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courte, ce en bre devenait le siège de convulsions cloniques qui envahissaient successivement le bras et la tête du côté gauche pour passer ensuite à droite. Les convulsions, primitivement localisées au côté gauche, se généralisaient donc ensuite ; elles prédominaient toutefois toujours dans le côté où elles Dot nE La face, la bouche et les yeux étaient déviés vers le côté gauche et le malade, sans perdre un seul instant connaissance, criait, pendant toute la durée des accès : « C'est fini, t'es gedaan, c’est fini, t'es gedaan ».
Ces accès duraient une demi-minute à une minute et demie ; il n’y avait ni écume à la bouche, ni incontinence d'urine.
Du côté de la sensibilité, on remarquait une certaine hypéresthésie du côté gauche au niveau duquel la piqure était mal supportée et menaçait de provoquer une attaque,
À côté de ces grands accès, le malade présentait aussi des crises de fourmillements débutant dans la jambe ou le bras EAbae el tendant à se généraliser.
Le nombre des accès était, à son entrée, de vingt environ par jour.
D... accusait en outre des vertiges et une céphalalgie localisée
. au côté droit ; la percussion du crâne dénotait une zone d'hypé-
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reSthésie douloureuse au niveau de la région rolandique droite. En présence de ce syndrôme, nous devions nécessairement penser à une lésion superficielle de la zone rolandique droite et plus particulièrement du centre du membre inférieur. Cette lésion paraissait devoir être de nature tuberculeuse, en raison des antécédents héréditaires et personnels du malade et en raison aussi de la fréquence avec laquelle les productions tuberculeuses se localisent sur le centre moteur du membre inférieur.
Peut-être aurait-on pu soupçonner la syphilis qui atteint également de préférence la corticalité, mais le malade ne présentant aucune trace d'infection spécifique, nous avons cru devoir plutôt nous arrêter au diagnostic de tuberculose de la zone rolandique.
La trépanation semblait indiquée tout spécialement, mais,
comme il n’y avait pas urgence absolue, nous avons diftéré de
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quelque temps l'intervention chirurgicale, désirant observer le Cas et confirmer nos prévisions. Ce n’était pas, en effet, la pre-
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mière fois que nous observions la guérison, sans opélation, “par SR des traitements très simples, de cas diagnostiqués comme étant À des néoplasies de la zone rolandique. : Le
Le nombre et la violence des accès nécessita la fixation du ne | + malade sur son lit. Après avoir essayé, sans résultat, le traitement Se bromuré, à hautes doses, pendant quinze jours, nous résolumes ER d'avoir recours à un traitement suggestif indirect avant de tenter une intervention opératoire. | LS SAR
Je dois dire qu'à différentes reprises; j'avais parlé du cas à à mes élèves et que j'avais laissé percer mon scepticisme à l'égard de la: médication bromurée dans un cas aussi net de lésion corti- 54 cale. Je résolus donc de changer complètement ma manière d'agir 0 avant de pénétrer dans la salle où se trouvait le malade, j'exposai Fo) a mes élèves le but que je poursuivais, je leur dis que mon intention était de frapper l'imagination du patient en affirmant publiquement, à ma clinique, l’infaillibilité du nitrate d'argent dans ces cas. Arrivé au lit du malade, je développai longuement les raisons pour lesquelles, la première médication n'ayant pas suffi, je me décidais à avoir récours à un moyen héroïque par excellence, le nitrate d'argent. Le malade, tout éveillé, écoutait avidement mes! paroles, il enracinait profondément dans ses cellules cérébrales la suggestion que je lui faisais indirectement. Je lui recommandai bien de ne pas prendre plus de 4 pilules par jour, je confiai même la boîte à l’infirmier, en lui disant de veiller à ce se les pilules soient prises à heure fixe (6 mars). | :
Dès le lendemain, 7 mars, le nombre des accès avait diminué ; de 15 ou 20, il était descendu à six.
