‹ L'Ictère Émotif: chez l'enfantChapitre 5 sur 25 · ICTÈRE ÉMOTIF PRIMITIF · texte numérisé non relu

ICTÈRE ÉMOTIF PRIMITIF

l'héorie spasmodique. \

Pour un très grand nombre d'auteurs l’apparition de l'ictère est provoquée par les contractions spasmodiques des voies biliaires. Contractions qui seraient assez puissantes pour entraver le cours normal de la bile.

La théorie Sspasmodique s'appuie sur de nombreux faits expérimentaux et sur de multiples recherches histologiques qui ont permis de constater la présence.

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de fibres musculaires lisses dans les parois des voies dexcrétion biliaire. Elle compte d'illustres partisans : Trousseau, Portal, Bouillaud, Béclard, Haller, Multer, Brucke et encore Grisolle, Sénac, Durand-Fardel, Monneret, Franck, Laborde, Gley, Vignal, MM. les professeurs Gilbert et Thoinot; elle a été soutenue dans de récentes thèses sur l’ictère émotif par Mendiboure, Audigé, Daraignez, Bermann, Guerbé, Fransès.

Les faisceaux musculaires des voies biliaires ont été décrits chez l’homme par Charcot, Pitres, Renaut, Mossé, Grancher (thèse Audigé), tandis que Sappey, Cruveilhier, Muller, Brucke, Leuret, Haller, Colin, les ont étudiés non seulement dans les voies biliaires de l’homme, mais encore dans celles du cheval, du bœuf, de l’oiseau.

Les physiologistes admettent la théorie spasmodique, elle est affirmée par Longet, Béclard, Milne- Edwards, Beaunis, Duval, Viault et Jolyet, Laborde.

Tous ces auteurs ont constaté que, sous l'influence d’excitations diverses : mécaniques, chimiques, physiques (électricité), agents convulsivants, se produisent des mouvements ondulatoires de la vésicule biliaire, sortes de plissements qui s'effectuent dans le sens longitudinal en même temps que se manifeste un amoindrissement du calibre du cholédoque.

Le spasme biliaire par excitation cérébrale directe a même été démontré : la faradisation des circonvolutions qui entourent Île sillon crucial augmente notablement la tension de la bile au sein de la vésicule et

du cholédoque comme l'ont démontré les expériences

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de Daraignez qui furent effectueés sur des chiens curarisés, Le spasme du cholédoque est instantané et il est assez prononcé pour que l’écoulement de la bile dans l'intestin se trouve diminué de beaucoup ainsi que l'avait déjà constaté Bochefontaine, au cours de ses recherches sur le même sujet, recherches interprétées par Fr. Franck ultérieurement. Franck conclut que lictère émotif reconnaît certainement pour cause la résorption des pigments de la bile accumulée sous pression dans les canaux hépatiques, faute d’un écoulement suffisant par les voies naturelles. « De même, la provocation des coliques hépatiques par les accès de colère vient nous démontrer, dit Franck, que, sous l'influence cérébrale, l’appareil excréteur de Ia bile se contracte énergiquement et produit l’engagement de calculs vésiculaires dans des canaux trop étroits pour leur donner passage. » (Cité par Laffite.)

Naunders, dès 1795, avait démontré que l’augmentation de pression dans les voies biliaires, augmentation de pression qu'il réalisait par la ligature du cholédoque, aboutissait au passage de la bile dans les canaux sanguins et les vaisseaux lymphatiques. Les expériences. de Frerichs, Legg, Heindenheim, Gmelin, Brodie, Blondlot, Fauconneau-Dufresne, Tiedemann, Ludwig, Lépine (thèse Douillet), Grancher (thèse Audigé), aboutissent aux mêmes conclusions. Pour les uns, Ludwig, Fauconneau-Dufresne, la résorption se fait surtout par les lymphatiues; pour les autres, Lépine en particulier, par la voie sanguine d’abord, puis par la voie lymphatique.

A Théorie de l’hypercholie.

Elle était déjà soutenue par Hippocrate : « La bile sécrétée en trop grande quantité devient une source féconde de maladies ». Elle est admise par de nombreux auteurs modernes. Pour Grisolle « les secousses morales provoquent la polycholie, comme elles exagèrent un grand nombre d’autres sécrétions : larmes, salive, sueur, urine ». (Cité par Laffite) Elle est admise par Mendiboure, Guerbé, Bermann, Laffite, dans leur thèse. MM. Chauffard, Gilbert et Thoinot admettent également la théorie de l’hypercholie.

Théorie de la paralysie des voies biliaires par action réflexe.

Le système nerveux règle le mécanisme de toutes les sécrétions. Pour Germain Sée, le pneumogastrique agit sur la sécrétion biliaire; s’il est paralysé, la respiration se ralentit et le cœur s'accélère, alors apparaît une congestion passive du foie; d’où modification dans sa sécrétion et ictère consécutif. (Cité par Laffite.)

