DRE
pe A A VE mm ee gr — ER
Le Present. 43
remous, et se hèler les uns les autres à plus de cent mètres de distance.
Pour se rendre au lieu du concert, on était obligé, tant la presse était grande, de marcher à un pas de procession, à la queue leu leu.
Vers le milieu de l’île, au fond d unesorte de vallon entouré d'arbres, s'élevait, au milieu d'un vaste cercle, l’estrade occupée par les 600 exécutants des vingt-trois corps de musique, et les sept cents choristes.
M. J. B. Labelle, organiste de Notre- Dame, armé d’un bâton d'ébène aux bouts garnis d’argent, dirigeait ces volontaires de l’art. Disposés en amphithéâtre, des rangées de bancs offraient aux personnes qui ne voulaient perdre ni un mot des paroles, ni une note d’un air, des siéges assez commodes, et cela pour un demidollar.
Entourant l'orchestre, la foule bigarrée :
lies hommes en habits de fêtes, les femmes en fraîches toilettes d'été, les bambins et les bambinesavec leurs cheveux flottants ; tout ce monde bruyant,joyeux,aux visages épanouis, circulant dans les allées ou s’ébattant sur l'herbe, arrêta tout à coup ses cris, ses jeux, sa marche. Le bâton du
mage ee re 18
pong ur eo tin DIE cd 5 PSP dd EN Épgtns à p orn rmnr éti
L'Ile Sle. Helène.
chef d'orchestre venait de frapper sur le bois du pupitre les trois petits coups secs qui servent d’avertissement préparatoire.
Le concert allait commencer.
De ce jour et de ce moment, 2 juin 1874, date, en tant que parc public, l’inauguration solennelle de l’île Ste. Hélène. Six cents choristes, vingt-et-un corps de musique et une foule de plus de six mille personnes, consacrèrent, non point la prise de possession, mais l’entrée en jouissance du nouveau parc par la ville de Montréal.
Les membres du comité chargés d’organiser ce concert étaient MM. L. O. Taillon, Président ; G. A. Drolet, Sec.-Trés. ; J. B.
Labelle, Dr. Lachapelle, H. Bourgoin, Ad.
Ouimet. Sur le programme contenant les morceaux de musique exécutés en ce jour mémorable, figurent de vieilles chansons nationales que les vieillards de l’ancienne France se rappellent seuls encore: Vive la Canadienne, À ia Claire Fontaine, Par derrière chez mon Père, En Roulant ma Boule, A St. Malo.
L'année précédente, le jour de la fête de St. Jean-Baptiste, 24 juin 1873, une autorisation spéciale du ministre de la Milice, avait permis à l’Union T'ypographique Jac-
ee 2 ne 0 0 D DO 0 0 eee
Le Present. 45
ques-Cartier, de célébrer son pic-nic annuel sur l'ile. Le Montarville, ayant à son bord les membres du comité de de l’Union, $S.
H. le Maire Barnard, le Président de la Société St. Jean-Baptiste, l’Hon. Juge Coursol, les membres de la Corporation, près de deux mille invités parmi lesquels MM. R. Roy, avocat; I. N. Duvernay, le Dr. Mount,G. A. Drolet, Stevenson, Lovell, I. W.Tessier, passèrent la journée sous les ombrages de Pile.
L'administration militaire de la Puissance ne s’est point en effet désaisie de ses titres de propriété ; elle a simplement concédé à la ville un usufruit temporaire révocable à son bon plaisir, et cela sous les conditions suivantes:,
La Corporation devra tenir sous bonne garde les poudrières et autres constructions militaires ; empêcher la destruction des arbres et des clôtures, prohiber la vente des boissons alcooliques, et défendre d’allumer des feux; ne point permettre l'admission du public sur l’ile avant kuit heures du matin, ni y souffrir de visiteurs une fois le soleil couché. Toute construction, bitisses, murs ou autres ouvrages ne pourront être érigés sur
nn ed
AG L'ile Sle. Helène.
l'ile sans l’autorisation du département de la Milice, lequel, en cas de guerre, se réserve le droit de prendre l’île sans être tenu à aucnne indemnité pour les travaux exécutés par la ville. Il demeure entendu que l’usage de l’île n’a été donné qu’à la condition expresse d’entourer d’une clôture les constructions militaires y existant actuellement et d’en interdire l’entrée au public. Ce’st aussi à la Corporation qu’incombe la charge d’entretenir une police spéciale pour veiller à l’exécution de tous ces réglements.
Ces conditions, soumises au Conseil dans le rapport annuel de Son Honneur le Maire Barnard, furent adoptées dans la séance du 9 février 1874.
Tous les bâtiments appartenant à l’administration militaire et qui s'élèvent dans maints endroits de l’île, figurent sur la carte jointe à cette brochure ; et le lecteur, soit qu’il veuille connaître leur nom ou leur position, n’aura qu’à référer aux lettres ou aux numéros du sommaire explicatif. .
Quant aux mortiers, canons, obusiers, appareil belliqueux qui contraste si étrangement avec les aspects champêtre du
Le Present.
parc, les uns servent aux saluts officiels, aux exercices du tir; les autres, démontés, attendent dans un repos pacifique un emploi digne de leur calibre.
Parmi les premières pièces, ainsi qu’une attentive inspection à pu nous en faire juger, se trouvent 11 canons de 24 sur affûts de fer; 2 canons de 32 sur affûts de bois.
Les secondes, en réserve, comprennent :
Puisque nous nous occupons du dénombrement des propriétés de l’administration militaire, mentionnons la disparition d’un bâtiment de trois étages construit en briques et pierre, et dévoré la veille de Noël, l’année 1875, par un incendie dont on apercevait les lueurs de chaque côté du fleuve. Connu sous le nom de mess, cet édifice, primitivement quartier des officiers, avait été transformé en caserne, C’est là que logeaint les volontaires de la Batterie
ah RS an à CRE AE MMA TÉERAÈIETS
‘ B°', alors stationnés à l’ile, sous le commandement du capitaine Devine.
Uneautre dépendance de lamème administration, c’est le petit cimetière situé au milieu de l’Allée des GCrmes, un peu en arrière du Rond-point Dufferin. Dans ce
petit enclos d'environ huit cents pieds de superficie, qu’ur orme et quelques acca- | cias protégent üu soleil, dorment huit à |
dix Sous-officiers et une vingtaine de soldats anglais morts dans l’hôpital militaire de l’île. Quelques enfants et trois ou quatre femmes de militaires laissent aussi lire leurs noms sur la pierre qui les couvre.
Moins un ou deux, tous les noms inscrits sur les tombes sont irlandais, et chacun des régiments qui ont campé sur l’île a laissé là quelqu'un des siens, comme une marque deson passage,
Le feuillage vert sombre de quelques nuoyers. ies hautes fougères qui croissent entre les tombes toutes noircies et fendillées par le temps, le souvenir de ces jeunes soldats tombés obscurément loin de leur pays, éveillent dans l’âme des promeneurs des pensées graves, une sorte de mélancolie non sans charme et qui, par son contraste même avec les enchante-
A a dr TG RAR LE
EE 1, nes ane sera
ou PR ur