‹ L'if de CroisseyChapitre 28 sur 33 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

PITOIS, AUGUSTE, puis LUCIENNE.

"^ **AUGl'STE, sortant de la chambre d gauche arec snn portc-manleau. Me voilà prêt. Joseph n'est pas là. . . n'importe ! il lau t partir sans voir Lucienne, sans lui dire adieu ! j'y sois déi idr...

PITOIS, tenant un papier. Qu'e?t-ce que c'est que ça ?

Vif de Croii-ey.

AUGUSTE. Eh bien, non. je m*arrêtc, je balance, je ne peux définir ce qui se passe en moi.

PITOIS, aa haut de Céchelle. De la mort aux rats {Voyant Auguste.) Tiens, le lieutenant... lui qu'est de la maison, il sait peut-être où Lucienne met ses gages... J'ai envie de le questionner.

11 (li.scciid quelques échelons.

AUGUSTE. Morbleu! c'est trop hésiter ..

partons... [Apercevant Lucienne qui entre.) Dieu! la voici.

PITOIS, rovrtnf Lucienne. Lucienne! et je

n'ai encore rien trouvé.

II remonte l'échelle , tire un des volets de l'armoire et se cache d'.'rrlèrt'.

LUCIEWE. Pitois n'est pas revenu... c'cs'^^ singulier... [Elle xa vers te fond et toit Auguste.) Ohl c'est y oui, M Auguste...

AUGUSTE. Oui, mademoiselle, j'espérais trouvervotre frère ici... mais, pardon ! je vous laisse , adieu, luademoisellc.

LUCIEWE. M. Auguste, que vous ai-je donc fait pour me quitter ainsi? qu'avez- Yous à me reprocher?

AUGUSTE. Eh qu'importe ! maintenant ne sommes-nous pas étrangers l'un à l'autre.

LUCIEAXE. Je croyais pouvoir compter du moins sur votre amitié.

AUGUSTE. Mon amitié? Oh! non, ne la demandez pas, car alors j'aurais le droit de vous faire des reproches... un ami n'est pas indulgent, un ami ne manquerait pas de vous dire que celui que vou- aimez, ce Pitois, que vous me préférez, est iudigne de vous.

PITOIS, rt part. J'en apprends de belles sur mon échelle.

LUCiENXE. C'est VOUS, monsieur, qui êtes injuste; n'oubliez pas que Pitois va être mon mari, et que si vous l'accusez... men devoir est de le défendre.

PITOIS. Très bien!

AUGUSTE. Vou< voyez bien que j'avais raison de m'en aller. Adieu, Lucienne.

LUCIEWE. Arrêtez!

PITOIS, d part. Elle le rappelle!..

AUGUSTE. Vous voulez que je reste...

LUCIEWE. Encore un instant... Pitois va revenir... je l'interrogerai... et après, vous jugerez vous-même, s'il faut rester gu partir.

AUGUSTE. Que dites-fous?..

LUCIEWE. Je vous engage à attendre sa réponse.

PITOIS. Il attendra long-temps.

AUGUSTE. Je n'y conçois rien... mais celte confiance que vous lui témoignes

Ifi

LE M.VGAS1^ TUÊATn*.':.

lu ii'iiie encore contip lui... car vous ne le i-i)iiiuii5sez pa>... t't mon devoir. ;\ moi, est de vous rclairer. .. Ce i'itois est un l'ourhe dont vous êtes la dupe.

PITOIS. descendant quelques ccficlons. 11 est temps de les inlrrrompre.

AlGlSTE. In imposteur, ;'i (jui j'irais chercher querelle s'il était capable de me rendre raison.

PITOIS. Je ne descendrai pas jusque-là.

Il remonte à réclielle.

AUGUSTE. Croyez-moi, Lucienne!., je puis prouver ce que j'avance... j'ai des preuves (jui calmeront vos craintes, qui feront cesser tous vos scrupules!..

LUCIEXXE. Il serait possible !

AUGUSTE. Mais avant de vous livrer mon secret, il me faut un mot (|ui me rassure et m'encourafre.

LUCIEXXE. lit ces preuves vous me les doMiicn'i?..

AUGUSTE. Vous saurez tout.'..

PITOIS, à part. La tOle me tourne.

Page 1