‹ L'illusion de fausse reconnaissanceChapitre 34 sur 94 · et 8. — Mémoire médiocre. Distrait, oublie vite · texte numérisé non relu

et 8. — Mémoire médiocre. Distrait, oublie vite

9 et 10. - De préférence en des circonstances nouvelles. Cependant ne l’a jamais observé en voyage.

11 et 12. - Le plus souvent, c’était chez lui, dans son domicile ordinaire, et plutôt dans la solitude que dans une assemblée nombreuse.

13,14,15 et 16. - Aucune des circonstances mentionnées n’a paru avoir la moindre influence. L’état intellectuel et moral étaient toujours absolument insigniflants.

20 et 21. - Durée toujours trop courte pour pouvoir être évaluée. — 22 et 23. - Non.

24. -Ni terreur, ni ennui, ni oppression, ni vertige. Pas non plus d’angoisse à proprement parler, mais malaise, inquiétude, impatience. En somme, état comparable à celui où l’on se trouve lorsqu’on cherche un mot qui échappe.

25. - A. B..., éprouve quelquefois, mais seulement, en dehors des phénomènes de paramnésie, un sentiment vague d’oppression, s’accompagnant de cette impression qu’ « un malheur va arriver». 11 se trouve ainsi, pendant un temps plus ou moins long, très oppressé, très inquiet, très angoissé même.

26. - Il ne peut établir entre les deux phénomènes aucune relation, même dans le temps. L’impression d’angoisse est d’ailleurs beaucoup plus fréquente chez lui que la paramnésie.

27 et 28. - Sa volonté est sans action sur le phénomène qui s'impose absolument à lui.

29, 30,31 et 32, - Non.

33et 33 ÔÎ5. - A. B..., connaît parfaitement l’impression à'isolement. Il a même inventé pour la désigner l’expression « Isolement cosmique ». Jamais chez lui cette impression n’a

accompagné la paramnésie. Il la considère comme une chose très différente, qu’il voudrait classer tout à fait à part. Cette impression est souvent chez lui très angoissante. Aussi loin que remontent ses souvenirs, il y a toujours été sujet. Elle survient sans cause apparente. Il se souvient entre autres d’un cas où elle survint alors que seul dans une pièce, et occupé à regarder dans un microscope, il répondait à une personne qui lui adressait la parole, de la pièce voisine.

.35. - Très distrait. Aucune tare névropathique.

Observation 47

A. L..., H. 20 ans.

Elève à l’École Polytechnique.

1. -Il m’est arrivé quelquefois d’éprouver le sentiment constituant le phénomène dit « fausse reconnaissance » mais jamais il n’a pris chez moi des proportions inquiétantes et a été en général très fugitif... Les rares fois que je l’ai éprouvé, je m’y suis intéressé... et j’ai cherché à l’analyser...

2. - « C’est plutôt chez moi une impression immédiate de reconnaissance portant sur le total des perceptions. Il me semble avoir éprouvé parfois, étant dans un salon, ou ailleurs, que je reconnaissais le milieu et les circonstances où je me trouvais, et jusqu’à mes actions et à mes paroles, cette’ impression ne durait qu’une fraction de seconde, je me souviens de l’avoir éprouvée au moins deux fois, mais sans me rappeler les conditions précises de son apparition. J’ai plus souvent cru reconnaître mes propres pensées, sans en séparer néanmoins le monde extérieur qui semblait comme en faire partie... Le phénomène paraissait porter sur le total des per-

ceptions, et je n’ai jamais cru reconnaître un objet tout seul^ ce qui serait un jugement de ressemblance partielle.

3, - Probablement entre 10 et 14 ans.

4. - Il y a un an. — 5. - Non. — 6. - Ma mémoire est plutôt bonne, quoiqu’elle ne soit pas exceptionnelle.

29. - Non. — 32 et 32 Ms. - La question n’a pas été comprise.—36;

I. — Il y a de cela deux ans, j’étais en mathématiques spéciales. C’était un soir que je venais de faire une visite à mon professeur de physique, du côté de la rue de Courcelles ; et jerentrais à la maison à pied, marchant vite, selon mon habitude, à travers les rues déjà sombres ; j’habitais non loin de l’Arc de Triomphe. Je passai à côté d’une voie de chemin de fer, il y avait partout de petites lumières... et le ciel était d’une belle couleur de coucher de soleil. Il me semblait que j’avais vu tout cela à une époque très lointaine ; je ne reconnaissais pas Paris, et je croyais être dans une autre ville que j’avais connu autrefois, mais cette impression était un peu vague... ; j’étais, non pas oppressé, mais impressionné ; la lune était pleine ; je me retournai plusieurs fois pour la regarder^ Enfin, j’arrivai à la maison, je montai les quatre étages, e^ j’entrai dans l’antichambre. C’est à ce moment que j’éprouvai le sentiment de fausse reconnaissance ; de la façon la plus intense : je remarquai particulièrement le lustre, dont un bec était allumé à peine ; il n’y avait personne à la maison, la. salle était sombre ; je regardai, et je tj*ouvai tous les objets étranges. Il me semblait que j’entrais pour la première fois dans cette maison, que je connaissais pourtant depuis bien des années, et je l’examinais comme si j’avais été en voyage^ mais avec une insistance particulière ; j’éprouvais une espèce

de serrement de cœur, et il me semblait que j’avais vu tout cela en un temps très ancien, et il me semblait que je m’étais étonné autrefois, comme ce jour même de ne pas reconnaître des objets que je connaissais.

