DES ROSES
•,4 Paul f'rrlnitif
Evoquerai-je vos pâleurs.
Roses thé, roses blanches, roses Du Bengale, et vous, roses roses Où la rosée a mis ses pleurs ?
Ne trouvez-vous pas que ces fleurs Sont depuis bien longtemps décloses ?
Ces banales et vieilles choses N'ont plus d'odeurs ni de couleurs.
28 V Idylle êtenielk
\o\c\ quelques fleurs maladives Du Cap, de Chine ou des Maldives, Fleurs du Lan, késaras, styrax ;
Et, pour de plus grandes délices.
Nous verserons en ces calices Quelques gouttes d'opoponax.
L'Idylle éternel le
Maggiolata Première matinée de mai
K^4 Emile Blémout
Monna Nina, voici refleurir les saisons Printanières. et les jeunes métamorphoses. Entends-tu dans les fleurs tout fraîchement écloses Les oiselets qui font si douces leurs chansons?
C'est Mai. C'est le doux mois de ces belles moissons, Les moissons de baisers et les moissons de roses. Tout revit, les sonnets et les aimables choses. Le printemps et l'amour, toutes les floraisons.
Monna Nina, suivant la coutume galante, A ton seuil adorable et bien aimé, je plante L'arbre amoureusement fleuri, larbre de mai.
Il dit la loi d'amour, Monna Nine, il proclame Qu'il faut fleurir, qu'il faut sourire au bien-aimé. Qu'il faut se souvenir enfin que l'on est femme.
Ouvre tes bras, ouvre ton âme !
Amour, c'est le sourire attendri du Printemps, Souviens-toi que je t'aime, et des joyeux vingt ans.
à Vitalieiine, colla coda
L'Lhlle éternel ie
MI
FRÈRES d'armes
wV Georçes Milkt
Nous étions des enfants quand ce besoin nous prit De sertir nos pensers en d'éclatantes rimes Et perdre notre vie à ces folles escrimes, A ce métier ingrat dont tout le monde rit.
Mais n'est-ce pas le signe éclatant d'un esprit » Noble, fou d'idéal, qui répute pour crimes De végéter sans gloire, et sans tenter les cimes Hautaines où le Rêve en sa splendeur fleurit?
Et puis il faut des cœurs de héros ! L'on se laisse
Aller parfois, il est des heures de faiblesse
Où l'on maudirait l'art cruel. — Mais je connais
L'âpre désir qui mord ton âme inassouvie
Et je sais trop aussi que j'en ai pour la vie.
— Va, mon cher, nous ferons encor bien des sonnets.