‹ L'idée moderne du droit (volume 3)Chapitre 60 sur 73 · LE DROIT DES RACES SUPÉRIEURES · texte numérisé non relu

LE DROIT DES RACES SUPÉRIEURES

science, les causes finales ne doivent pas trouver un refuge dans la science sociale et politique.

Revenons donc des causes finales aux considérations physiques et psychologiques, méthode plus sûre. A ce point de vue, on peut certainement montrer entre les hommes une foule d'inégalités actuelles; mais, y en eût-il de fait encore davantage, l'égalité de droit ne serait pas atteinte en son principe théorique. Nous l'avons vu en eflet, le droit repose moins sur l'état actuel que sur le développement possible des êtres, le droit a les yeux tournés vers l'avenir ; ce qu'il réserve, ce qu'il sauvegarde, c'est précisément la virtualité, la puissance de progrès. La loi ne punit-elle pas le meurtre d'un enfant de deux ans comme celui d'un homme? Cependant il aurait pu être incapable, infirme, plus nuisible qu'utile; — oui, mais il aurait pu être un honnête citoyen ou même un génie. Le droit a pour but d'assurer le développement libre de toutes les intelligences et de toutes les volontés. — Après avoir posé ce principe général, suivons la doctrine aristocratique en ses applications : elle invoque tour à tour l'inégalité des races, celle des classes, celle des individus ; examinons si ces inégalités, en supposant qu'elles existent, sufllsent à conférer des droits inégaux.

La théorie des races, mise en vogue par l'Allemagne, fournit aux écoles aristocratiques leur principal argu-

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ment. L'exemple qu'on choisit toiûonrs à l'appui, comme le moins discutable, est celui des n^res : a-t-il cependant tonte la portée qu'on lui attiibne ? Que le cerreau des n^res ne soit pas virtuellement ^;al à celui des blancs, que tout accès leur soit fermé dans Tavenir aux grandes notions scientifiques ou morales, que tout au moios ils ne puissent se diriger eux-mêmes dans Tordre civil et politique, c'est ce qui n'est point encore démontré. Quand il s'agit des animaux, le doute sur ce point est impossible : nous savons la limite qu*ils ne peuvent dépasser, comme nous pouvons calculer la hauteur maximum que peut atteindre une pierre lancée par une fronde. Les animaux ne parlent pas; s'ils arrivaient un jour à parler, nous commencerions, malgré leur visage, à nous demander s'ils n'ont pas le droit de se conduire eux-mêmes ^. Les nègres parlent, il en est même qui parlent latin et grec; il est dans les écoles d'Amérique de jeunes négresses qui traduisent Thucydide et Platon. Un même idéal moral peut être conçu par la pensée des noirs et par celle des blancs. On sait ce que Montesquieu, avec cette généreuse ironie qui émut son siècle, disait des nègres : « Ils sont noirs depuis les

1. « n n'y a d'esclave naturel, disait Épietète, que celui qui ne participe pas à la raison ; or cela n'est vrai que des bêtes et non des hommes. Si l'ine avait ea partage la raison et la volonté, il se refuserait légitimement à notre empire ; il serait un être semblable à nous. »

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