‹ L'île de CubaChapitre 3 sur 54 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Enfant des Antilles, élevé à la Guadeloupe, l'auteur de ce livre n'a quitté son tle qu'à Tâge où l'adolescent sort du collège* pour entrer dans le monde. Comme beaucoup de sesjetff^'-ôpmpatriotes^ il n'a pas eu tefnaibfdr dW^^paré de sa famille à peine âgé dQ'n^tff: W-dix 9ns. Quand il vint en France , se§ yeuj$*jfé|àr'^étaient ouverts au spectacle de la nature et de la société. S'il portait à la Mère-Patrie, un amour ardent et sérieux, il lui avait été permis de connaître et d'aimer sa terre natale , de chérir et d'estimer les Créoles ses concitoyens.

Il savait déjà, par delà TAtlantique, qu'ils étaient attaqués et défendus dans les Chambres

TI AVANT-FROPOS.

et dans les journaux par des voix et par des^ plumes souvent éloquentes. Bien jeune encore^ il avait répandu des larmes de reconnaissance sur de généreuses paroles prononcées en leur faveur ; mais plus souvent il avait {deuré d'iadignation à la lecture d'odieuses calomnies.

Arrivé à Paris, il vit de près l'attaque et la défense. Celle-ci était faible > celle-là puissante. Enfant présomptueux qu'il ét^it, n'écoutant que son ardeur et la vérité qui lui criait : Marche ! il méconnut ses forces, et, se jetant dans la mêlée, il maria sa voix à celle des défenseurs des Ftan-! eais4^ô'tftre->n}er. Ce qui devait arriver eut lieu ; sa voix^'pOTdiU«Aile.èrmt. Mais du moins ses ejBrortej-yâiQj^)^!^ pour ses compatriotes,

ne fiireV[t;|^â99s utilité ppur lui. Mêlé de si bonne heure' àih^*:faommes et aux choses, il a^uit t pourquoi qe le dirait^l pàs, une rapiiite expérience des uns et des autres.

Il se retira à l'écart quelques années , et pro-? fita des enseignements de cette maîtresse de la vie, qui màrit si (At Tame humaine. Il sut diriger ses études vers un but principal , auquel il

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a consacré 9 auquel il consacrera de longues veilles, et ce but est Thistoire des colonies.

Il dit leur histoire , et non leur défense , car sil parvient à les raconter, à les peindre telles qu'il les a vues, telles qu'elles sont, elles n'auront pas besoin d*ètre défendues : elles seront connues.

Il passera en revue dans une série de travaux consciencieux les Antilles espagnoles et françaises, saiis oublier notre Guyane, car les intérêts de toutes ces contrées, intérêts qui sont les mêmes, ne sauraient être scindés aux yeux ^e Ihistorien économiste. Puerlo-Rico. cette autre Jle si belle , qu'il n a vue quen passant , etquil se propose d'aller visiter dès qu'il aura terminé la publication du présent ouvrage, viendra après Cuba. Les îles anglaises et celles des autres nations européennes ne seront étudiées qu'incidemment et le plus souvent comme points de comparaison.

Il a commencé par l'île de Cuba , parce que , si l'on excepte la Havane, sa capitale, dont beaucoup de voyageurs ont parlé , et tout dcr-

Yin AVA^ÎT-PROrOS.

nièrement encore, une femmj éloquente, dans des pages pleines de couleur, de charme et d'intérêt, le reste de celte grande contrée est à peu près ignoré de ce côlé-ci de l'Océan.

Le volume qu'il publie aujourd'hui est la première p rtîe de ses éludes sur Cuba. Qu'il lui soit permis de dire un mot du plan qu'il a adopté.

Après un rapide coup-d œil jeté sur Timportance de ce magnifique pays, il fait sa description physique et politique. Il n'a pas hésité à donner une géographie complète de Tlle, parce qu'avant ce jour, il n'en existait aucune en France. Il s'est aidé du Compendio de la Geografia de la Isla de Cuba, par M. Felipe Poey ; il a même traduit des pass ges entiers de cet excellent petit ouvrage , mais il a dû suivre une marche entièrement différente.

Il s'est occupé ensuite de la Havane, de Tintérieur, de Santiago, du département oriental, comme paysage, commo aspect, comme société. C'est la narration , c'est la peinture de ce qu'il a vu et remarqué dans son voyage.

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Voilà pour celle première partie où il a montré un beau corps vivant et agissant. Il aura à faire connaître les causes de cette action si puis* santé, de cette vie si énergique, et qui tendent Tune et l'autre à saccroitre indéfiniment.

Dans la seconde partie, qu'il donnera bientôt, il parlera :

De la population de Cuba; du nombre des blancs beaucoup plus considérable que celui des noirs, et des conséquences qu*on peut tirer de ce fait unique dans les Antilles , dont il comparera les nègilHavec ceux de Cuba.

Il traitera la question si complexe de l'exploitai ion du sol qui comprendra :

L'agriculture, ou le sol exploité à s surface ;

La comparaison des procédés agrohomiques de Cuba avec ceux des autres Antilles ;

La manipulation première des produits de ragricullure ;

La question des usines ;

Celle des potreros et des haciendas de crianza et de ganados , ou des chevaux et des bœufs de nie ;

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