VARIATIONS DE LA FORCE MUSCULAIEE CHEZ LES HYPNOTISÉS
Endormie :
Oreille droite 6 Oreille gauche 11
On lui suggère une ouïe très fine :
Oreille droite 4 Oreillegauche 8
40 MikI,, éveillée :
Oreille droite 9,3 Oreille gauche 9
Endormie :
Oreille droite 23 Oreille gauche 23
On lui suggère une ouïie très fine :
Oreille droite 20 Oreilte gauche 15
Cette dernière malade fait exception à la règle générale, suivant laquelle l’acuité auditive augmente pendant le sommeil.
Je n’ai fait aucune recherche sur les variations de la force musculaire chez les hypnotisés, je ne puis donc rien affirmer à cet égard; il y aurait lieu cependant de contrôler les résultats de Beaunis en se mettant à l’abri de toute suggestion inconsciente.
ROUGEUR, CONGESTION, VÉSICATION ET HÉMORRAGIES PAR SUGGESTION ET PAR AUTO-SUGGESTION
D'après certains auteurs on peut, chez un grand nombre de somnambules, produire la congestion cutanée par suggestion ; il suffit de dire à un sujet endormi, en touchant avec le doigt un point quelconque de son Corps : « Après votre réveil, il se produira une tache rouge sur ce point » pour voir apparaître, au bout d'une . dizaine de minutes, une rougeur bien nette qui persiste pendant quelques minutes. Quand la Suggestion est assez forte, Beaunis à vu se produire une véritable Congestion avec gonflement de la peau.
Dumontpallier à produit par süggestion, chez des hystériques hypnotisables, des congestions locales et des élévations de tempé- | rature. L'auteur fit envelopper la partie supérieure de la jambe droite d’une malade et lui suggéra qu’on avait appliqué sous la bande un papier vésicant : toute la journée et la nuit suivante la
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sure
malade éprouvera une sensation de brûlure à l’endroit indiqué ; le lendemain on constata une élévation de température de 4 degrés sans vésication. Cette expérience fut répétée sur d’autres sujets, les résultats furent semblables. |
Un fait bien plus extrordinaire a été signalé par M. Focachon, pharmacien à Charmes ; un jour qu’une jeune femme, nommée Élisa, sé plaignait d’une douleur au-dessus de l’aine gauche, il lui suggéra qu'il se formerait une cloche au point douloureux. Le lendemain l'ampoule y était.
Un autre jour, comme elle se plaignait d'une névralgie de la région claviculaire droite, il lui fit une suggestion semblable, il se produisit « des brûlures en tout semblable à des pointes de feu bien formées et laissant des escarres réelles. »
M, Focachon communiqua ses résultats à M. Liébault, et le 2 décembre 1884, MM. Focachon, Liébault et Bernheim, répétèrent ces expériences ; malheureusement l’essai fut fait assez tard dans la journée, à cinq heures du soir on vérifia les résultals obtenus et l’on constata une rougeur circonscrite et la région indiquée comme devant être le siège de la vésication. « Le sujet, dit Beaunis, se plaignait d’une sensation de brûlure et de démangeaisons qui la
portait à se frotter le dos contre les meubles si on ne l’en avait
empêchée. »
«Le lendemain, Élisa présentait un érythème vésiculaire entre les épaules ; la pression était douloureuse en cet endroit, et la partie de la chemise en contact avec la région était maculée d'un liquide purulent ; on aurait pu croire à une petite brûlure. »
Cette expérience ne parut pas suffisante : les expérimentateurs la.
recommencèrent et fixèrent en un endroit choisi derrière l’épaule gauche, du papier gommé recouvert d’un pansement léger : on enferma la malade à clé dans une chambre ; elle fut endor-
mie pendant tout le temps de l'expérience, on ne la réveilla,
que pour prendre ses repas.
Le lendemain, on enleva le pansement en présence de MM. Bernheim, Liégeois, Liébault, Beaunis et Focachon : le papier gommé n'était pas dérangé, et l’on constata « dans l’étendue de 4 sur centimètres, l’épiderme épaissi et mortifié d’une couleur blancjaunâtre ; seulement l’épiderme n’était pas soulevé et ne formait
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pas de cloches; il était épaissi, un peu plissé, et présentait, en un mot, l'aspect et les caractères de la période qui précède immédiatement la vésication proprement dite. Cette région de la peau était entourée d’une zone de rougeur intense avec gonflement ayant environ un demi-centimètre de largeur. »
Focachon produisit les mêmes phénomènes chez une autre somnambule.
