‹ L'hypnotisme scientifiqueChapitre 120 sur 140 · NES · texte numérisé non relu

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que cette hypothèse serait, non seulement improbable, mais encore inutile dans le cas actuel, puisque. en l’admettant, l’ensemble des faits nettement prouvés ne s’en trouverait nullement atteint.

» Nous reconnaissons d’ailleurs que, au point de vue de la science exacte, nos expériences laissent encore à désirer, elles ont été entreprises sans que nous pussions savoir ce dont nous avions besoin, et les divers appareils que nous avons employés ont dû être préparés et improvisés par les soins de MM. Finzi, Gérosa et Erma- Cora. À |

» Toutelois, ce que nous avons vu et constaté suffit, à nos yeux, pour prouver que ces phénomènes sont bien dignes de l'attention des savants.

» Nous considérons comme notre devoir d'exprimer publiquement notre reconnaissance pour M. D. Ercole Chiaia, qui a poursuivi pendant de longues années, avec tant de zèle et de patience, en dépit des clameurs et des dénigrements, le développement de la faculté médianimique de ce sujet remarquable, en appelant sur lui l'attention des hommes d'étude, et n'ayant qu’un seul but : le triomphe d’une vérité impopulaire ; |

Alexandre Asakof, directeur du journal Les Etudes psychiques, à Leipzig, conseiller d'État de S. M. l'Empereur de Russie ;

» Giovanni Schiaparelli, directeur de l'Observatoire astronomique de Milan;

» Carl du Prel, docteur en philosophie, de Munich ;

» Angelo Brofferio, professeur de philosophie ; ,

» Giuseppe Gerosa, professeur de physique à l'École royale supérieure d'agriculture de Portici ;

» G.-B. Ermacora, docteur en physique ;

» Giorgo Finzi, docteur en physique.

» À une partie de nos séances ont assisté quelques autres personsonnes, parmi lesquelles nous mentionnons : È

» MM. Charles Richet, professeur à la Faculté de médecine de Paris, directeur de la Revue scientifique (5 séances) ;

» Cesare Lombroso, professeur à la Faculté de médecine de Turin (2 séances), »

Voici maintenant les conclusions personnelles de Richet :

(Et maintenant que peut-on conclure ? dit le savant professeur,

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après avoir raconté minutieusement les principales expériences. Car, il ne suffit pas d’énumérer des expériences ; il faut dégager ou essayer de dégager le résultat final qu’elles apportent.

» Si, Comme ce n’est pas tout à fait le cas, nous avions obtenu un résultat tout absolument décisif, je n’aurais pas hésité un instant à dire hautement mon opinion. La défaveur publique ne m'inquiète guère et ce ne serait pas la première fois que je me serais trouvé en désaccord avec la majorité, voir même la presque unanimité de mes confrères ; les doutes que je ne crains pas d'avouer, sont donc des doutes réels, non des doutes de timidité ou d’hésitation dans ma pensée.

» Certes, s’il s'agissait de prouver quelque fait simple et naturel, à peu près évident à priori, ou ne contredisant pas les données scientifiques vulgaires, je m’estimerais pleinement satisfait : les preuves seraient largement suffisantes et il me paraîtrait presque inutile de continuer, tant les faits accumulés dans ces séances paraissent éclatants et conclusifs ; mais il s’agit de

démontrer des phénomènes vraiment absurdes, contraires à tout

ce que les hommes, le vulgaire ou les savants, ont admis depuis quelques milliers d'années. C’est un bouleversement radical de toute la pensée humaine, de toute l'expérience humaine, c'est

un monde nouveau ouvert à nous, et, par conséquent, il n’est

pas possible d’être trop réservé dans l'affirmation de ces étranges et stupéfiants phénomènes.

» Pour ma part, je n'admets pas du tout qu'Eusapia trompe de propos délibéré ; et je crois que, si elle trompe, c’est sans

le savoir elle-même... car il y a, dans la production de ces phé-

nomènes, même s’ils ne sont pas sincères, une part d'inconscience qui-est certainement très grande...

» Quant à l’opinion des personnes qui ont suivi Eusapia pendant longtemps, elle serait d'un grand poids s'il s'agissait de phénomènes vulgaires et ordinaires ; mais les faits dont il s’agit sont trop surprenants pour que la croyance d’une personne, non habituée à l’expérimentation, détermine ma propre croyance. Je suis bien certain de la bonne foi de M. Chiaia et des autres hommes distingués qui ont, pendant des mois et des années,

observé Eusapia : mais leur perspicacité ne m'est pas démontrée,

et je puis parler ainsi sans les froïsser, car je me défie de ma

propre perspicacité…

» Pour ce qui est des expériences elles-mêmes : Il faut, avant tout, écarter l’hypothèse d’un compère..…., et s’il y a une supercherie, c’est Eusapia seule qui la commet, sans être aidée par

personne et sans que personne sen doute. De plus, si cette.

supercherie existe, elle se fait sans appareïls, par des moyens très simples, presque enfantins. Eusapia n’a aucun objet dans sa poche ou ses vêtements. |

» Reste alors la seule hypothèse possible, c'est qu'Eusapia

trompe, en remuant les objets avec ses pieds ou avec ses mains, après avoir réussi à dégager ses mains ou ses pieds des mains ou des pieds de ceux qui sont chargés de la surveiller:

» Si ce n’est pas Cela qui est l’explication, la réalité des phénomènes donnés par elle, me paraît tout à fait certaine. Eh bien, je l’avoue, cette explication par des mouvements de ses pieds

et de ses mains est peu satisfaisante. Dans quelques expérien-

ces..…., Celle, par exemple, de la chaise qui est venue derrière le rideau se placer sur le bras de M. Finzi, en demi-lumière..., je

ne vois pas comment la main d’Eusapia a pu se dégager, et

comment, s'étant dégagée, cette main a pu accomplir le mou-

vement en question. Je me déclare donc incapable de com

prendre. | » Mais, d’autre part, il s’agit de faits si absurdes qu’il ne faut pas se satisfaire à trop bon compte (‘). Les preuves que je donne

seraient bien suffisantes pour une expérience de chimie. Elles

ne suffisent pas pour une expérience de spiritisme.............

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» En définitive : Quelque absurdes et ineptes que soient les expériences faîtes par Eusapia, il:me paraît bien difficile d'attribuer les phénomènes produits à une supercherie, soit consciente, soit inconsciente, où à une série de supercheries. Toutefois, la preuve formelle,

(1) Voilà un reproche que — nos lecteurs en conviendront, — l’on ne saurait |

adresser au scrupuleux directeur de la Revue stientifique.

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irrécusable, que ce n'est pas une fraude de la part d'Eusapia et une illusion de notre part, cette preuve formelle fait défaut. » Il faut donc chercher de nouveau une preuve irrécusable ».

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