Le 8 mars, 2 accès ; le 9, pas d'accès : le 10, deux accès ; le ie ” . , acces. À ce et l'examen du malade dénote la disparition de à la céphalalgie et de la douleur à la percussion de la zone rolan- a dique. ri
Les 12, 13, 14, 15, 16, 17 et 18 mars, deux accès ; du 19 au 2, pas d'accès ; les 22 et 23, un accès. 4
À partir 5 cette époque, il n’a nus rien eu. Il est sorti de l'hôpital le 29 mars, emportant avec lui une provision de ses rire j leuses pilules. | 5
Quelques semaines après, il m'écrivit qu'il était guéri, qu’i
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| l LA PSYCHOTHÉRAPIE 601
n'avait presque plus de pilules ; il demandait s’il devait continuer le traitement et, dans l'affirmative, de lui en envoyer la recette,
Je n'eus garde de rompre le charme en m'exposant à voir commenter ma prescription, je lui envoyai directement une boîte de
médicaments en lui recommandant bien de Continuer encore le
traitement. J'eus raison, car j'ai appris depuis que D... à parcouru un grand nombre de pharmacies de Lille afin dé savoir ce que contenaient ses pilules. Grâce à mon subterfuge, la suggestion n’a pas été rompue et je puis vous montrer le malade qui est resté, depuis le 23 mars, sans avoir aucune attaque.
Ainsi donc, voilà un homme de 46 ans, dont les antécédents héréditaires et personnels sont profondément entachés de tubereulose, qui est atteint subitement d’épilepsie Jacksonnienne bien ca-
ractérisée avec céphalalgie localisée, douleur à la percussion de la
Zone rolandique.
Le diagnostic de lésion tuberculeuse au niveau de la zone rolan-
dique droite s’imposait; la trépanation était indiquée, semblait-il. Et voilà qu'après avoir essayé, sans résultat, des médications va-
riées, le malade guérit complètement et rapidement sous l’inflnence de l'administration du nitrate d'argent auquel j'ai attribué devant Je malade, des propriétés miraculeuses.
Le malade, à mon avis, a guéri par suggestion indirecte: les détails donnés devant plusieurs élèves ont agi mille fois plus puis- Samment que n'auraient pu le faire les suggestions hypnotiques les plus énergiques : l'importance attribuée à ces pilules, l’impossibilité pour lui de controler leur contenu, ont achevé de faire péné-
rer dans son cerveau la suggestion Curative.
Le résultat obtenu prouve en toute évidence que nous étions en présence d'un cas d'épilepsie Jacksonnienne histérique, sans lésion anatomique, quoique nous ayions observé un ensemble de symptômes que l’on considère à tort comme pathognomoniques des lésions de la zone rolandique.
Certes, si nous avions trépané le malade au début de son traitement, nous aurions obtenu également une guérison rapide et, bien que nous n’'eussions trouvé aucune lésion de la corticalité céré-
-brale, le résultat favorable de notre intervention nous aurait fait
602 Fou CHAPITRE XXI |
croire que la décompression cérébrale avait uit 4 | faire dispar ire l’irritation fonctionnelle de la zone motrice.
Je ne puis m Dr 1 rapprocher mon cas de celui cute ; FRE par Raymond, Gene les Travaux de Neurologie che
30 ans pes présenta, à l’âge de 22 ans, dé accès de cébhstalete me lente ; à 34 ans, elle eut sa première attaque d’épilepsie Jackson- . nienne, débutant par le membre inférieur gauche, attaque qui se a one assez souvent, ÉQURET Ut pas le membre inf ©
jambe, puis envahissaient tout le côté se il se ae alors une déviation de la face, de la bouche et de la tête vers le côti gaucheet la malade ne cessait de crier «ma jambe..., ma jambe...»
