Actes et Paroles : Depuis l'exil, 1871-1870, pp
5. « L'Exposition universelle de 1878, ce sera la guerre mise en déroute par la paix... La paix, c'est le verbe de l'avenir, c'est l'annonce des Etats-Unis de l'Europe, c'est le nom de baptême du xx" siècle. » (Conférence faite le 25 mars 1876 pour les ouvriers de Lyon, et publiée dans le recueil Actes et Paroles : Depuis l'exil, 1876-1880, p. 21.)
dans la besogne de ces « diplomates ventrus » qui, au grand désespoir de Garibaldi1, avaient mission de régler la situation des Balkans2, Hugo répétait à satiété que la France devait grandir l'Europe, que la République, synonyme de l'âme humaine, n'était autre chose qu'un grand désarmement, que l'Europe unie embrasserait bientôt l'Amérique, que les nations sœurs — c'est-à-dire la liberté — auraient pour cité Paris — c'est-à-dire la lumière; et la conclusion pratique, c'était : « Brisons les glaives valets des superstitions et les dogmes qui ont le sabre au poing3! » Il se croyait une mission, et la définissait en ces termes à ses chers « compatriotes d'Italie » : « Conseiller la paix aux hommes et l'intimer aux rois4 » ; il se croyait une infaillibilité, et prophétisait tranquillement qu'au xxe siècle « la guerre serait morte, que l'échafaud serait mort, que la haine serait morte, que la royauté serait morte, que les frontières seraient mortes, que les dogmes seraient morts, et que l'homme vivrait5 ».