‹ L'Hypoderma bovis chez le chevalChapitre 6 sur 13 · DONNÉES GÉNÉRALES SUR L’HYPODERMA BOVIS · texte numérisé non relu

DONNÉES GÉNÉRALES SUR L’HYPODERMA BOVIS

L'Hypoderma -bovis de Grer a pour hôtes normaux les bovidés. Ce n’est que par une erreur dans son choix de l’hôte, support de sa ponte, que la femelle dépose ses œufs sur le cheval, hôte erratique, impropre à l’évolution ultérieure de la larve.

Chez le bœuf cette affection parasilaire esl caractérisée par la présence de la larve dans de petites tumeurs sous-cutanées, par elles produites et vulgairement appelées varrons, taupes leus, suivant la région.

Morphologie, — C'est un insecte de l’ordre des diptères, appartenant au sous-ordre des brachycères, famille des œstridés, sous-famille des œstrinés. De là vient le nom d’œstre, impropre, qu’on lui donne en général. En effet, l’œstre proprement dit est d’un groupe spécial vivant dans les sinus frontaux du mouton : œstres ovis, cavicole, tandis que l’hypoderme est un cuticole.

On ne pourrait confondre qu'avec les gastricoles, genre gastrophilus, mais les larves sont différentes.

Or, dans le cas particulier qui nous intéresse, ce sont les larves qui importent le plus.

Seules les larves d'hypoderme sont armées pour perforer les organes el se propulser dans les tissus.

L'hypoderme adulte est une mouche longue d’environ 15 millimètres. Sa tête est volumineuse, large, avec un front et une face couverts de poils blanchâtres. Il possède des antennes très courtes à trois articles dont le dernier porte le style. La trompe est rudimentaire et les palpes absents.

Le thorax plus large que l'abdomen est presque sphérique, sa face supérieure blanc Jaunâtre en avant, noire dans sa moitié

postérieure est striée par trois ou quatre bandes longitudinales, noires et brillantes.

L'abdomen formé de six anneaux est tricolore : blanc-jaunâtre à sa base, noir au milieu, jaune orange en arrière.

Les ailes brunes, d'aspect fuligineux, avec une nervure transversale terminale, sont petites et divergentes.

Les pattes noires à la base sont jaunâtres dans leur moitié terminale.

Chez la femelle, le cinquième anneau de l’abdomen porte l'organe de ponte. C'est l’ovicapte, à quatre articles s’embottant les uns dans les autres, repliés en dessous au repos. Il/se développe pour la ponte, le dernier article est porteur de trois écailles recourbées en pince qui servent à fixer l’œuf sur le poil.

L'animal apparaît à l’état d’insecte parfait vers la mi-juin et vit jusqu'aux premiers jours de septembre.

Le temps chaud, ensoleillé lui est particulièrement favorable. Aussi le voit-on surtout vers midi, qui vole en bourdonnant. Il fréquente de préférence les pâturages secs, surtout s’ils sont bordés de bois ou de haies, peuplés par les bovins. Les régions humides, marécageuses ne lui sont pas favorables.

Par contre les grandes étendues désertiques, non boisées telles que les Hauts-Plateaux algériens, lui conviennent très bien.

Disons quelques mots de son évolution chez le bœuf, cela nous servira de point de comparaison pour étudier sa vie chez le cheval.

Nous ne pouvons mieux faire que de citer M. le docteur LAFAILLE qui a réuni dans sa thèse de doctorat vétérinaire les données actuelles concernant l’évolution de l'hypoderme.

Ponte. — L'hypoderme femelle plane en bourdonnant audessus du bovidé qu'elle a choisi pour déposer le produit de sa ponte. Elle s’abat, dépose, fixe un œuf (ou plusieurs) sur un poil, s'élève et recomimence un certain nombre de fois. Les œufs ne sont pas disposés indistinctement sur loutes les parties

du corps.