« J’assistais en même temps à mes mouvements et à mes pensées ; je m’analysais et je trouvais mes impressions étranges, et je crois pourtant qu’elles ont persisté une dizaine de minutes en s’affaiblissant. J’avais regardé machinalement ma montre en entrant ; je la regardai de nouveau, et c’est ainsi que je me rendis compte de la durée du phénomène...

« Rien ne m’avait particulièrement frappé dans la journée, et je n’étais ce 'soir-là ni gai ni triste, mais dans un état d’esprit normal. »

II. — « J’ai éprouvé l’impression de fausse reconnaissance deux fois, dans une certaine région du boulevard Haussmann, entre l’aveuue Friedland et la place Shakespeare ;

« La première fois, c’était il y a deux ans, j’allais passer dans quelques mois sur les examens d’admission à l’Ecole Polytechnique. J’avais peut-être l’esprit un peu fatigué ce jourlà. Il me sembla subitement que j’avais passé en cet endroit plusieurs siècles auparavant. J’analysais en même temps cette impression qui s’affaiblit beaucoup, mais tant qu’elle dura, j’eus le sentiment que j’assistais à mes actions commises ; elles étaient inévitables, et l’impression vague que je prévoyais ce qui allait arriver, mais sans qu’aucun fait précis se présentât à ma pensée.

« Une autre fois, au même endroit, j’eus les mêmes impressions, mais considérablement affaiblies. C’était l’année suivante, à peu près dans les mêmes conditions.

« Quelques mois plus tard, je passai au même endroit, et je

songeai à mes deux premières impressions ; je voulus les renouveler, mais cela me fut impossible.

Observation 48.

Mario PiLO, H. 38 ans.

Professeur d’histoire naturelle au lycée de Belluno (Italie) et professeur libre d’esthétique à FUniversité de Bologne.

1. - Oui. Pas de localisation à une époque plutôt qu’à une autre.

2. - << Reconnaissance immédiate et totale, portant surtout sur des faits extérieurs, des discours entendus ou prononcés, es lieux, des gestes vus ou faits, des sons, des voix très nettement perçus. Presque pas sûr des. émotions ou des états d’âme, sinon purement intellectuels.

« J’ai plusieurs fois cru reconnaître des fragments de lectures, des discours mentaux, des raisonnements intérieurs, comme s’ils avaient été faits autrefois dans les mêmes circonstances, et déterminés parles mêmes perceptions extérieures ».

3. 4 et 5. - Ne sait pas à quel âge il a éprouvé cette impression pour la première fois.

Fréquente pendant l’adolescence.

Rare actuellement quoique cela n’ait pas complètement cessé.

6, 7 et 8. - Mémoire mauvaise « avec des étranges éclipses et des exaltations partielles et éphémères ».

« A l’époque où les paramnésies furent le plus fréquentes chez- moi, ma mémoire était encore pire, mais les accès d’hypermnésie sensorielle et émotionnelle sont plus fréquents ».

Leroy. i2

9 et 10. - De préférence, il me semble, dans des circonstances ordinaires.

11 et 12. - Danslaeolitude, ou en famille, ou entouré d’amis peu nombreux, un ou deux au plus ; jamais dans le monde.

13,14,15 et 16. - Peut-être dans un état de fatigue légère, le soir après une journée de travail intellectuel ; quelquefois pendant une promenade à la campagne ; souvent, en lisant, en lécoutant lire, en écrivant, ou en prenant part à une discussion littéraire ou philosophique.

17. - Oui ; il arrive souvent, en rêve, encore aujourd’hui de me dire que les mêmes choses me sont arrivées déjà, dans les mêmes circonstances, avec une exactitude absolue de détails souvent aussi, il ne s’agit que de ressemblances, ou de continuation de rêves commencés une nuit précédente. Ma mauvaise mémoire fait que je ne puis décrire aucun de ces rêves; mais il s’agit presque toujours de scènes de voyage (Trains ou bateaux manqués, tickets perdus, embarras pour les bagages...) ou des discussions d’art ou de science.

18 et 19. - A l’époque où la paramnésie était la plus fréquente chez moi (pas plus de 3 ou 4 fois par an) je prenais presque tous les jours du café ou du thé; à présent je n’en prends plus que par exception.

20 et 21, - Durée très courte, que je ne saurais préciser ; de quelques secondes, à une minute au plus.

23. - Peut-être que oui ; mais je n’en garde qu’un souvenir très vague et obscur.

24, — Etat un peu pénible, malaise, résultant du doute où e suis d'abord si c’est un souvenir réel plus ou moins altéré, ou si c’est une erreur de mémoire, ainsi que de l’inexplicabilité du phénomène.

25 et 26. - Il me semble que non.

27. -Absolument non. Tout effort en ce sens n’a produit que l’effet contraire,

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