Le fait rapporté dans « Mystères » est un fait réel
déformé en ce sens que le décor a été changé mais au point de vue purement psychologique, il est exact ; voici les parties essentielles du récit : « Nous nous promenions V..., et moi dans le grand parc au matin de Pâques. Des cloches, loin, sonnèrent... et songent à l’antique légende: « Les cloches sont revenues de pèlerinage, dis je en me tournant vers V...,je m’arrêtai étonné, presqu’effrayé de l’expression de son visage. Il semblait avoir perdu connaissance, et très pâle, un peu chancelant, regardait fixement devant lui, « soutenezmoi» ,me dit-il. Et tandis que je lui prenais le bras:
« Ne vous effrayez pas, ajoutat-il, ce n'est rien, je vous expliquerai Oh!quel étrange vertige... Ce n'est rien, encore une fois, cela s'en va ! (1) », (p. 259).
« ...Les cloches ont sonné... Avais-je eu de pareilles cir- < constances,' dans le même décor d’un beau parc, par un sem- « blable matin radieux dans une allée pareille, près d’un « même banc de pierre et de mousse, entendu jadis sonner les «cloches de Pâques? Je ne sais... Toujours est-il qu’au bruit « des cloches, il s’est produit, j’ai senti se produire en moi « une sorte de déclanchement qui a supprimé tout le passé « entre cette minute d’autrefois et la minute où j’étais. »
« J’ai senti que j’avais déjà fait tout ce que je faisais, éprouvé « tout ce que j’éprouvais, parlé intérieurement tout ce que je « me disais à moi-même dans un moment semblable ; que « j’avais déjà fait ces gestes, tous exactement, dans le même « ordre, en entendant sonner des cloches, touché une bran- « che, poussé un caillou, tourné la tête, tandis que les clo- « ches sonnaient avec la même succession de notes sous