‹ L'Ile Ste. Hélène, passé, présent et avenir [microforme]Chapitre 8 sur 58 · SON AGE · texte numérisé non relu

SON AGE

De même que la vieillesse se reconnaît chez les êtres vivants à des signes certains, ainsi l’âge des terrains s’atteste par d’irrécusables témoignages géologiques.

Entre la formation de l’île de Montréal et celle, beaucoup plus récente, de l’ile Ste. Hélène, les observations de la science comptent un immense période de ‘emps.

On suppute ces longs intervalles en comptant les siècles, les milliers d’années parfois qu’a exigées la formation de certaines couches. Dans lé cas particulier qui nous occupe, c’est en calculant le temps nécessaire à la formation de couches absentes dans l’île Ste. Hélène, et présentes dans l’ile de Montréal, que les

Géologie. 25 savants ont pu établir l’acte de naissance des deux sœurs.

Ainsi l’ile de Montréal comprend six couches de terrains, disposés comme les feuillets d’un livre; savoir, en procédant de bas en haut: les formations de Chasy, de Bird's Eye, de Black River, de Trenton, d’Ucica. Cette dernière, la plus jeune de .

toutes, est celle sur laquelle coule le St.

Laurent, et qui forme le soubassement même de l'ile Ste. Hélène. Par l’excessive lenteur que chaque couche met à déposer son sédiment, on peut approximativement calculer le nombre d’années qu’a demandées chaque formation.

Le signe et la preuve de l’âge respectif des deux îles se montrent dans la partie occidentale de l’ile Ste. Hélène, à fleur de terre, sous la forme de deux petits bancs de rochers de la formation Helderberg.

Les fragments de cette couche laissent au-dessous d’eux, lorsqu'on veut connaîitre les terrains qui la séparent de la coucle la plus superficielle de l’île de Montréal,six formations différentes ayant une épaisseur de plus de 2,000 pieds.

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En comimençant de bas en haut, le nom et l’ordre de ces terrains sont les suivants : Hudson-River.

Médina.

Clinton.

Niagara.

Guelph.

Orondaau«.

Cette superposition donnerait à l’ile Ste. Hélène environ deux cent miile années de bénéfice sur son aînée l’ile de Montréal. Comme l’on voit, et toute coquetterie à part, cela vaut 1a peine d’être compté.

Les roches calcaires de la formation Helderberg situées su” l’île, contiennent bon nombre d'animaux et de plantes fossiles dont les noms, la monographie et la classification, œuvre de notre savant paléontologue canadien, M. Billings, se trouvent ci-après, au chapitre Paléontologie.

A ce propos, une citation, dont l’oubli accuserait autant notre ignorance que notre défaut de patriotisme :

‘A notre pays revient l'honneur d' avoir pu signaler le premier être vivant connu jusqu’à ce jour

pour avoir habité le monde, l' ÆEozoon Canadense, Dawson. Sir W. Logan avait le premier fait con-

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Géologie 27

naître le terrain Laurentien, rcohe métamorphique qui repose immédiatement sur L granite et où se trouve l'Eozoon, et M. T. W. Dawson, principal de l'Université MeGill de Montréal, est celui qui le nomma et le décrivit en 1865, sur des échantillons recueillis au Grand-Calumet et à Grenville. C’est dans la seigneurie de la Petite-Nation, sur le 3e lot du rang St. Pierre, qu’on a trouvé depuis les échantillons les plus parfaits de ce fossile.

‘* La découverte du plus ancien terrain stratifié connu, le Laurentien et celle de l'£Eozoon, jetèrent un tel émoi parmi le monde savant, que le célèbre Sir Chs. Lyeil, ne craignit pas d'avancer, à l'égard du dernier, dans la réunion de l'Association Britannique pour l’Avancement de la Science, tenue à Bath en 1864, que c'était sans contredit la plus grande découverte géologique de son temps.” (1}:

Ce que l’île offre aussi de remarquable, ce sont ic, blocs erratiques disséminés cans l’intérieur et sur les contours de ses rivages. A voir ces masses posées dans toutes sortes d’attitudes, les unes de couleur sombre, les autres affectant des tons fauves ou gris d’argent, on les prendreït, pour des molosses accroupis, gardiens jadis vigilänts, mais aujourd’hui immobiles de l’ile, et qu’une divinité jalouse aurait métamorphosés en rochers.

(1) Naturaliste Canadien, Sept. 1873, (l'Abbé Provancher.)

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A l'Ile Sle. Hélène.

Quant à la manière dont ces masses, véritables curiosités gé 'ogiques, ont été transport£es sur l’île, & : :. grâce au mode ordinaire propre aux périodes anciennes, par le charroi des glaces.

Il existe partout en Canada, comme ailleurs du reste, des milliers d’exemples de ce genre de charriage.

Ainsi, pour ne citer qu’un cas, on peut voir, encore aujourd’hui, incrusté dans le flanc occidental de la montagne d’Yamaska, à une hauteur de plus de cinq cents pieds, un énorme bloc de di: ‘'‘‘1e, mesurant au-delà de mille pieds *. : 5.

Cette roche erratique provi:1it d’une montagne de fcrmation identique sit'ée sur les côtes du Labrador. C’est de cetie distarice de trois centslieues que les glaces l’ont charriée à Yamaska.

TERRAIN DEFOR 'ATION.

Nature du terrain.—Congi:nérat à pâte, dolomitique férug:ueuse.

Résultat donné par l’analyse chimique du conglomérat :

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Espèces des roches contenues dans le 1 conglomérat dolomitique de l’ile : 1 Grès blanc, (formation Potsdam.) Î Grès rouge, (formation Médina.) il Schistes ou ardoises Schistes noirs, (formation Utica.) 1 Calcaire, (formation Trenton, Chasy, Hud- 1

son River.

Ces divers fragments, arrondis ou angulaires, ont une grosseur variant entre cinq à six pouces; quelques bincs atteignent un volum <° 15 à 30 tonnes.

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