Indépendamment de ces grands accès, la malade avait des cris avortées qui se réduisaient à une sensation de fourmillement da le bras et la fus du côté gauche, avec tendance à la pre 8
cielle de la zone rolandique droite et plus ER d centres les memhréss |
: Cette ne ntiOn fut suivie d’une amélioration très franche, les à accès diminuèrent progressivement ; mais le doute persistait dans l’esprit de M. Chipault sur l'existence d'une lésion cérébrale loca-
liste. Une seconde intervention fut donc décidée et, cette fois, la . dure mère ayant été incisée, il constata l'intégrité absolue de l'écorce cérébrale. Il jugea inutile d’inciser la substance cérébrale saine et sutura la dure mère et le lambeau cutané. |
Le résultat fut tout d’abord remarquable, les crises s ‘espacèrent de plus en plus et s'atténuèrent considérablement. Malheureuse- ‘ment, l'état général de la malade devint Mauvais : On vit apparaitre de l’ictère, de l'œdème des membres inférieurs, de l'ascite, de la décoloration des matières fécales, des vomissements, de la dysp- née, phénomènes qui firent prévoir une solution fatale.
Voilà donc un cas d’ épilepsie Jacksonnienne, absolument semblable à celui que nous avons observé, dans lequel deux interventions chirurgicales successives out prouvé l'intégrité absolue de la 74 corticalité cérébrale.
S'agissait-il bien réellement d’une lésion « lésion en foyer de la | zone rolandique » ou d’une simple épilepsie Jacksonnienne hystéà rique. Je penche plutôt vers cette dernière hypothèse et je crois que Si une maladie intercurrente — qui me semble être une cirrhose . alcoolique du foie — n’avait pas emporté la malade, l'amélioration se serait accentuée progressivement et aurait abouti à la guérison : complète, guérison que j'aurais, comme dans le cas que j'ai relaté plus haut, attribué à la suggestion indirecte.
[ya quelques mois, se présentait à ma consultation hospitalière, une jeune femme, âgée d'environ 20 ans, atteinte, depuis trois jours, d’un hoquet qui ne lui laissait pas une minute de repos, ni pendant le; jour, ni pendant la nuit. Cette malade, habitant Quenast, me dit quelle ne pouvait longtemps séjourner à Bruxelles, et qu’elle désirait retourner le plus vite possible chez elle. Voyant que j'avais ES affaire à une hystérique, je résolus de frapper fortement son ima- 42 Pnauon RAPEÈS avoir parlé longuéruent de son cas aux élèves qui
j'appliquai une électrode à la nuque, l’autre à l'estomac et j'annonçai que sous l'influence du passage du courant, le hoquet diminuerait progressivement et aurait disparu avant.une demi-heure. Je chargeai un externe de surveiller la malade, je fis le tour des
salles, et, à mon retour, ainsi que je l'avais prévu, le hoquet avait disparu. Je fis constater la guérison aux élèves et j'ajoutai qu'il … suffirait de répéter cette opération pendant deux ou trois jours
pour que le hoquet ne reparut plus. Mes prévisions se réalisèrent
et la malade put bientôt retourner dans son village, guérie com- \
plètement.
Les adeptes fervents et souvent aveugles de l’électrothérapie,
penseront peut-être que cette guérison est due à l'électricité ; pour ma part, je suis convaincu qu’elle résulte de la suggestion, parce
que j'ai pu maintes fois constater l’action suggestive d’une leçon
clinique faite avec conviction.
Je pourrais rapporter d’autres exemples dans le but de mettre
en lumière la valeur thérapeuthique de la suggestion à l’état de veille, valeur dont l'efficacité, jose l’affirmer, n’est mise en doute par personne. Il serait puéril de chercher à démontrer plus longuement son action, qui est mise à profit chaque jour par tout prati-
cien. N’est-il pas d'usage courant, dans les affections névrosiques, de faire intervenir une médication anodine et d’affirmer au malade
qu'il s’agit d'un traitement énergique, dont les effets bienfaisants et
certains ne tarderont pas à se faire sentir ? Cette pratique, vieille
comme le monde, n’est-elle pas la preuve irrécusablé de la grande
valeur thérapeutique de la suggestion à l’état de veille? Ne voyonsnous pas encore les optimistes, qui croient avoir trouvé un remède
nouveau, obtenir des résultats éclatants, quand leurs imilateurs,
moins enthousiastes, et partant moins suggestifs, ne peuvent que.
constater des insuccès ? « Dépêchez-vous d'employer ce moyen tant qu'il agit», disait Trousseau. Cette phrase ne résume-t-elle pas
toute la puissance de l'imagination, de la suggestion et de l’auto-
suggestion sur les maladies ?
