‹ L'île tibérine dans l'antiquitéChapitre 47 sur 237 · Voir les Acta Sanctorum, août, t. V, p · texte numérisé non relu

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2. Cf. Gkraud, Paris sous Philippe le Bel (dans les Docicm. ine'd. de Vhist. de France), Paris, 1837, p. 29:5, 385, 400.

3. Acta Saxctokum, loc. cit., p. 40 {Oratio encnmiastica de S. Barfholomseo apostolo) : Oporlehat eos remunerari magislrum salvalorem et medicum.

4. Sur la légende de saint Emigdius, voir ci-dessous, p. 2'fO.

5. Acta Sanctoku.m, loc. cit. {Acla fabulosa S. Bartholomaei, par le Pseudo- Abdias), p. 34 : In hoc idolo dsemon lalis erat qui diceret se curare languentes etcwcos... illuininure : — ibid., Cumque jam plénum essel languentibus lempliim et quotidie sacrificanlibus nullum daret secundum consueludinem responsum infinni ex lo7if/inquis regionibus adducli jacebunt ; — p. 37 (Jésus nous a donné le pouvoir) H< infirmas salvaremus, csecos illuminaremas, leprosos mundarenius, paralyticos absolveremus, dtemones fugaremus et suscilaremus mortuos.

qu'il avait parcourus, aurait été choisie pour donner son nom à

nie.

La Lycaonie province romaine. — L'étjmologie des noms de lieux est souvent difficile à déterminer exactement. Ils sont loin d'avoir tous une origine officielle. Un grand nombre d'entre eux ont été imaginés, à contre-sens quelquefois, par la foule anonyme. Un incident oublié de la vie d'une cité, un détail do décoration dans un édifice maintenant disparu ou transformé, ont suffi à faire surgir des dénominations nouvelles qui nous surprennent et dont l'explication véritable nous échappe. On pourrait puiser dans une étude de la ville de Rome aux premiers siècles du christianisme, maints exemples à l'appui de cette observation générale. « Au moyen âge tout est désordre dans la topographie de Rome ; nous rencontrons dans la biographie des papes certains noms de régions inconnues autrefois et depuis, tels que VUrsiis pileatus sur l'Aventin, la Gain fia alha entre le Quirinal et Subure, Capiit tauri la porte Saint- Laurent qui était ornée de têtes de taureaux ^ » Le carcer Marner timis, le lieu dit ad 1res Palmas sur le Forum romain, et bien d'autres encore appartiennent à la même catégorie. On doit y faire rentrer aussi V insula Lycaonia . Il paraît certain, d'après la forme du mot, que l'île tibérine doit cette dénomination soit à Lycaon, soit à la Lycaonie; dans l'antiquité, quelque monument de l'île, une statue sans doute, devait rappeler le roi d'Arcadie Lycaon ou la contrée de Lycaonie. En l'absence de documents décisifs, nous n'avons aucun moyen de nous prononcer avec certitude entre les deux étymologies. La première serait peut-être grammaticalement plus correcte : Vinsula Lycaonia est plutôt l'île de Lycaon que l'île de Lycaonie; on aurait dû dire dans l'autre cas : insula Lycaoniœ. Mais au temps du Bas-Empire la populace romaine ne se préoccupait guère de la correction grammaticale ni des règles de la syntaxe. Si l'on adopte la seconde étymologie, point n'est besoin, pour rendre compte de l'expression, de faire intervenir témérairement la légende et le culte de saint Barthélémy. Une hypothèse plus simple permettrait de résoudre le problème. La Lycaonie ne fut érigée en province romaine indépendante

1. S. 13i:ii(iKn, Home calholique, dans VEncyclop. des sciences 7'elif/., t. XI, p. 283.

L INSL'LA LYCAOMA 87

qu'aux environs de l'année 373 après l'ère chrétienne*. L'un des deux ponts de l'île tibérine, l'ancien pont Cestius, fut reconstruit à cette époque par les soins des empereurs Valens, Valentinien et Gratien. L'inscription (^u'il porte est datée de l'année 370 -. Il était décoré, selon l'usage, de statues. Il n'est pas impossible que l'une d'entre elles fût l'imago de la Lycaonie personnifiée, ou qu'un petit monument du voisinage rappelât l'organisation de cette province contemporaine de la réfection du pont Cestius. Par une extension abusive, le nom (ï insida Lycaonia fut appliqué ensuite à l'île tout entière.

Le dernier texte antique qui concerne l'île tibérine est la lettre écrite par Sidoine Apollinaire vers 469, un siècle après l'inauguration du pont Cestius restauré ; elle y est nommée iïisula serpentis Epidaurii; l'expression insula Lycaonia n'était pas encore créée, ou, du moins, les gens instruits, comme Sidoine, restaient fidèles aux vieilles appellations. Bientôt ce})endant le nom nouveau se répandra peu à peu ; un siècle encore, et il sera seul usité ; l'antiquité le léguera au n)oyen âge.

1. GoYAu, Chronol. de VEmp. rom., p. 543; — M^'Duciirsxk, dans les M<;7fl«//es Graux, Paris, 1884, p. 136; — Lkxai.n de Tillemont, Hisl. des Emp., t. V, éd. de noo, Paris, p. 99. — Saint Basile dans une de ses lettres (Basil., Epist., CXXXVIll, 2, publiée par Migxe, Palrol. grecq., t. XXXII, p. 3803) parle de la Lycaonie, dont Iconium était la métropole, comme d'une province formée depuis peu par le démembrement des provinces voisines : 'I/ovtov ttoXi; èorl Tf|Ç IltatSt'a; to [aev TraXatôv [xErà Tr,v (j.EvtTTriV r, TipwTr) vCv ôè y.ai aùtfj 7tpoy.â6r,Tat [xépo'Jî o, è% 5taç6pti)v Tt!i.Yi[AâT(i)v ayvaxôàv, ÈTrapyta; ISsa; o!xovo(i!av èSéEato.

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