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« Chaque jour elle allait prendre sa séance. Vers le commence- ge ment d'avril, s'étant aperçue qu'elle était enceinte, elle porta nlatit oi 4 à l'autorité ; et c’est alors que M. le commissaire de police nous E commit tous deux à l'effet de constater la grossesse et l'époque à. À laquelle elle pouvait remonter, et, en second lieu, de répondre à. la question de savoir si la jeune Marguerite A... avait pu être À
Der.
déflorée êt rendue mère contrairement à sa volonté, c’est-à-dire si
cette volonté avait pu être annihilée EL ou en partie par l'effet du magnétisme. »
Se basant sur le rapport de Husson, fait en 1831 à l’Acadé-
… mie de médecine, les rapporteurs émirent cette opinion que … « si une jeune fille, sous l'influence du sommeil magnétique, est insensible à toutes les tortures, il semble rationnel d'admettre
quelle pourra subir l’acte du coït sans qu’il y ait participation
de sa volonté, sans qu'elle en ait conscience, et que, par consé-
quent, elle ne saurait repousser par la force l’acte qui est consommé sur elle. »
Ils conclurent comme suit :
4° La fille Marguerite est enceinte.
2° Sa grossesse ne remonte pas au-delà de quatre mois à
- quatre mois et demi.
3° « Nous pensons qu’il est possible qu’une jeune fille soit
…déflorée et rendue mère contrairement à sa volonté, celle-ci
pouvant être annihilée par l'effet magnétique. » Ces conclusions sont extrêmement remarquables eu égard à
l'époque à laquelle elles furent formulées ; en 1858, le magné- “tisme animal était encore considéré comme une duperie, et l'on
ne peut s'étonner qu'aucune expérience n'ait été tentée dans le
“but de s'assurer si Marguerite était hypnotisable et de déter-
miner les caractères de son sommeil.
IL: — Affaire Lévy. — En 1879, Brouardel fut chargé de donner son avis dans une affaire de viol commis pendant le sommeil hypnotique. À la fin du mois d'avril, Me B..., blanchisseuse à Rouen, déposait au parquet de Rouen, une plainte
- contre le dentiste Lévy qu’elle accusait d’avoir commis le crime
de viol sur sa fille. La mère déclarait avoir été présente pen-
» dant toute la durée des séances que sa fille avait faites chez ce
dentiste, et elle disait n'avoir rien vu, rien soupçonné, pas
plus que sa fille, jusqu'au moment où Lévy lui-même avait instruit celle-ci des actes qu'il avait commis sur sa personne.
ant de naïveté autorisait quelque scepticisme ; mais dès la première confrontation avec l'accusé, le doute sur la réalité des
actes commis ne fut plus possible. Devant le juge d instruc-
tion, Lévy fit cet aveu étonnant : « Oui, vous étiez pure, vous étiez vierge ; vous avez cru, dans votre naïveté, que ce que je
faisais était nécessaire, et vous n’avez pas résisté. Sauvez-moi, sauvez ma femme et mes enfants, dites que je ne vous ai ps |
violée, et je vous donne tout ce que je possède. »
Ainsi le fait était certain, l’accusé avait eu des rapports avec
la fille B... en présence de sa mère. Pour cela, Lévy plongeait la jeune fille dans un état plus ou moins inconscient, il plaçait la mère près du feu, lui tournant le dos.
Aussitôt assise dans le fauteuil, Berthe B... s’endormait sans que Lévy lui ait présenté aucune substance narcotique ; cette jeune fille était très hypnotisable : « Nous lui avons fermé les paupières, dit Brouardel, et, presque immédiatement, nous avons senti les globes oculaires agités de petits mouvements convulsifs, portés en haut et en bas dans un strabisme convergent. La tête s’est renversée sur le dossier du fauteuil, les mains, qui étaient croisées, sont tombées mollement des deux côtés du corps, la respiration est devenue un peu pénible, les parois de la poitrine se sont soulevées davantage et, dans un
espace de temps qui n’a pas dépassé une minute, cette Jeune «
fille s’est endormie... Il est donc possible, actuellement, de provoquer de la façon la plus simple et la plus facile, un som-= meil artificiel chez cette jeune fille, sans employer aucun agent anesthésique... Le procédé par lequel nous avons réussi à endor-
mir la jeune B... est celui de l'application des doigts sur les
paupières.
