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DES ZONES IDÉOGÈNES
ÉCOLE DE PARIS
Pc s Braid, déjà, signala l'existence de certaines régions du crâne la compression donne lieu à l'apparition d’une idée ; auteur vit, dans ces faits, la confirmation des théories phrénoques de Gall et Spurzheim : « Par l'excitation de la réde l’idéation, dit-il, et de la constructivité, un jeune homme se it à écrire, l’autre à dessiner. Une Jeune fille, à la suite de itation de LS conscienciosité restitua une gibecière qu'elle ë it dérobée…..»
nLes auteurs n’attribuèrent pas une grande importance à ces nnées ; cependant Chambard (‘), en 1881, parle d’une malade présentait des points érogènes et Féré (?), en 1883, rapporte (s CHamBARD. Thèse. Paris, 1881.
FÉRE. Les hypn. hystériques considérés comme sujets d'expériences en Led mentale (4rch. de Neurol., 1883).
l’histoire d’une hystérique chez laquelle la compression de la partie supérieure du sternum provoquait une scène. érotique avec sécrétion abondante de liquide vulvo-vaginal.
Tel était l’état de la question quand Pitres s'en occupa : cet auteur observa de nombreuses hystériques chez lesquelles la compression ou la friction de certaines régions provoquait des idées tristes ou gaies, il donna à ces régions le nom de zones idéogènes : (Je propose de donner le nom de zones idéogènes, dit-il, à des régions circonscrites du corps, dont l'excitation fait immédiatement surgir dans l'esprit de certains sujets hystériques, endormis ou éveillés, une pensée qui s'impose impérieusement à la conscience de ces sujets et ne peut être chassée tant que dure l'excitation (')}. » Une de ces malades avait une zone d’extase et des zones de babillage : la compression de la zone d’extase située au sommet de la tête, provoquait une attitude extatique avec vision de la Sainte Vierge; la compression des zones de babillage, siégeant aux apophyses mastoïdes, faisait parler Ta malade avec volubilité. :
Une malade possédait une zone de rire au niveau de la protubérance occipitale externe ; une autre, une zone de mélancolie «€ J’ai bien de la peine, ma mère est bien malheureuse » ; une zone de contrariété ; «Je suis sure que ma mère ne me Fo pas aller à Paulliac demain » ; une zone de rire : & Non, c’est trop risible. est-il assez drôle ce capitaine Ramollot » ; une zone de colère : «Si j'avais un revolver, je le tuerais, le Se D)
On peut encore rencontrer ces zones idéogènes sur d'autres parties du corps ; ainsi Pitres cite l'exemple d’une femme en état cataleptoïde, dont le corps est pour ainsi dire couvert de zones idéogènes. Si l’on frictionne légèrement : Te
Les régions temporales, elle ne peut s'empêcher de parler ;
Le sommet de la tête, elle se met à genoux : « C'est la Sainte Vierge ! » ;
Le menton ou la région sus-thyroïdienne, elle fait des mouvements de déglutition et demande à manger ;
(1) Prrres. Loc. cit., p. 305.
dite tn te mon à) -
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La joue droite, elle devient triste et pleure La joue gauche, elle voit des scènes lubriques : € Eh bien! ne vous gênez pas; c'est propre de faire ça devant tout le monde !
— oh! qu’ils sont cochons ces hommes ! » ;
Le coté droit du cou, elle est effrayée ; Le côté gauche, elle s'ennuie : «.Oh ! que je m'ennuie, bon
Dieu ! que je m'ennuie! » ;
La région sous-claviculaire droite. elle s’évente et déboutonne F
son corsage ;
. La région sous-claviculaire gauche, elle grelotte ;
La région sous-mammaire droite. elle est fatiguée ;
La région sous-mammaire gauche, elle veut coudre : « Donnez- Moi vite Mon ouvrage ) ;
L'hypochondre droit, elle baille ; « Quelle flemme je me tiens » ;
L'hypochondre gauche : «Je veux aller me balader » ; La région inguinale droite, elle veut se friser ;
La région inguinale gauche, elle veut écrire ; Vite, vite du papier, de l’encre, une plume. J’ai besoin d'écrire à Louis », eic., etc.
à Pitres crut tout d’abord que la malade se moquait de lui ; cependant, après avoir fait inscrire les phénomènes apparaissant a la suite de la compression de ces zones, il renouvela ses expériences, et toujours la compression d’une zone déterminée amena des phénomènes constants : « Si la malade, nous disions-nous, invente les réactions dont elle nous donne le spectacle, les manifestations simulées seront évidemment différentes d’une expérience à l’autre, car il serait tout à fait extraor-
… dinaire qu’elle se rappelât exactement, à plusieurs mois d’inter-
valle, ce qu'elle à fait et dit par caprice, quand on excitait
tel ou tel point de son corps. Or, les résultats de nos trois expé-
… riences furent tellement concordants se nous dûmes éliminer
l'hypothèse d’une simulation volontaire.
