TRAITEMENT
Puisqu’en déterminant des lésions macroscopiques à peu près constantes, l'infection due au Perfringens peut se présenter sous des aspects différents allant de l’ictère grave à l’anémie pernicieuse, il y aurait lieu de se demander si ces divers tableaux cliniques sont dus au même bacille. Déjà le Pr Delbet et M. Fiessinger, étudiant la biologie de la plaie de guerre, montrèrent que le Perfringens possède des virulences et des toxicités très variables. Il semble donc qu’il y ait plusieurs espèces de bacilles Perfringens, desquelles il faut tenir compte autant que des conditions matérielles dans lesquelles elles peuvent se développer.
Les recherches dans ce sens ne sont pas encore assez avancées pour nous permettre de nous prononcer catégoriquement. Il serait d'autant plus intéressant d’être fixé à ce sujet que nous pourrions ainsi connaître l'efficacité du sérum antiperfringens que nous possédons actuellement vis-à-vis de chacune des variétés de ce bacille s’il en existe plusieurs assez différentes. Il n’est pas douteux en effet que dans certains cas, au moins, la sérothérapie peut être d’un grand secours au médecin. Nous avons vu que M. Fiessinger comptait deux cas de
guérison ; il s'agissait, il est vrai, de formes anémiques plastiques à évolution plus lente et dans lesquelles le foie était peu touché.
Mais même dans les cas d'ictère hémolytique intense, même en présence d’'hépatite dégénérative, rien ne permet de croire que le sérum soit inefficace. Il est évident que la brutalité de l’affection et la rapidité de son évolution exigent une prompte riposte, Le diagnostic posé, et le pouvoir hémolytique du perfringens, vérifie biologiquement et expérimentalement permet de le dépister en peu de temps, qu’on institue d'urgence une sérothérapie massive, empruntant au besoin la voie veineuse,
Peut-être serait-il indiqué de faire simultanément une transfusion de sang pour lutter contre la destruction intense des hématies et donner au sérum le temps d’agir.
Enfin mieux vaut prévenir que guérir et dans les cas où l'aspect clinique d’une infection post-abortum permet de craindre le Perfringens M. Teissier conseille une injection préventive ou un pansement de sérum intra-utérin avant l'intervention chirurgicale.
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