« Rien ne porte à penser que ce procédé ait été employé par Lévy ; mais on sait que, chez les personnes qui subissent si
facilement ce sommeil hypnotique, il suffit, pour le faire naître, «
sl
d'employer bien d’autres moyens, de faire regarder à un sujet
prédisposé par son état nerveux, un objet quelconque; un peu.
brillant, placé à 15 ou 20 centimètres au-dessus des yeux, ou
même encore de forcer les yeux à se diriger en haut, sans point de mire brillant, regardant un objet imaginaire ».
La grossesse de Berthe B... coïncidant avec l’é époque des premières visites faites au dentiste Lévy, Brouardel arrive ‘à for-
Pnüler les conclusions suivantes : « Toutes réserves faites sur les possibilités de simulation, cet exemple doit être joint à ceux … qui les avaient portés à admettre (DeverGtx et TARDIEu) qu’une i fille peut être violée pendant que sa volonté est abolie par un È état de sommeil nerveux ou hypnotique. »
—. Les aveux de l’inculpé déterminèrent la conviction du jury cet Lévy fut condamné à dix ans de réclusion.
1 — Affaire Maria F... — Après les séances de Donato 54 la Suisse Romande et dans le canton de. Neufchâtel, on vit se produire une véritable « fièvre magnétique » dont voici une des conséquences :
« Le pasteur allemand de la Chaux-de-Fonds recevait, en juillet 1881, la visite d’une jeune fille, originaire de Zurich, qui a lui demandait d'écrire à sa commune pour obtenir l’autorisation d'aller faire ses couches à la maternité de Berne. Cette
4 tait-elle, après qu'il l’eut endormie. La jeune fille fut reçue à là maternité et accoucha à la fin de septembre. ns Fe lettre du pasteur allemand, qui ARE son iree
D | Celui-ci fit une enquête, qu’il transmit au procureur général de la République.
L M. le docteur Ladame fut chargé de faire un rapport médico- | légal sur cette affaire, il eut à répondre aux questions suivantes :
4° Le récit de Maria F... doit-il être considéré comme vrai-
“ semblable dans ses traits généraux ?
2% Le coït a-t-il pu avoir lieu dans les conditions indiquées
ments qu'elle subissait °?
3° La volonté était-elle complètement paralysée chez cette jeune fille et n ’a-t-elle pu opposer à son séducteur aucune résistance ? & La conception est-elle possible lorsque la femme est dans
: un état d’insensibilité absolue ?
A toutes ces questions, après avoir fait des réserves quant à la possibilité de la simulation, Ladame répondit par l’affirma-« tive ; le rapporteur insista sur ce point, qu’il serait intéressant 5 d'hypnotiser Maria F.., afin d'obtenir une GES QUE plus détaillée de la scène. “4
Ce rapport n’entraiîna pas la conviction de la Chambre des mises en accusation; voici ce que conclut le juge d’ins-m truction de la Chaux-de-Fonds : « Il résulte, pour. moi, de % cette enquête, que les dires de la fille F. sont faux, et qu ee les a inventés pour obtenir une place à la maternité de Berne, pour son accouchement. Jusque-là elle n’a rien dit à personne. Je puis me tromper, mais tout cela me fait l’eftet dun chans À tage. » | LÉO
La Chambre des mises en accusation rendit un verdict | de. . non-lieu. | ‘FÈ Il est probable qu’en expérimentant sur Maria F., on serait parvenu à savoir la vérité ; il est vraiment regrettable que M. Ladame n'ait pu examiner la jeune mère. EEE