Le plus souvent, les zones ES ne se tent que pendant le sommeil hypnotique, quelquefois cependant on les
rencontre à l’état de veille ; une malade nommée Albertine possédait éveillée :
a. Des zones idéogènes vulgaires dont la compression provoquait l’apparition d’hallucinations :
b. Des zones impulsives, dont la compression évoquait le désir impérieux d'accomplir certains actes ;
c. Des zones idéo-ecmnésiques dont la compression provoquait un accès de délire ecmnésique.
Il n’y a aucun rapport constant entre le siège de la zone et la nature des idées provoquées. Comment s’est fait cette association entre Certaines sensations et certaines formes d’activité psychique « J’avoue, dit Pitres, qu'il me paraît bien difñcile de résoudre cette question. La première idée qui vient à lesprit, c'est qu'il s’agit de suggestions antérieures. L'hypothèse, a priori, n’a rien d’invraisemblable. 11 est positif, en effet, qu’on peut créer par suggestion, des zones idéogènes artificielles. Néanmoins, Je vous ferai observer que dans toutes mes expériences, je me suis, autant que je l’ai pu, tenu en garde contre l'intervention des suggestions; que j'ai trouvé des zones idéogènes chez des sujets qui étaient soumis pour la première fois à l’hypnotisation et qu’enfin si nous avions eu affaire à des suggestions involontairement données par l’expérimentateur, tous les phénomènes auraient cessé de se produire sous l'influence d’une suggestion inverse. Or, vous vous rappelez sans doute que, chez aucun de nos malades, les zones idéogènes n’ont pu être modifiées ni supprimées par voie de suggestion. » |
(«On pourrait peut-être tourner la difficulté en supposant que les zones idéogènes spontanées sont créées par auto-suggestion inconsciente et qu’elles restent par la suite en dehors de linfluence directe de l’expérimentateur, lequel ne peut pas plus. les effacer qu’il ne peut, en général, effacer les suggestions antérieurement données par une autre personne. »
ÉCOLE DE NANCY
éogènes, comme les zones hypnogènes, sont, ns de l Nancy, dues uniquement à
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DISCUSSION ET OPINIONS PERSONNELLES
Les zones idéogènes existent-elles ?
Voici les réponses de plusieurs auteurs ('):
DuMonTPALLIER (de Paris). « Oui. »
Manor (de Paris). «€? »
Prrres (de Bordeaux). « Oui. »
Luys (de Paris). « ? »
Davin (de Narbonne). « L'expérience démontre leur existence. »
Burort (de Rochefort). « Elles peuvent exister. »
G.:BALLET (de Paris). «Oui. »
JoirE (de Lille). « Oui, si l’on entend par là que des variations dans la sensibilité de différentes zones provoquent l'apparition et la disparition d'idées et de sentiments divers. »
HEeNRIR PETERSEN (de Boston). (Je n’en sais rien. »
SANCHEZ HERRERO (de Madrid). « Non. »
Beaunis (de Paris). «Je ne le crois pas. »
BRÉMAUD (de Brest). « Je n’ai jamais observé de zones idéogènes que sur des sujets ayant déjà passé par d’autres mains. Les sujets que j'ai pu observer et qui sont restés vierges de tout contact étranger n’ont jamais présenté de zones idéogènes. Sans les nier, je les crois le plus souvent le résultat de suggestions inconscientes, et .combien il est facile de suggérer quelque chose sans le vouloir, à un hypnotisé suggestible ! »
(1) Réponses à mon questionnaire.
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LaJoiE (de Nashua-New-Hamspire). « Je n’en ai jamais ob: servé, si ce n’est chez des sujets qui le savaient, c’est à-dire entraînés, » |
DE JonG (de la Haye). « Les zones idéogènes n'existent pas, selon mes expériences. »
Le MENaANT Des CHESsNAIS (de Ville-d’Avray). « Je crois que les zones idéogènes sont une création de l’hypnotiseur. »
DÉJERINE (de Paris). « Non. »
OcHorowicz (de Varsovie). « Je crois que non, mais on forme
facilement des associations organo-idéiques, qui simulent les
phénomènes en question. »
BARON von ScuReNck NorzinG (de Munich}. (Elles sont un produit de suggestion. » |
En somme, bien peu d'auteurs se sont déclarés partisans des zones idéogènes ; pour ma pari, Je ne connais que Pitres, Dumontpallier, David et Burot qui les aient observées. Ce n'est certes pas une raison pour conclure, avec la majorité, à la non existence de ces zones en dehors de toute sugsestion. Cependant, je ne suis Jamais parvenu à les découvrir chez un sujet vierge de toute autre expérimentation, mais peut-être n’ai-Je pas ren-
contré le sujet qui les présente. Les expériences de Pitres
sont trop sérieuses pour que l'on puisse les nier en se basant
sur quelques recherches ; n’y a-t-il pas d'ailleurs une certaine
analogie entre les zones hypnogènes et les zones idéogènes ? Si la compression de certaines zones donne l’idée du sommeil, celle
… d’autres régions ne peut-elle pas engendrer l'idée du rire, du
dédain, etc. ?
Il paraît certain que les zones idéogènes dépendent, comme les zones hypnogènes, d’une auto-suggestion inconsciente du sujet, par suite d’associations d'idées et de sensations dont les règles nous échappent.