‹ L'idylle vénitienneChapitre 38 sur 39 · CONSOLATION · texte numérisé non relu

CONSOLATION

N'avons-nous pas bu toute la coupe?

Que nous resterait-il pour demain? Quels baisers pourrions-nous inventer?

Tu sais bien que Pietro l'Aretino n'a écrit que seize sonnets !

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ADDIO

Le dernier verre de lacryma-christi, le dernier plumcake, le dernier beau rêve, sur la terrasse du Lido désert... La dernière promenade, par les rios jonchés de feuilles mortes... Le dernier « bonjour » aux anges du Bellin, à la

ADDIO ! 1 1 5

Famiglia du Giorgione, au Saint-Georges de Carpaccio... Et, dans le hall de l'hôtel, derrière le paravent, à travers le corsage ténu, mes derniers baisers sur tes seins!

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11 faut partir... Voici l'heure! La barque est là.

Ton mari a pris le vaporetto, pour arriver plus tôt à la gare, et, le wagon choisi, les places marquées, doit s'impatienter, devant le train, à t'attendre.

Allons... en route! Je t'accompagne

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jusqu'au pont des Scalzi... Tant pis si le gondolier entend nos sanglots !

Ta main ! Ta tête, contre la mienne î Et, vite, tous les mots que tu penses !... Parle! Parle!... Vite, vite, des mots câlins, des mots brisés, des mots comme de petits morceaux d'âme !

Mais oui, mais oui, on s'écrira ! On l'a juré...

T'oublier, moi... t'oublier ?

Ton souvenir est, à jamais, dans mon

ADDIO

cœur, dans le palazzino de nos rendezvous, dans chaque pierre de la ville...

Tout, ce soir, te salue ou te pleure... Vois mes yeux ! Écoute la brise ! Et regarde... regarde... Le ciel est plein de mouettes !

Pour te dire adieu, lui aussi, il te fait signe avec des mouchoirs blancs !

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