Cette théorie fut celle de Galien, Darwin, Henle, Harley, Frey, Laborde, mais ce dernier l’abandonna plus tard pour se rallier à celle du spasme, Elle semble peu admissible : outre que la congestion du foie, sous l’influence d’une émotion n’est rien moins que prouvée, il resterait encore à expliquer comment l’ictère pourrait se produire dans ces conditions. Il

semble que l’augmentation de la tension sanguine dans la glande hépatique, loin de ‘favoriser le passage de la bile dans le sang, est bien plus propre à l’entraver. | ;

Bence Jones pense que l’irritation du pneumogastrique ou la paralysie du sympathique peuvent expliquer l’apparition du syndrome ictère. A la suite de l’un de ces mécanismes se produirait une vaso-dilatation intense dans le domaine de la circulation abdominale, d’où augmentation de volume du foie, diminution de la pression sanguine dans l’organe et passage consécutif de la bile dans le sang. (Cité par Laffite.) |

La théorie de Bence Jones fut reprise par Potain; pour ce dernier, la dilatation paralytique des vaisseaux sanguins hépatiques explique clairement l’apparition de l’ictère émotif : ( En agissant sur les plexus abdominaux, une impression morale peut produire une dilatation paralytique des vaisseaux du foie; sous l'influence de cette dilatation, la pression baisse brusquement dans le système sanguin; si elle reste identique dans les canaux biliaires juxtaposés, il pourra s’établir un courant d’exosmose de ceux-ci vers ceux-là et la bile passer ainsi dans le courant circulatoire. » (Cité par Daraignez.)

Théorie acathectique.

Pour le physiologiste Grutzner et pour Lubermeister qui reprit après lui sa théorie, la cellule hépatique normale possède le pouvoir de retenir en partie les

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éléments de la bile qu'a élaboré son protoplasma, mais

sous l'influence du choc émotif elle perd cette pro-

priété et laisse diffuser hors d’elle dans les vaisseaux

sanguins et lymphatiques la bile qu’elle est devenue

impuissante à retenir.

Théorie de lictère par lésions catarrhales gastroduodéno-hépatiques.

Un certain nombre d'auteurs, parmi lesquels M. Variot, rejettent la possibilité de spasmes dans les voies biliaires. Pour eux, les parois des canaux hépatiques et de la vésicule présentent bien quelques fibres musculaires lisses mais en petit nombre et du reste disposées en sens longitudinal, donc peu propres à déterminer un Spasme par leur excitation. |

Selon ces auteurs, les désordres psychiques retentissent sur le tube gastro-intestinal et la glande hépatique directement, comme dit M. Variot € par l'intermédiaire du système nerveux périphérique et probablement des vaso-moteurs », en provoquant des troubles de la nutrition des muqueuses gastrique, intestinale et hépatique.

On aurait un catarrhe gastro-duodéno-hépatique, obstruction consécutive des voies biliaires d’où passage de Ja bile dans le sang et apparition de l'ictère,

ICTIÈRE ÉMOTIF RETARDÉ

Si des troubles gastro-intestinaux ont précédé lap-

parition de l’ictère, celui-ci présente les allures d’une maladie infectieuse. |

Les auteurs expliquent diversement le mécanisme par lequel est apparue l’infection.

Pour Potain, le choc moral a retenti sur l’intestin par l'intermédiaire du sv: tème nerveux qui tient sous sa dépendance la circu' ‘on, la motricité et la sécrétion de cet organe, Or le tube gastro-intestinal sain donne asile à d’inno:abrables microbes, inoffensifs tant que son épithélium reste inaltéré et que la bile s'écoule en quantité suffisante. À la suite de l’émotion, de système nerveux ralentit en même temps les sécrétions hépatiques et intestinales; dès. lors, l’infection devient possible et l’embarras gastrique se constitue. Un peu plus tard, l'infection fait un pas de plus, elle se propage de l’intestin aux voies biliaires, l’ictère survient consécutif à l'infection gastro-intestinale. (Cité par Laffite.)

D'autres auteurs pensent, avec M. Debove, qu'il existe simultanément un embarras gastrique et un catarrhe des voies biliaires qui favorise l'ascension microbienne, c’est-à-dire l’infection. \

Enfin, certains auteurs, parmi lesquels MM. Gilbert et Thoinot, considèrent l’ictère émotif secondaire comme un simple ictère catarrhal et ne le relient pas à la présence du choc moral, mais seulement aux troubles digestifs qui l’ont précédé.

Nombre d'auteurs pensent qu’une seule de ces théories est insuffisante pour expliquer la pathogénie de V’ictère émotif, surtout de celui qui apparaît primitivement, sans avoir été précédé de troubles digestifs.

-Pour Talamon, le choc moral provoque à la fois la polycholie et un certain trouble de la cellule hépatique à la faveur duquel celle-ci devient incapable de retenir la bile qu’elle a Sécrétée, il admet encore le spasme et la théorie de Potain.

Laffite admet, à la fois, les théories spasmodique, acathectique, par polycholie, et de paralysie par action réflexe, de Bence Jones et de Potain.

Daraignez admet Ia théorie spasmodique, mais pense que la dilatation du réseau veineux abdominal joue un rôle non moins important,

Bermann partage cette opinion, mais admet de plus la polycholie.

Guerbé pense que le spasme n’est pas absolument indispensable pour produire l’ictère émotif; s’il existe dans la majorité des cas, l’ictère de cause morale peut cependant apparaître suivant lui, grâce à l’hypercholie combinée à l’abaissement de la pression dans les vaisseaux sanguins intra-hépatiques.

Fransès pense qu’il Se produit simultanément une augmentation de pression dans les canaux biliaires et une diminution de pression dans les vaisseaux sanguins. |

Mendiboure, MM. Gilbert et Thoinot admettent l’action du spasme combiné à l’hypercholie.

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