L ILE TIBÉRINE A L ÉPOQUE IMPERIALE
Q[iiinti) Critoni C{ake) l{il)erti \ Dassi \ scalpions uclari \ sihi suisque poster{isqne) \ eor{ifm).
« Critonia Philema, affranchie de Quiutus, popa de insiiia, ancienne esclave de Q. Critonius Dassus^, affranchi de Caia, graveur en métaux et orfèvre-, a construit ce monument pour elle, pour les siens et leurs descendants. »
L'affranchie Critonia Philema était popa de insida. On donnait le nom de popa à un victimaire-*. Nous n'avons pas d'autre exemple de l'emploi de ce terme au féminin. Quelle était Vinsida oîi Philema exerçait sa charge rehgieuse? Le mot insida peut désigner un îlot de maisons ou l'ile tibérine. La seconde interprétation est préférable*. Critonia Philema devait être attachée à l'un des temples d'Escnlape, de Jupiter ou de Faunus.
1. La forme gr-nitive indique que Philema a été soit l'esclave, soit la femme (le Q. Critonius Dassus. La première hypothèse est la meilleure : seules les femmes de grands personnages faisaient suivre leur nom du nom de leur mari au génitif sans ajouter le mot conjux.
2. Le mot uclari est embarrassant. Orelli croit (ju'il faut lire v{as)clari ; le vuscularius était un fabricant de vases en métal ou un orfèvre.
3. Voir les exemples cités par Fohcellini-de Vit, Lexicon, s. v.
4. C'est celle qu'adopte R. Lanc.iaxi ; à la feuille 28 de sa Forma Uvbis Romœ il cite cette inscription parmi celles qui intéressent l'île.