IV. LITOHOIE ET ASCÂTBS
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ment des brins (Je cordelettes, en fibres de chamœrops, sur le cadre formant le fond horizontal d'un lit chinois.
Ces croix ornementales se distinguent à première vue de types très différents, où la disposition cruciforme se rencontre aussi, sans présenter antre chose que la distribution géométrique de deux lignes se recoupant au centre à angles droits.
Etudions cette nouvelle classe de signes.
Les dessinateurs chinois, de toutes les industries utilitaires ou d'art décoratif, s'ingénient depuis des siècles, à ornemaniser sous forme symétrique, plusieurs de leurs caractères, devenus dès lors et tout à la fois : symboles, ornements, devises et talismans. Nous ne croyons pas oiseux d'en fournir quelques exemples, des plus habituels, où la croix se démêle avec si peu de peine, que des critiques — non des pires — s'y sont mépris, croyant y saisir quelque vestige indiscutable de christianisme. En fait et actuellement, bien qu'il soit imprudent de nier la part d'influence possible, probable parfois, de ce dernier, ce ne sont le plus souvent que de fausses croix. (1)
Fifjure 104.
(1) Quoi qu*uno certaine critique en écrive de nos jours, les anciens missionnaires n'étaient pas unanimes dans rinter^irétatiim outrée de ces Vestiges du christianisme, llappelons que Touvrage du P. de Prémare S. J. n'a pas été publié par la Compagnie de Jésus. (Cf. p. 2) — Nous copions un alinéa des Mémoires concernant les Chinois (T. I. p. 140) priant le lecteur de ne pas perdre de vue, en parcourant la suite de notre travail, les quelques remarques consignées dans cette page :
«De bons Missionnaires, qui avaient porté en Chine plus d'espi-it que de discernement, plus de piété que de critique,... décidaient sans façon que c'étaient {Chou^kinOi Chi-king^...)
CROIX ET SWASTIKA.
Fig. 105.
L'un de ces types, où Ton a prétendu trouver une figure cruciale, a frappé le P. de Mailla (1) qui le reproduit sous cette forme: {iig, 105).
Ce serait le caractère Fou Jj^, brodé anciennement sur les habits de cérémonie. «Le caractère Fo, disait TEmpereur Chun ^ (2 221 av. J.-C.) est un symbole du discernement que Ton doit avoir du bien et du mal». D'après une autre planche, TEmpereur, monté sur son char impérial, porte encore ce caractère brodé sur le devant de sa robe, comme aussi plusieurs des officiers de sa cour. Il orne également une sorte de tablier circulaire s'attachant aux reins, et porté par Hoang^ti ^ ^ (2600 av. J.-C.) inventeur des habits de cérémonies et de sacrifices. On le retrouve enfin jusque sur le drap mortuaire des funérailles impériales, (fig. 106).
Un volume du Lou-king-t'ou A fi JHi présente passim une vingtaine de personnages en pied, revêtus de cette robe ainsi ornée, sous les dynasties à peine historiques des Tcheou ^ (1122), des Ts'in ^ (249),
Fig. 100.
des livres, sinon iVavnnt le déluge, du moins de peu de tumps après; que ces livres n'avaient aucun rapport avec notre Histoire (de Chine), et qu'il falLiit les entendre dans un sens purement mystique et allégorique, typique et figuratif. En conséquence, ils y trouvèrent des choses merveilleuses, des prophéties en bon nombre, et des symboles du r^;ne spirituel du Messie, qu'ils prouvaient très bien avoir été connu, espéré et attendu dans les beaux jours de la Dynastie des Tcheou.. Le pas est encore plus glissant pour de bons Missionnaires que le zèle dévore et qui arrivent d'Europe avec le préjuge général que le soleil éclaire TOccident de tout son disque et ne laisse tomber sur le reste de PUnivers que le rebut de ses rayons...» L'auteur avoue que la suite des études de ces «FiguristesD pour prouver leur système «a été très utile à ceux-mômes qu'il a le plus ^arés,... leur facilita la prédication de l'Evangile, et finit par les désabuser eux-mêmes et par les mettre en état de faire remarquer aux Lettrés néophytes les traces sensibles de la Religion et de la Révélation qui brillent dans tous les KiugD.—Extaits tirés de Particle intitulé Antiquité dea Chinois, du P. Martial Cibot (1727-1780), enterré h. Pékin.
(1) Hiêtoire générale de la Chine, d'après le Tong-kùn-kang-mou, par le P. de Moyra d« Mailla. T. I. pp. 27, 118,336. Le P. de Mailla, né en 1G69, mourut en 1748. Son Hittoire fut publiée par Groeier, qui eut tort de la modifier trop souvent. Au dire d^Henri Cordier, le manuscrit est à la Bibliothèque Nationale.
D'après Cordier le P. de Mailla signe Jos. Mnr. An. de Moyria de Mailla (lire MOUac).
LITURGIB BT ASCÈTES.
et des Han g| (—206+222). M' l'abW Ansault avait reproduit pour les beaoitiB de sa thèse la «Porte et frise du temple aztèque (ancien Mexique), à l'Exposition universelle de 1889». (1). Mettant hors de cause l'exactitude de cette restitution, — et cette assertion de l'auteur de l'article: la frise <le ce Icmpte piv-seiilp une multitu-
de de croix latines — nous ferons remarquer que le motif mexicain est tout aussi bien chinois, (fîg. 107).
Le motif d'un vieux vase de bronze, dessin un peu barbare du Kin-che-so ^ ^ ^> pourrait passer pour une variante de cette combinaison cruciale, où les croix sont assez saillantes. (fig. 108).
Plus curieuse encore est la plaque de métal dessinée au revers de la même page. C'est une sorte d'écumoire, de passoire, ou bien un couvercle perforé de vase rituel; la fumée de l'encens ou les vapeurs des parfums et des mets passaient par ces cinq ouvertures en croix (fig. i09).
Le caractère che -J- 10, dut être également, par sa forme cruciale, l'occasion de plus d'une erreur sur l'interprétation de son vrai sens. On a prétendu que les anciennes monnaies de la Chine portaient la croix. «Marco Paulo remarque dans son récit que les monnaies de la Chine portent une croix et l'histoire
(1) Lt Corretpomiant ; 25 Oct. 1
CHOIX KT SWA8TISA.
voyage,
aies de i'Empire, que je rapporte de r firme l'assertion du célèbre Vénitien», dit Marchai de Lunéviile. (1) Est-ce exact?' a-l-on confondu avec elle le L^, dont nous avons cité plus haut quelques exemples? (p. 22) Est-ce le chiffre -f- qui a usurpé cet honneur de passer pour une croix? Il n'est pas rare, on le sait dans la numismatique de la Chine dont la numération est basée sur le système décimal, comme en témoignent les fac-similé ci-joints.
Le lecteur aura sous les yeux le
point de départ, le prétexte proba- /•,./. low.
bic de cette erreur. Les sapèques
les moins anciennes sont marquées de ce chlITrc; isolé, il joue assez bien,' pour les non-initiés, le rôle d'une fausse croix.
Du grandes sapèques, valant ilîx petites, portent naturellement ce dernier chiffre en vedette. (2).
'c f/iilo». Chrétiinnc. 1853 i>. 153.
(2) Cf. Caiiito/tlie j.rjcut di/niial// o/ CUiHH.bi/ S. \V. Uiuiuill ii. D. Juurnai of tAc N. U. B. oflht itojni Atial. Soc. 1880. — New «cm». N" XV. j.. 135 ci uq. fig. 155.