O. Gilbert, op. cit., t. III, p
1. Sur le temple de Faunus dans l'île tibérine, voir : Kiepert-Huelsex, Nomencl. topofjr., p. 78; — Homo, Le.r. de topogr. rom., p. 562; — G. I. L., I, 2' éd.; — Jordan, de Aisculupii, Fauni, Vejovis Jovisque sacris url>anis. dans les Commentaliones in honorem Aîommseni, p. 3o9.
pour y reconnaître les vestiges du sanctuaire de Faunus'. Ficoroni, qui a pu voir encore ces ruines au xviif siècle, est du même avis 2. Il ne reste plus actuellement aucune trace de l'édifice.
Style de l'édifice. — Du texte de Vitruve examiné précédemment il résulte que le temple de Faunus dans Tile, comme celui de Jupiter, était prostyle '^.
Date de la construction. — C'est un 43 février qu'il avait été dédié : la fête annuelle rappelait la cérémonie de l'inauguration et se célébrait au môme jour. Nous savons par Tite-Live en quelle année on le consacra au culte. Cn. Domitius Ahenobarbus et C. Scribonius Curio, édiles plébéiens, citèrent devant le peuple en 558/196 plusieurs fermiers des pâturages deVager publicus, pecuarii, qu'ils accusaient de concussion ou de retard dans le paiement des fermages. Trois de ces pecuarii furent condamnés. Avec l'argent des amendes les édiles firent bâtir un temple au dieu Faunus in insula'* Deux ans plus tard, Cn. Domitius Ahenobarbus, l'ancien édile de 558/196, devenu préteur, procéda lui-même à la dédicace ^.
Multaticium argentum. — Très souvent à Rome le produit des amendes servait à construire ou à décorer des sanctuaires ; les édiles curules ou plébéiens, qui étaient chargés d'intenter les poursuites dans l'intérêt de l'Etat et de faire prononcer les condamnations, présidaient à ces travaux. Le temple de la
1. Voir notamment : Barth. Mauliam, Urbis Ro)nœ topogr., 2'' éd., Rome, 1544, V, 16 : (Templum Fauni) cujus vestigia qusedam adhuc cernunlur; — Lvc. Fauno, de Antiquit. roman., V, 4, dans le Novus Thesaia: Antiquit. roman., de Sal- LEXGRE, t. I, p. 298 : In insulse prora Faunus habuH templum, cujus modica sunt vestiyia; id flumine corrodenle puulatim interiU.
2. Ficoroni, VesHgia e rarilà di lioma, t. 1, p. 42 : (on voit à la pointe nord de l'île) rovine di fabbrica antica composta di gran pezzi di pietra dove seconda Livio era il tempio di Giove Licaonio e di Fauno. — 11 est nécessaire d'ajouter que peut-être les murs signalés par les érudits du xvi« siècle et par Ficoroni étaient-ils simplement des débris du revêtement en pierre de l'île tibérine. Voir plus haut, p. 34.