‹ L'idée de patrie et l'humanitarismeChapitre 240 sur 331 · Rivista délia Massoneria Italiana, 1888, pp · texte numérisé non relu

Rivista délia Massoneria Italiana, 1888, pp

2. Rivista délia Massoneria Italiana, 30 septembre-15 octobre 1881, pp. 289-290. — Le mécontentement de la maçonnerie italienne se prolongea fort longtemps ; le 7 décembre 1888, M. Lemmi adressait aux loges d'Italie une circulaire où l'on lisait: « Dans un moment d'aberration politique, on a créé le péril imminent d'une grave discorde entre la France et l'Italie. La maçonnerie italienne doit s'appliquer à ce que soit éloignée cette cause de discorde. Garibaldi, jadis, vit le péril, et soutint que la France devait supprimer cette raison de dissentiment. » (Rivista délia Massoneria Italiana, 1888, p. 283.) — Aurelio Saffi, dans une lettre au Comité milanais pour la fraternité des peuples, et M. Bovio, dans une lettre au Comité central de vigilance pour la liberté et pour la paix, justifièrent et accentuèrent encore les plaintes de M. Lemmi au sujet de la Tunisie (Rivista délia Massoneria Italiana, 1889, pp. 2-7).

3. Sur ce personnage, ancien rédacteur du Gazzettino-Rosa, de Milan, et réfugié en Suisse à la suite de poursuites judiciaires, voir Etats-Unis d'Europe, 26 novembre 1874. Il mourut en 1893, professeur d'économie politique à Neuchâtel (Etats-Unis d'Europe, décembre 1893).

4. C'était l'ordre du jour cité ci-dessous, avec une phrase déclarant, par surcroît, que le peuple français avait « profondément ébranlé la confiance et l'espoir de la démocratie européenne ». (Bulletin officiel du Congrès de Genève, 1881, pp. 59 et suiv.)

5. Bulletin officiel du Congrès de Genève, 1881, p. 83. — M. Umiltà, dans une conférence, commentait cette remontrance en ces termes : « Lorsque la France aura fait son bilan, elle verra ce qu'elle a gagné, ou plutôt perdu, à suivre les conseils des faux frères, des intrigants et des fripons. » (Bulletin officiel du Congrès de Genève, 1881, p. 161.)

de la démocratie universelle acclamèrent notre compatriote; quanta notre patrie, elle apprit indirectement, par la presse italienne, la remontrance dont elle avait été l'objet.

« La Ligue, disait-on, blâme les actes par lesquels Je Gouvernementde la République Française aporté atteinte à l'indépendance du Gouvernement et à l'autonomie du peuple de Tunisie, et déplore que le Gouvernement français ait, en cette grave circonstance, manqué à la tradition républicaine, en méconnaissaut les principes de justice et de liberté qui sont la garantie de l'existence des peuples1. » Douze ans plus tôt, en France, un tel jugement aurait fait réfléchir la gauche tout entière ; mais les hommes politiques qui avaient, entre 1881 et 1885, la responsabilité de la République n'avaient point de temps à perdre.

Aussi les ingénieuses propositions de Fauvety, qui voulait, lui, s'inspirer des «principes» dans la solution de la question de Tunisie, demeurèrentelles inaperçues en France, si ce n'est dans les loges maçonniques, assez engouées de ce philosophe : il demandait que la France réprimât les ravages des Kroumirs et facilitât ensuite l'établissement d'une colonie italienne en Tunisie2. Fauvety, d'ailleurs, en fait de détachement, était encore dépassé par un rédacteur des Etats- Unis d'Europe, qui expliquait que la France « ferait mieux de ne s'occuper de rien du tout3 ».

1. Résolutions : recueil officiel, pp. 95-96. — Cf. Etats-Unis d'Europe, 4 février 1882 : « Ferry a jeté la France dans l'impasse sanglanto du protectorat tunisien. »

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