PITOIS
Partez soudain.
Mais le parrain,
D • la guerre Me sauvra pas votre frère.
Selon vos vœux
Près de vous deux, II ne resl'ra pas en ces lieux.
Joseph t Lucienne et Denise sortent par le fond
SCKNE VIII.
mois, REiMî, puis iiN (;ak(;on
D'AUBEKGi:.
PITOIS, « [linii f/iii esl sur le point de rentrer A l'auhcrge. Sergent! pardon serpent ! j'aurais un petit service ù vous dcinaudcr.
L IF DR CROISSEV.
1\E\U. Jo reviendrai plus tard.
PITOIS. Di' es donc, sergent, il fait bien chaud, ne Irouvez-vous pas que ra dessèche le gosier.
REMI. Vous voulez vous rafraîchir...
{Appelant ) Garçon, garçon...
PITOIS, à part. Est-ce qu'il m'offrirait à boire?
LE GAUÇOX. Qu'est-ce qui appelle ?
REMI. C'est monsieur qui voudrait une bouteille.
LE GARÇOX. De quel vin ?
REMI, d Pitois. Du meilleur, n'est-ce pas?
PITOIS. Oui, du meilleur, du meilleur marché.
Le garron rentre dans l'.-iuberge.
REMI, se mettant à une iahle. Maintenant, causons avec calme et tranquillité.
PITOIS, s'asseyanien face. C'est ça, causons, sergent! \oici ce que c'est .. Vous voyez devant vous , un villageois bien triste... Celte petite Lucienne me remplit d'amertume , et puisqu'elle repousse ma personne, je me tais soldat, je veux entrer dans la troupe en qualité de militaire.
LE GARÇOX, rentrant. Voilà , messieurs ! Il pose \ii bouteille et les verres sur la table et rentre dans l'auberge.
REMI, versant à boire. Ainsi, jeune berger, TOUS avez la louable intention de vous engager?
PITOIS. Du tout, sergent, vous n'y êtes pas; permettez-moi de vous rappeler un propos qui est sorti de votre bouche, il n'y a pas une heure.
REMI. Je vous le permets, campagnard.
PITOIS. Vous avez dit en propres termes : «Je connais un particulier extrême- »ment fortuné, qui ne trouve pas de reni- » plaçant pour son fils, et cependant il «paierait tout ce qu'on voudrait.
REMI. En effet! j'ai tenu ce discours...
PITOIS. Tout ce (ju'on voudrait ! ù combien croyez-vous ([ue ça poiu-rait se monter, sergent ?
REMI. Dam ! ça dépend des conventions.
PITOIS. Eh bien, je les accepte pourvu que ce soit une grosse somme.
REMI. Voilà donc comme vous comprenez la gloire , homme des champs.
PITOIS. Ecoute* donc, je n'ai pas le moyen de servir la patrie gratis... et si je consens à me faire tuer, c'est pour gagner ma vie.
REMI, buvant. Â votre santé.
VITOJS, de mfm^. A la vôtre, sergent»
REMI, se tétant. C'est conclu, TalTairc peut s'arranger.
PITOIS , de ynême. Merci , sergent ! par exemple, je vous recommande une chose, c'est de ne parler de ça à personne, vu que j'ai des ennemis dans l'endroit ; tout le monde me jalouse, excepté la veuve Durand, une femme sur le retour.. . qui a pour moi des affections au-dessus de son âge...
REMY. Je conçois l'apologue.
PITOIS. Et si les autres savaient que je me suis vendu... ils se permettent déjà tant d'horreurs sur mon compte...
Air : Qu'il est flatteur d'épouser celle.
Ils in'appellc't cancre, mercenaire Ils disent que j 'fais argent d' tout, Qu'pour deux sous j'iivrerais mon père Justement j' n'en ai pas du tout, llsajout'nt, voyez comme on m' traite.
Que je vendrai ma peau quelque jour.