‹ L'idée de paix perpétuelle de Jérémie BenthamChapitre 1 sur 17 · LE DOCTORAT · texte numérisé non relu

LE DOCTORAT

1rs conséquences relatives à l'intérêt général, întham finit par méconnaître le côté moral ou iividuel (1) et il en arriva à affirmer que le jI principe, au moyen duquel il fut possible de ïérencier une action d'une autre, était l'utilité. ze sujet, de nombreux écrivains l'ont attaqué, lutres l'ont défendu et, en particulier, Moliri qui interprète : « Rien n'est utile à l'homme e ce qui est juste »(2).

Quoi qu'il en soit, son labeur est incontestable ses écrits très nombreux, aux vues souvent ginales, aux aperçus ingénieux, ont éclairé me lumière nouvelle la science du droit :

Entre temps, il continuait à s'inquiéter du nheur de ses semblables ; il s'occupa même iméliorer le sort des détenus. Dans ses Paotiqtics, il construisit, de toutes pièces, une lison de détention modèle où tout était réglesnté, dans les plus minutieux détails. Il essaya mettre son idée en pratique ; après de mulles péripéties, de nombreux déboires, il loua dans son projet.

!*ïous arrivons maintenant au récit d'un incititqui dut causer, à notre jurisconsulte, un cern plaisir. Le roi Georges voulait briser l'ai-

. Dictionn, philosoph., Beniham.

. S. RafTalovich, op. cit., introduction, XXI.

liance du Danemark et de la Russie, poux mieux écraser cette dernière ; il envoya, sous un pseudonyme, à la Gazette de Leyde^ des lettres qui conseillaient au roi de Danemark, avec forcé arguments, d'abandonner Talliance russe. En même temps, il chargeait son ambassadeur à Copenhague d'entamer des négociations dans ce sens (1). Bentham, entrant alors en lice, publia, dans le Publie adoertiser^ une série de lettres signées « Antimachiavel », dans lesquelles il montrait l'absurdité d'une politique qui poussait l'Angleterre à la guerre, pour obtenir des avantages illusoires. Aussitôt, sous le pseudonyme de (( Partizan », Georges III répliqua. Bentham revint à la charge. Sa réponse écrasante mit tout le monde de son côté et la guerre fut, paraît-il, écartée.

Son projet de « Paix perpétuelle » parut à la veille de la Révolution. Sa foi robuste fut-elle ébranlée par cette tempête de guerres qui dévasta l'Europe, plus de quinze années durant ? Il egt très probable que non. StuartMill nenousavouet-il pas que (( Bentham resta enfant jusqu'à la fin » (2)? Semblable à l'abbé de Saint-Pierre qui obsédait les souverains avec ses cinq articles, il

Page 1