PR ST APE
machines concentre les capitaux dans un nombre de mains toujours plus réduit, au sein d’entreprises toujours plus considérables. Ces forteresses de la production grouperont en masses plus denses les prolétaires jusqu'alors disséminés, donnant naissance à de formidables armées industrielles (1). Dans ces armées viendront de plus en plus prendre rang de simples soldats des gens dont l'indépendance économique est contradictoire au régime de la grande production : industriels moyens éliminés par la concentration, petits commerçants et paysans, survivance de l’économie locale et régionale, tous groupes ou classes qui, malgré leurs efforts pour & faire rétrograder la roue de l’histoire », s’étiolent » et viennent peu à peu se fondre dans le prolétariat, bientôt seule classe constituée en face des maîtres de la production (2).
Ainsi renforcés, pourvus de nouveaux « moyens éducatifs », lestravailleurs engagent leur propre lutte. Pour défendre leur salaire, que la concurrence capitaliste rend de plus en plus variable et précaire, ils se coalisent d’abord temporairement, puis de façon durable contre leurs exploiteurs. Ces engagements d’abord isolés, escarmouches à caractère d’émeute,
puis combats plus sérieux préparés par les asso-