RENOUVEAU
O doux Printemps, aube embaumée, Sousteslilas en floraison Me caches-tu la bien aimée ?
Une langoureuse chanson Volera- t-elle sur mes lèvres Où tremblote un vague frisson ?
Vous sentirai-je, exquises fièvres?
Les désirs fous reviendront-ils, Bondissant ainsi que des chèvres?
48 L'Idylle élenieUe
Le charme indécis des Avrils Me rendra-t-il mes rêves roses Plus délicats et plus subtils?
Et, dans le grand réveil des choses,
Ouvrirai-je, enfin réveillé,
Mes paupières trop longtemps closes?
Ou, du Printemps ensoleillé Craignant les tendresses tfôp fortes, Resterai-je, seul, défeuillé,
Comme un vieil arbre aux branches mortes?
/^ii'r£' D IDYLLE
Un charme capiteux, étrange Emane de vos mouvements.
Vous avez de grands yeux charmants.
Vous avez une tête d'ange,
D'Ange perfide et langoureux En cravates de moussehne.
Vous avez h grâce câUne Et les sourires amoureux.
50 L' Idylle étemelle
C'est vous qu'on aime, exquise blonde,
C'est vous qui m'avez fait rêver
Ce rêve fou : vous enlever,
Vous emporter au bout du monde.
L'Idylle éternelle ^i
Le Faune dans ses bras nerveux Prenait la nymphe effarouchée Et mordait à pleine bouchée Les seins roses, les blonds cheveux.
Et la nymphe blonde aux seins roses Se débattait, et, de sa main, Prévoyant de terribles choses.
Cachait ses yeux; — mais, en chemin,
Tandis que l'homme aux pieds de chèvre
Au bout du monde l'emportait,
Un sourire alléché flottait
(Oh ! les doigts mal clos) sur sa lèvre.
Formes suaves, fins contours, Lueurs fauves, roses et blanches Des épaules, des bras, des hanches, Mon rêve vous verra toujours.
Ce Faune ! Votre chevelure M'a tenu des discours pervers Et j'ai bien su lire à travers Les promesses de votre allure.
Tes lèvres, lorsque tu souris, M'ont fait deviner d'autres choses Plus souriantes et plus roses.
Et vos grands yeux m'ont tout appris.
Mon rêve, exquise blonde, écoute.
Mon plus doux rêve, le voici :
T'emporter loin, bien loin d'ici, Pour t'avoir à moi toute, toute.
Dans le parfum de tes cheveux Je voudrais oublier le monde En écoutant, exquise blonde, La musique de tes aveux.
Il faudrait pour guérir mes fièvres.
Le subtil, le troublant baiser Que mes lèvres voudraient poser Longuement sur tes chères lèvres.
54 L'Idylle éternel le
Songe aux caresses inconnues Que je trouverais pour tes seins^ Et songe aux habiles desseins Qu'inspireraient tes formes nues.
Toute la nuit sur toi penché, Songe, et ne songe pas sans crainte Aux sanglots de l'ardente étreinte; Songe aux douceurs du doux péché.
Et calcule combien de fièvres Sous mes baisers frissonneraient, Combien de roses fleuriraient Sous les caresses de mes lèvres.
V Idylle éternelle 55
Un beau jour, nous te trouverons Au fond des bois, sous les feuillées, Parmi les ramures mouillées, Les lilas et les liserons,
Maisonnette ! Nous entrerons, Et les choses ensommeillées Par nos sourires ré%'eillées Battront des ailes sur nos fronts.
56 V Idylle éternel Je
Et nous serons chez nous. Nos rêves, Nos longs baisers dans les nuits brèves, Les aveux de ta douce voix,
Tes seins blancs et tes lèvres roses Empliront de troublantes choses La maisonnette au fond des bois.