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Î. — SUGGESTIONS PAR LE SENS MUSCULAIRE

a. L'influence de l'attitude communiquée sur le geste est un des

. phénomènes caractéristiques de la catalepsie : si l’on donne à un cataleptique une attitude tragique, sa physionomie prend un air dur,ses sourcils se contractent ; si l’on approche ses deux mains de sa bouche, comme pour envoyer un baiser, le sourire apparaît sur ses lèvres. On peut ainsi produire l’extase, l’effroi, la colère, etc.

b. Inversement, en donnant à la physionomie une expression quelconque, toujours pendant la catalepsie, le geste correspond immédiatement à cette expression. Pour produire des expressions de physionomie variées, Charcot et Richer ont eu recours au procédé de Duchesne (de Boulogne), ils ont électrisé certains muscles de la face.

Si l’on électrise faradiquement les deux muscles frontaux, la physionomie prend l'expression de l’étonnement (fig. 13 et 14) ;

cette attitude persiste jusqu’à ce qu’on en imprime une autre au

sujet. Il suffit d’abaisser les bras le long du corps pour que la phy-.

sionomie perde son expression.

L’excitation du muscle orbiculaire palpébral donne, si le courant

est faible, l'expression de la réflexion (fig. 15); si le courant est fort, la physionomie respire la colère (fig. 16). |

L’excitation du muscle sourcilier amène l'expression de la douleur (fig. 17 et 48). |

L'électrisation du grand zygomatique produit le rire (fig. 19 et 20) ; celle de l’élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure provoque le dédain et le mépris (fig. 21 et 22) ; enfin celle du triangulaire des lèvres amène l’abattement (fig. 23). La fig. 24 représente l’expression obtenue par l'excitation simultanée du frontal et du peaucier.

D’après Richer, cette expression des passions est plus superf-

cielle que profonde, car il ne se produit aucune modification cor-

respondante de la respiration ni de la circulation, modifications qui se montrent par la suggestion verbale dans le somnambu-:

lisme.

D'après Pitres, on peut provoquer des suggestions par des sensations musculaires, non seulement pendant la catalepsie, en faradisant les muscles du visage, mais encore pendant la léthargie et pendant le somnambulisme, simplement en excitant mécaniquement ces muscles avec le doigt ou avec un corps dur. Il suffit, pour obtenir ces résultats, que les muscles du sujet soit hyperexcitables. PRES

Pitres place Marie-Louise F. en état cataleptoïde les yeux ouverts ; il touche avec deux baguettes de verre les bords externes de sa lèvre inférieure, en dehors et en dessous des angles de la

bouche : le visage devient souriant et une idée risible naît dans

son esprit : « Ah que c’est drôle, que c’est drôle ! »

Il porte une baguette sur la joue gauche, immédiatement en.

avant de l’opercule de l'oreille, la malade devient attentive, elle élève la main droite en disant : (« Chut ! écoutez donc ». Il applique les baguettes sur les côtés du front, la malade prend

un air étonné et dit en soulevant les épaules : ( Après tout, elle

a peut-être raison ! ».

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Il appuie une baguette sur la joue gauche, au voisinage du nez, la malade respire bruyamment par le nez et fait une sorte de moue, comme si elle sentait une odeur désagréable.

Il place'les baguettes sur les muscles orbiculaires des paupières ; la malade pleure en pensant à la peine qu’elle a faite à ses parents.

Il excite les muscles pyramidaux, la malade prend un air courroucé, elle ferme les poings et s’écrie d’un ton menaçant : « Laissez-moi la battre. Va-t-en, mauvaise femme. Nous n’avons pas besoin de toi. ». | +

Il porte les baguettes au sommet du crâne (zone d'extase), la malade.lève les yeux au ciel, joint les mains et prend l'attitude du recueillement extatique. Elle voit la Sainte Vierge et lui adresse

une prière.

Enfin il excite la région sous-mentonnière (ventre antérieur du digastrique), la malade ouvre la bouche et écarte les mains l’une de l’autre comme le fait une personne fort étonnée.

c. Le sens musculaire peut éncore devenir le point de départ de

… mouvements coordonnés : si l’on place un sujet, un pied sur les

barreaux d’une chaise, les deux mains saisissant les plis d’un

rideau, comme dans l'acte de grimper, il escalade aussitôt la

chaise et se suspend au rideau ; si on le place à quatre pattes, une main en avant de l’autre, il se met à marcher, etc.

Il. — SUGGESTIONS PAR LA VUE.

Si l’on place devant les yeux fixes d’un cataleptique un objet que l’on fait osciller, son regard se porte bientôt sur cet objet ; si lon dirige le regard en haut, l'expression devient riante; au contraire, si on le dirige en bas, l'expression est triste. On peut encore, par geste, faire obéir un cataleptique. Sur un signe il se lève, s’assied, se couche, etc, Quelquefois il reproduit servilement fes mouvements de l'opérateur; pour certains mouvements, il n’est pas même nécessaire que le.sujet les voie, s’il entend le bruit

que fait le mouvement, il le réalise.

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