Après avoir obtenu la vésication par suggestion chez Elisa, Focachon voulut faire une contre-expérience : un morceau de vésicatoire fut partagé en trois parties : le premier fragment fut appliqué sur l’avant-bras gauche dela malade, le second sur son avant-bras droit, le troisième sur la poitrine d’un malade qui avait besoin d’un vésicatoire, M. Focachon suggéra au sujet que le vésicatoire de gauche ne produirait aucun effet, il surveilla la malade jusqu’à 8 heures du soir, il enleva alors le pansement : le bras gauche était intact, le droit présentait une ampoule en tout semblable à celle produite par le troisième morceau de vésicatoire appliqué sur le sujet témoin,
Ferrari a trouvé dans un journal de magnétisme de 1840, la relation d’un cas de vésication par suggestion : le Dr Louis Prégalmini (d’Intra en Piémont), ayant endormi une malade, lui suggéra qu'il lui appliquait un vésicatoire : au lieu d'appliquer un emplàtre vésicant, il plaça tout bonnement le papier sur lequel il avait écrit l'ordonnance. Une fois réveillée Prégalmini dit à la malade qu’il ne lui avait appliqué que l'ordonnance, elle répondit que ce papier n’opérerait point; malgré cela, la vésication eut lieu et la plaie Suppura pendant dix à douze jours. Cette expérience fut répétée avec le concours du D' de Bouis, qui fournit lui-même le papier ; le résultat fut le même.
Bourru et Burot ont signalé la possibilité de provoquer des épistaxis par suggestion hypnotique : après avoir mis un jeune homme en somnambulisme, ils lui dirent : « Ce soir, à quatre heures, tu te rendras à mon cabinet. tu te croiseras les bras et tu saigneras du nez », l’épistaxis eut lieu, Un autre jour ils tracèrent son nom avec l'extrémité mousse d’un stylet, sur ses deux avant-bras et lui suggsérèrent de saigner sur les lignes ainsi tracées ; le sang coula en ces endroits.
Mabille a observé des faits semblables ; ayant endormi un hystéro-épileptique, il traça une lettre sur chaque avant-bras : (A quatre heures, lui dit-il, tu saigneras de tes bras. » — «Je ne peux
pas saigner du côté droit, répond le malade, c’est le côté paralysé.
A quatre heures le sang coula à gauche. Mabille rép éta cette expérience devant une quarantaine de personnes : le sujet étant en somnambulisme, il traça une lettre sur le poignet gauche : « Tu vas saigner de suite de cet endroit. — Cela me fait grand mal. — N’importe, je t’ordonne de saigner. » Le membre devint turgescent, la lettre se dessina rouge et saillante ; enfin des gouttelettes de sang apparurent, mais au lieu de suinter à l’endroit indiqué, ce fut à l’endroit de la lettre tracée l’avant-veille que le sang apparut. Burot lut au nom du D' Mabille, au congrès de Grenoble, en 1885. une note sur les hémorragies cutanées par auto-suggestion dans le somnambulisme provoqué : « Le 5 août 1885, disait Mabille, à ma visite, vers huit heures et demie du matin, en présence de
M. le D' Ramadier, médecin-adjoint de l’asile de Lafond, et de
M. Chamelot, interne du service, je plonge V... dans le somnambu-
lisme ; désireux de combattre les insomnies du malade, je lui dis : «Ce soir à huit heures, vous direz au gardien Ernest : « Ernest,
venez donc me coucher, j'ai besoin de dormir. » Puis vous irez vous coucher et vous dormirez jusqu'à cinq heures du matin. Pendant votre sommeil, vous n'entendrez rien, vous ne verrez rien, vous ne sentirez rien. Vous m’entendez, V.....? — Oui, Monsieur. »
« À sept heures cinquante-sept environ, V.., qui se promène dans la cour, reste, Le regard fixe, a quelques légères convulsions de la face, ainsi qu’il arrive lorsque le terme de la suggestion ap-
proche, puis il tombe dans le sommeil ou plutôt dans cet état inter-.
médiaire décrit par M. Dumontpallier ; son hyperesthésie gauche a disparu. Il répéte à son gardien, les paroles citées plus haut, et à huit heures précises, dort d’un profond sommeil. A partir de ce mo-
ment, sans qu'il ne soit possible de le réveiller, car il ne voit rien,
n'entend rien, ne sent rien, et la pression des zones hystérogènes reste sans effet, V... renouvelle spontanément la série des expériences auxquelles il a été antérieurement soumis. C’est ainsi qu’il presse avec ses doigts sur ses globes oculaires, comme pour être mis en léthargie, ouvre ses paupières pour passer à la catalepsie,
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