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On n’en trouve Jamais sur le dos des bovidés. L'hypoderme choisit les Jarrets, les cuisses, les flancs, le ventre ; les lieux de prédilection sont la région du grasset et la partie postérieure du genou.

L'œuf est blane Jaunâtre, mesure un millimètre de long, Y Compris l'appareil fixateur dont il est muni,

Au moment de Ja ponte; il contient déjà une larve.

Eclosion. Evolution. — À la sortie de l’œuf, la larve mesure environ (0 mm,8 sur ( mm ,2. |

Pour le mode de pénétration dans l'organisme deux hypothèses se trouvent en présence : Pénétration par la voie buccale OU par la voie cutanée.

Nous ne voulons Pas reprendre ici, dans son détail, toute la discution excellement menée par le Docteur LAFAILLE, sur ce mode de pénétration. Nous chercherons seulement par la suite à soutenir la théorie qui nous paraît la plus conforme à Ja vérité, tout au moins dans le cas Particulier qui nous occupe

Nous ne nous fonderons d’ailleurs que sur les faits dont nous aVOns connaissance.

Stades larvaires. Premier stade. La petite larve est cylindrique, Presque transparente, formée de onze anneaux 15e Organes buccaux sont particulièrement bien conformés,

Fortement chitineux, ils COMprennent un stylet médian et des crochets courbés en U à branches inégales. Les anneaux présentent sur leur face dorsale plusieurs rangées transversales de piquants extrêmement pelits. Les plaques Sligmatiques se trouvent dans une légère dépression du dernier segment.

Les larves perforent la muqueuse de l'œsophage et peut-être même celle du rumen, et gagnent le tissu Sous-muqueux Ces larves æsophagiennes ont une aille variant entre 3 et 16 millimètres. Vitreuses au début, elles deviennent blanc-jaunâtre ensuile,

Vers le mois de décembre ou Janvier, elles perforent la

musculeuse de l’œsophage. Elles avancent par reptation en se frayant un chemin dans le tissu conjonctif intermusculaire et sous-séreux en distendant le feutrage fibrillaire.

Beaucoup arrivent dans le canal rachidien surtout en région dorsale ; elles pénètrent par les trous de conjugaison en suivant les trajets des cordons vasculo-nerveux; elles se logent momentanément dans le tissu adipeux entourant la dure-mère.

Les larves apparaissent sous la peau de janvier à avril, surtout à partir du mois de mars. Elles sont localisées de préférence en région dorso-lombaire (deux ou trois dernières vertèbres dorsales). On en trouve aussi sur le dos et les épaules, pas plus bas que la convexité de la côte. C’est à ce moment qu'on les désigne du noms de varrons.

Deuxième stade. — Une première mue transforme la larve qui prend un aspect de massue, blanche. Les bourrelets latéraux sont bien marqués. Les épines commencent à apparaître sur le corps, sous forme de taches noirûtres.

Le stylet et les crochets de la bouche ont disparu. La tumeur sous-cutanée grossit. L’irritation produite par la larve amène de l’inflammation et de la suppuration.

. La partie postérieure de la larve apparaît à l’ouverture creusée dans le tégument dès son arrivée en position sous-cutanée.

Troisième stade. — Par une deuxième mue la larve devient épaisse, piriforme, ayant, étendue, l'aspect d’une petite nacelle.

L'anneau céphalique possède deux antennes rudimentaires. Chaque anneau, du deuxième au neuvième, porte trois paires de bourrelets latéraux disposés en rangées longitudinales et hérissés d’épines. Les anneaux portent des champs épineux, brunâtres, répartis sur la face dorsale convexe et sur la face ventrale, plane ou concave. Les plaques stigmatiques sont en forme de croissant, ponctuées et creusées de sillons rayonnant vers leur bord externe.

Le tégument chagriné de blanc devient gris sale, puis proeressivement, (par taches) brun noirâtre. À ce moment la larve atteint une longueur de 25 mm et une largeur de 12 mm.

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