Il me paraît donc bien établi que la suggestion à l’état de vetlies 4
possède une vertu curative très considérable. Mais le point important n'est pas de discuter cette vertu curative, qui, je le
Ha , LA PSYCHOTHÉRAPIE 605
répète, ne peut être niée par personne ; il faut surtout comparer l’action thérapeutique de la suggestion à l’état de veille, à celle de
Ja suggestion hypnotique, déterminer le plus exactement possible
la valeur et chercher à établir pratiquement les indications et les Contre-indications de chacune d’elles.
En me basant sur les formules de Suggestibilités, j'ai établi que
les individus possédant une suggestibilité normale ou à peu près
normale, ne sont accessibles que très difficilement aux sugeestions . à l’état de veille. J'ai montré pourquoi, bien que, théoriquement,
les névrosés soient généralement très suggestibles à l'état de veille.
ils sont cependant très fréquemment réfractaires à la suggestion
curative ; j'ai dit que la résistance auto-suggestive à la suggestion
thérapeutique peut, dans certains Cas, être vaincue par des subter-
fuges variés et J'ai même relaté des exemples personnels à l’appui
de cette thèse.
Mais j'ai, à dessein, omis de parler des cas dans lesquels ces sub-
terfuges, quelque habiles qu'ils soient, échouent complètement.
Ces cas sont excessivement fréquents; on pourrait même dire
qu'ils constituent la règle et que ce n’est qu’exceptionnellement que l’on parvient, grâce à la suggestion à l’état de veille, à guérir
les maladies névrosiques ayant quelque gravité. On trouve certes, dans la littérature médicale, un certain nombre d'observations qui
prouvent la possibilité de guérir des phénomènes névrosiques par la suggestion à l’état de veille ; mais que représentent ces observations, si on les compare aux innombrables cas dans lesquels cette
méthode est restée inefficace ? Dans cette question, comme dans tant d'autres du reste, on s’empresse de publier les cas heureux, mais On n’a garde de relater ceux dans lesquels on à obtenu un échec.
Je ne puis donc, pour juger la question, que me baser sur mon
expérience personnelle et je ne crains pas d’avouer que J'ai très
Souvent échoué; mes essais nombreux m'ont laissé la conviction
profonde que la suggestion à l’état de veille ne réussit, dans les Cas Sérieux, que dans des limites très restreintes ; j'ajoute que
l'habileté de l'opérateur, quelque grande qu'elle soit, triomphera relativement rarement des résistances offertes par le patient. L’ex-
plication en est bien simple, si l’on se rappelle ce qui a été dit pré-
reste conscient, ses Ste RS sont en. conne
-vra recourir avec confiance dans les cas les plus rebelles.
cédemment : le süjet, traité par la de à l'état Lie
d’ our l'idée curative, te de qu il prononce, dé
aifirmation qu’il avance est discutée froidement par le centre Le
DARENE et réfutée grâce aux auto-suggestions contraires, enra ES Cet CT
hauttion dans le cerveau + malade, de la sug D eetiO thérapeut ques . |
toujours F moyen boat par excellence. del HS d Gette opinion est du le re “par Jus: PAF ERRES les |
Bernheim (‘), qui once au contrôle actif du sa laisse l'imagination et nr avec tout son ns me:
il utile souvent de le produire ua on le peut et, dans le grand nombre de cas, je cherche à le provoquer. »