‹ L'Idee du beau dans la philosophie de Saint Thomas d'Aquin [microform]Chapitre 3 sur 39 · DÉFINITION · texte numérisé non relu

DÉFINITION

On s'accorde à recoiinaître que Dieu , grâce à sa simplicité et à sa transcendance (jui le placent audessus des genres et des espèces, ne saurait être soumis à une définition. Il en est de même de ces nolions métaphysiques, si universelles et si simples, que l'analyse n'a aucune prise sur elles, comme l'être, l'acte et la puissance, l'un, le vrai, le bien, etc. Mais le beau forme une classe à part : il se compose de plusieurs éléments que rien n'empêche d'analyser.

Toplîer prend il partie plusieurs définitions qu'on a données du beau, et sur chacune il se livre à une fine et facile critique. Mais peut-être ne serait-il pas impossible de trouver une formule plus complète et meilleure que celles qu'il attaque.

Nous proposerons, sans les prouver ici, — la preuve en sera faite dans toute la suite de cet ouvrage, — deux brèves définitions, destinées à éclairer et à diriger notre marche.

Le beau, dirons-nous, c'est la splendeur de la perfection ; ou si l'on aime mieux, la splendeur de t idéal. Voulez-vous savoir plus explicitement tout ce qu'il y a d'éléments enveloppés dans cette double définition? prenez celle de saint Thomas : elle met davantage en lumière la partie sensible et la partie intelligible du beau : « Le beau, c'est Véclat communiqué par la forme aux diverses parties de la matière, ou bien à plusieurs principes, à plusieurs actions, harmonieusement unis en un même tout (1). »

(1) « Resplendentia formœ super partes materiai proportionatas, vel super diversas vires, vel actiones. >» {Opusc. de Pulchru.)

Il y a le beau corporel et le beau spirituel. Or, la définition du Maître convient également à l'un et à l'autre. On distingue dans les corps la matière et la forme : la matière, principe passif, indéterminé, source de l'étendue; la forme, principe simple, actif et déterminant. —Si leur essence plus pure élève les esprits au dessus de la matière, elle admet pourtant un élément qui simule la matière, nous voulons dire des propriétés, des attributs multiples, émanant d'un principe simple, qu'on peut appeler la forme des êtres spirituels, parce qu'il les fait ce qu'ils sont et qu'il les place dans leur espèce. Cet élément formel étant, par définition, ce qu'il y a de premier, de constitutif dans chaque être, il s'ensuit qu'il est aussi la principale source de la beauté. C'est lui qui représente l'idéal.

Un exemple éclaircira ces notions un peu métaphysiques. L'homme est admirablement beau et dans son corps et dans son âme; mais ce qui, avant tout, fait la beauté du corps, c'est l'âme qui lui donne l'être, la vie et le mouvement, qui en un mot l'illumine de sa propre beauté.

Si l'on a pesé chaque mot de la définition thomiste, on aura découvert les cinq éléments constitutifs du heau : la variété, l'intégrité, la proportion, l'unité, et la splendeur ou l'éclat.

Quelques remarques sont à faire sur le rôle et l'importance respective de ces éléments esthétiques : l** Bien que tous également nécessaires, tous n'ont pas sur le beau une égale influence ;

2» Ils ne se comportent pas de la même façon, dans

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