposé ses conditions pour éviter toute possibilité de fraude.
Zallner (), Gibier (2), Lepelletier ont constaté des faits ana-
logues.
Lombroso, Tamburini, Virgilio, Bianchi, Vizioli, tous sceptiques à l'égard du spiritisme, assistèrent à des séances données par la célebre médium Eusapia : ils virent à la lumière une table s’é-
lever en même temps que leurs chaises, quoique leurs mains fas-.
sent un eflort pour abaisser cette table ; ils entendirent des coups dans l’intérieur de la table, et ces coups répondaient parfaitement aux demandes sur l’âge des personnes présentes et sur ce qui devait arriver et qui arriva réellement ; dans l’obscurité, une son-
nette, placée sur une table, à environ un mètre d’Eusapia, se mit.
à tourner sur leurs têtes et à sonner, elle se plaça ensuite sur une table, puis sur un lit éloigné du médium d'environ deux mètres. Pendant cette dernière expérience, le Dr Ascean alluma une allu-
mette et put voir la sonnette lancée dans l’air, juste au moment où
elle allait tomber sur le lit.
Plongés de nouveau dans l’obscurité, ils entendirent une table en bois qui se remuait, et tandis que les mains du médium étaient
gardées par Lombroso et Tamburini, le professeur Vizioli se
sentait tirer les moustaches, pincer les genoux et avait l'impression d'être touché par une main petite et froide.
Lombroso entendit qu’on ôtait sa chaïse et qu'on la replaçait ensuite.
Un grand rideau qui divisait la chambre d’une alcôve qui était à.
un mètre de distance du médium, se souieva comme agité par un coup de vent; les compagnons de Lombroso observèrent, à dix cen-
(1) Zazzwer. Wissenschaftliche abhandl., 1877-81. Leipzig. (2) GiBsier. Spiritualisme expérimental.
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timètres de distance, sur sa tête et sur celle du professeur Tamburini, des petites flammes jaunâtres.
On alluma alors la lampe et les assistants virent un gros meuble qui était derrière l'alcôve, à deux mêtres d’eux, se remuer lentement et aller vers eux comme s’il était poussé par quelqu'un.
Barth observa des faits semblables avec le médium Eusapia: il vit une sonnette circuler dans l’air et sonner sans être remuée par personne. | |
Le banquier Hirsch, qui était avec lui, demanda à parler avec une personne qui lui était chère, il vit son image et il l’entendit
. parler. Barth vit son père et en reçut deux baisers.
Pour expliquer ces faits, que Lombroso considère comme certains, il admet une transformation de la force psychique du médium qui est toujours un névropathe. «Or, dit-il (!), je ne puis pas trouver absolument inadmissible que, de même chez les hystériques et chez les hypnotisés, l’excitation de certains centres qui se prononcent puissamment, par la paralysie des autres. donnent lieu à une transposition et à une transformation des forces psychiques ; mais elle peut donner lieu à une transformation en force lumineuse et mouvante.
« Alors on comprend comment la force, nous dirons corticale et cérébrale d’un médium, peut, par exemple, sous une table, tirer la barbe, caresser, qui sont les phénomènes les plus connus dans ces Cas )».
C’est un phénomène analogue à la transmission de la pensée : la force psychique, au lieu de se transporter d'un cerveau à un autre, se transforme en mouvement, en lumière, etc. (Ne voyons-nous pas. dit Lombroso (?}, l’aimant faire remuer le fer sans autre intermédiaire ? Dans ces faits spiritiques, le mouvement prend une forme plus semblable au vouloir, car elle part d’une force motrice qui est en même temps centre psychique, l'écorce cérébrale.
» La grande difficulté, dit-il encore, est de pouvoir admettre que le cerveau soit l'organe de la pensée et que la pensée soit un mouvement ; du reste, en physique, admettre que les
(1) Lomsroso. Les faits spiribiques et leur explic. (Revue de l'Hypnotisme, P. 291, 1891-92).
(2) LomBroso. Loc. cit., p. 293.
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