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L'idée de Dieu et l'esprit humain

CET OUVRAGE A ÉTÉ DÉDIÉ PAR L'AUTEUR AUX PROFESSEURS ET AUX ÉTUDIANTS DE L'UNIVERSITÉ DE GLASGOW , DEVANT QUI ONT ÉTÉ PRONONCÉES LES CONFÉRENCES QUI LE COMPOSENT

PRÉFACE

Ce volume contient la substance des conférences que j'ai prononcées à i Université de Glasgow, en janvier et février 19H , sous les auspices de la fondation Gifford. Je dis leur substance, afin déavertir mes bienveillants auditeurs de ne pas s'attendre à retrouver ici la reproduction littérale de mes paroles. Une telle reproduction neiit été ni opportune , ni possible. En effet , je n'ai pas lu ces conférences, mais je les ai parlées , en m'aidant de notes succinctes, et en traduisant ma pensée dans les termes qui me venaient spontanément à l'esprit. Afin de me conformer aux convenances de mon public universitaire , je m'étais strictement imposé la limite coutumière d'une heure.

En conséquence , bien que mes développements fussent en grande partie soutenus par des canevas, mon langage n'avait rien pu retenir du texte de ces originaux , et n'en reproduisait qu'en partie les idées et les images.

PREFACE

Par contre , ma parole ne se bornait pas toujours à traduire la pensée de mon texte écrit.

Il n est pas surprenant , dans ces circonstances, que mon œuvre ait dû, dans une large mesure, être remaniée, bien que la thèse quelle expose, elle-même , et l'ordre dans lequel ses diverses parties viennent s'offrir à l'examen du public, n'aient fait l'objet d'aucun changement essentiel. Je n'aurais pas entretenu le lecteur de ces détails sans importance , si je ne lui devais compte du long intervalle qui s'est écoulé entre le temps ou ces conférences ont été prononcées, et le jour où je les publie. Le travail de la composition littéraire a toujours été pour moi pénible et lent, alors même que les conditions g étaient favorables. Or , cette fois-ci, elles ne l'étaient guère. Mon vif désir de rendre le présent ouvrage facile à lire pour les personnes qui s intéressent peu aux controverses philosophiques , ou connaissent mal ces questions , rendait ma tâche malaisée, tandis que, d'autre part, les circonstances extérieures étaient tout particulièrement défavorables à son exécution rapide. Nul homme qui aura pris part à la vie publique entre le mois de mars 1914 et le début de la guerre, ou depuis le début de la guerre jusqu'au moment présent, ne prétendra que ces jours ont été propices au calme de la pensée et au labeur du style! Ce

PRÉFACE

que j en dis, du reste , n’a pas pour but de me faire pardonner les défauts quon pourra trouver dans ce livre, mais d’en expliquer la publication tardive .

II est peut-être bon que le lecteur soit avisé de deux choses avant d'aborder ces conférences: d’abord, bien que la base de ma théorie soit large, la conclusion en est étroite ; ensuite, bien que cette conclusion soit religieuse, les raisonnements qui y aboutissent sont séculiers. Je ne mets pas le sentiment religieux au service de ma dialectique et ne tente pas d’en dégager la nature essentielle. Encore moins traité-je de doctrines étrangères à la religion naturelle, car cest à la religion naturelle que la Fondation Gifford est exclusivement consacrée. Je fais même à peine allusion à des questions que je pourrais cependant assez légitimement rapporter à ce sujet. Par exemple Dieu, la liberté, l’immortalité ont fourni, une fois au moins , le thème de conférences Gifford à un éminent écrivain qui montrait , dans ces idées , les grandes réalités situées au delà du monde sensible. J'ai foi en ces trois idées, mais je ne traite que de la première, et encore d’un point de vue défini.

Il est, enfin, un dernier avertissement que je donnerai au public, bien qu'il soit à peine nécessaire. Personne, je pense, n’aura l’idée de

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