VI. Unité et singularité du Sacerdoce de Jésus-Christ
Parce que Jésus-Christ est toujours vivant, non seulement i! est Prêtre, mais il est seul et unitiue i^rcire. C'est ce que l'Apôtre enseif^ne clairement , quand il dit , Ileb. 7. !23 et 2Ï : Que dans l'ordre d'Aaron, il y avait
un grand nombre de Prôircs ; parce que îa raort à laquelle ils ciaient sujets , les einpêcbanl de demeurer toujours Prêtres , il était nécessaire pour entretenir le Sacerdoce qu'il y en eût qui succédassem les uns aux autres; au lieu que Jésus-Christ demeurant éternellement, son Sacerdoce est aussi éternel. S'il est éternel, il ne peut avoir de successeurs, et par conséquent il faut qu'il soit unique .grand Prêtre , puisque la raison de multiplier les Prêtres , qui était la nécessité de remplir la place de ceux qui mouraient, cesse en lui. Comme donc la multitude des Prêtres selon la loi était fondée sur leur mortalité , de même l'unité et la singularité du Sacerdoce de Jésus-Christ est fondée sur sa vie immortelle, par laquelle il demeure toujours.
VII. Jésus-Christ y Prêtre toujours vivant, sauve pour toujours.
De la perpétuité du Sacerdoce de Jésus- Christ l'Apôtre infère que ce souverain Prêtre peut toujours sauver tous ceux qui s'approchent de Dieu par son entremise et en son nom : d'autant qu'il est toujours vivant afin d'inicrccdor pour nous. Et c'est
sur quoi Saint Paul veut que soit fondée notre espérance et notre consolation. Uncîè et salvare in perpctuum potcst accedentes per semetipsum ad Deum : sempcr vivetis ad inkrpcUandum pro nohis. Hébr. 7. 25.
YÎII. Impuissance du Sacerdoce d'Aaron,
Tl infère encore de la révocation et de l'abolition du premier Sacerdoce, le Sacerdoce d'Aaron , son impuissance et son inutilité. Car, comme dit l'Apôtre, si nonobstant la multitude des Prêtres qui offraient incessamment des sacrifices , il a été nécessaire qu'il vînt un autre Prêtre selon l'ordre et la ressemblance de Melchisédech , il s'ensuit donc que la sacrificature ancienne , qui était selon la loi, ne conduisait personne à une parfaite justice , et qu'elle devait être changée en une autre plus excellente, qui établît en nous une meilleure et plus solide espérance , par laquelle nous puissions nous approcher de Dieu avec confiance.
IX. Sacerdoce, alliance et loi inséparables dans la religion.
Il infère encore que comme il y a eu changement de Sacerdoce, il a fallu que
ralliance et la loi fussent aussi changées, le Sacerdoce , l'alliaiice et la loi étant inséparablement joiiits en toute religion. Le Sacerdoce fiiit l'alliance , fîarce que roflice du Prêtre , médiateur entre Dieu et les hommes, est de réconcilier les hommes avec Dieu par le moyen de son sacrifice, et de renouer entre eux l'amiiié que le péché avait rompue. Or la loi est la seule condition de cette alliance , qui ne peut subsister entre Dieu et les hommes , si Dieu de son côté faisant des promesses aux hommes, les hommes de leur part ne s'engagent en même temps à faire la volonté de Dieu.
Comme donc par la sacrificature de Jésus- Christ , il s'est fait un changement du Sacerdoce d'Aaron en celui du vrai Melchisédech, il s'est fait aussi un changement del'ancienne alliance en une nouvelle, de laquelle Jésus- Christ a été fait le médiateur et le garant : In tantum meliorts testamenti sponsor factus est Jésus. ïîéb. 7. 22. Par sa mort, il a mérité que les hommes rentrassent en grAce et en amitié avec Dieu ; il nous en a donné lui-même les assurances par sa parole durant sa vie, et le sang qu'il a versé par sa mort
et son sacrifice en sont le sceau et le gafje précieux. Celle alliancenouvelJc, contractée par ce sang adorable a sur la première la supériorité, que le Sacerdoce nouveau a sur l'ancien ; elle subsiste sur des promesses bien plus grandes et plus magnifiques ; parce que les promesses de l'ancienne alliance étaient de donner aux enfants d'Israël une terre abondante et une prospérité temporelle, à condition qu'ils demeureraient fidèles à observer la loi ; au lieu que les promesses de la nouvelle alliance sont d'introduire les vrais Israélites dans l'hériiage du Ciel, la vraie terre des vivants , non simplement à condition qu'ils garderont la loi, mais en leur faisant observer celte condition, et Dieu leur donnant son esprit et sa grâce pour garder la loi , ce que Saint Paul prouve par les paroles des Prophètes qui contiennent les promesses de cette nouvelle alliance. Voici, dit-il après le Pro[)hète Jérémie, l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël après que le temps en sera venu , dit le Seigneur. J'imprimerai mes lois dans leur esprit et je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple, et chacun d'eux n'aura plus besoin d'enseiyncr son
prochain et son frère en disant : connaissez le Seigneur ; parce que tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Car je leur pardonnerai leurs iniquités , et je ne me souviendrai plus de leurs péchés, lléb. 8,