‹ L'idée du sacerdoceChapitre 1 sur 47 · DE MONSEIGNEUR L'ÉVÉQUE DE CHALONS · texte numérisé non relu

DE MONSEIGNEUR L'ÉVÉQUE DE CHALONS

« Le nom du P. de Condren suffît pour donner 7> une haute idée d'un ouvrage petit dans sa forme, » mais grand et excellent pour le fonds ; puisquil » sert en quelque sorte d'explication et de déve- » loppement à l'Epître de S' Paul aux Hébreux, » où cet apôtre, cet homme, on peut le dire, tout » divin, traite on sait avec quelle profondeur , de » la dignité et de la sublimité du Sacerdoce de » Jésus-Christ, 3Iédiateur d'une nouvelle alliance » et Ministre du vrai Tabernacle , plus élevé lui- » même que les Cieux. On lira avec autant d'édi- » fication que de profit ce qu'en a dit le P. de » Condren , ce pieux personnage associé souvent » aux travaux des Bérulle, des Ollier, des Fran- » cois de Sales et autres illustres de son temps. » Nous en recommandons la lecture, après lavoir » lu nous-mème avec attention. »

Chàlons , le 24 août 1848.

f M. J. Evêque de Chàlons.

ATAIVT-PROPOS.

Cet opuscule est sorti de l'Oratoire. La première partie a été composée par un Prêtre, resté inconnu, de cette célèbre congrégation ; la seconde est due au R. P. de Condren , successeur du Cardinal de Bérulle et ami de S. Vincent de Paul. Elle ne fut publiée qu'après sa mort.

A cette époque, l'Oratoire avait accueilli le Jansénisme avec une déplorable avidité et s'efforçait de le propager sous le patronage de grands noms, qui n'en furent jamais entachés. Au petit écrit du P. de Condren fut accolé un supplément, annoncé comme un développement de vérités trop brièvement exposées, et dont le but réel était de

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faire passer, à la faveur d'une doctrine saine et pure , les exagérations janséniennes sur la venu et la nécessité de la charité. D'ailleurs tout ce qui s'y dit du sacrifice n'est qu'une explication allégorique de l'Ecriture, entièrement différente de l'inierprétaiion littérale, seule suivie dans les deux premières parties. On a donc retranché cette superféiation hérétique. Ce qui a été conservé a paru parfaitement orthodoxe.

On a cru se rendre utile en rééditant ce petit livre, a Le chef-d'œuvre de Dieu , dit » le premier éditeur , c'est Jésus-Christ , et » le chef-d'œuvre de Jésus-Christ , c'est j) son Eglise et sa religion. Mais ce qu'il y a ï) de plus grand, de plus saint et de plus » auguste dans Jésus-Christ, dans l'Eglise ï) et dans la religion chrétienne , c'est le » Sacerdoce et le Sacrifice de Jésus-Christ. » Son Sacerdoce est la fin de son Incarna- » lion , comm.e son Incarnation est le fon- » dément de son Sacerdoce. Car le Fils de » Dieu ne s'est fait homme qu'afin d'être

jo te Prêtre de son Père et le Pontife de la » vraie religion ; et il n'est Prêtre , comme » Saint Paul nous l'enseigne, que parce » qu'il est Fils de Dieu. Hébr. 4. 5. Or la » fin du Sacerdoce de Jésus-Christ, c'est » son Sacrifice : Taut Pontife , qui est pris » d'entre les hommes , étant établi pour les » hommes en ce qui regarde le culte de Dieu » » afin d'offrir des dons et des sacrifices pour » les péchés. Hébr. 4. 1. Et la victime que » Jésus-Christ a offerte en sacrifice n'est D autre que lui-même ; toute créature étant 2) indigne d'être offerte à Dieu , et étant » incapable de satisfaire à sa j ustice pour les » péchés des hommes. Il paraît de là que la » science de la religion chrétienne consiste » dans la connaissance de l'Incarnation, du » Sacerdoce et du Sacrifice de Jésus-Christ, » et que ces trois mystères sont tellement » liés ensemble , qu'il est impossible de les » séparer, ni d'en connaître un parfaile- » ment , si on n'a une connaissance parfaite » des deux autres. »

Or cet opuscle , tout petit qu'il est , peut être regardé comme le commentaire le plus complet de TEpître aux Hébreux sur le Sacerdoce de Jésus-Christ. Il embrasse tous les temps, tous les lieux , toutes les particularités de son Sacrifice : l'ancienne loi, où il était déjà immolé en figure sous des hosties prophétiques; ses analogies ou ses différences avec les sacrifices anciens ; la prééminence de son sacerdoce éternel ; le Calvaire où se fait l'immolation ; l'autel terrestre où nous communions à la victime ; le Ciel , où tout se consomme pour Dieu , pour Jésus-Christ , pour les hommes dans l'unité d'une même oblaiion et d'une même communion. Ces idées sont grandes et élevées ; elles sont vraies et fondées dans l'Ecriture.

Le stjle n'est pas toujours en harmonie avec elles ; il est heurté, lourd , embarrassé, comme celui d'un dialecticien , qui s'attache plus à démontrer sa thèse qu'à orner son sujet. On y désirerait plus d'élévation. Il a

été légèrement retouché. Du reste il est serré ; toutes les propositions s'y enchaînent étroitement, comme les fils d'un tissu précieux.

A part donc le défaut accessoire de l'élocution , Touvrage est bon , excellent. Puisse le souverain Prêtre , Jésus-Christ notre Seigneur, bénir les prêtres et les fidèles qui le liront.

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