Cf. P. Girard, op. cit
sanctuaire non plus n'avait pas un aspect différent à Rome et dans les cités helléniques. L'ile tibérine possédait un véritable Asklépieion imité de la Grèce, et tout particulièrement d'Epidaure.
Peut-être y avait-il dans l'île, à côté du temple d'Esculape, un bois sacré'. Sur le médaillon déjà cité d'Antonin le Pieux, un arbre apparaît à l'arrière-plan, au milieu de plusieurs édifices. Dans le style symbolique et convenu des graveurs anciens, un seul arbre suffit à indiquer la présence d'un bois^.
L'existence des portiques sous lesquels les malades venaient passer la nuit, attendant les révélations mystiques'^, est mieux attestée. Tite-Live et Plutarque les mentionnent dans les mêmes termes à peu près ^ : le sol de l'ile, formé d'abord par les moissons de Tarquins jetées dans le Tibre, devint par la suite assez ferme, grâce au travail des hommes, pour qu'il pût soutenir des temples et des portiques. La place que ces derniers occupaient dans l'antiquité n'est pas douteuse, la disposition même du terrain la fait connaître : ils s'étendaient à droite et à gauche et ils allaient en divergeant vers le nord, suivant la ligne des berges.
Il ne reste plus rien ni du bois sacré ni des portiques. Il se pourrait, au contraire, que la source antique fut encore en place. D'après Vitruve, il était nécessaire d'élever les temples, et tout spécialement ceux dos divinités guérisseuses comme Esculape et Salus, en des lieux salubres et près des sources •^. Les Asklépieia répondaient toujours à ces conditions '\ Le basrelief du palais Rondinini nous montre que le sanctuaire de l'île tibérine ne faisait pas exception à la règle et qu'il contenait une source : elle est figurée, d'après un procédé symbo-