Avec Egger, à Nancy
2 hernies du matin, après une journée de fatigue, mais dans un moment de conversation très reposante, nous entrons dans une salle de boulangerie, que je connaissais de vieille date, avec un poète que j’avais vu et lu depuis longtemps, mais avec qui je me trouvais pour la première fois personnellement et un peintre que je voyais pour la première fois, et dont j’ignorais même le nom. A peine installé j’ai l’impression, très vive, ciolente même que j’ai déjà vu toute la scène, et que ce doit être en rêve, la nuit précédente ou l’autre.
Agacement habituel, recherche pour localiser le souvenir, abandonnée à cause de la conversation, mais vaguement reprise en sortant seul, et les jours suivants.
' Observation 5:3.
Etudiante en philosophie.
1. - Depuis quelque temps j’ai C3ssé d’éprouver ces phénomènes. Je ne me leo rappelle qu’avec ce caractère de rêve qu’ils avaient alors pour moi.
2 - C’était nettement une impression de reconnaissance, portant sur le total des perceptions, sur l’Empfindungston, sans rien d’un jugement, les opérations de l’esprit semblant alors engourdies. La paramnésie s’accompagnait d’un bouleversement de la notion du temps, l’ordre de succession perdant tout sens. A ces altérations toutes subjectives de la notion de temps, de succession, très obscures, et sur lesquelles se porte depuis longtemps mon attention, me semblent pouvoir se ratcacher les pai'amnésies.
Leroy
3 et 4. - Entre 18 et 24 ans, mais je crois que j’éprouverai encore ces impressions.
5. - Je crois que cela s’est produit aux époques de moindre activité intellectuelle régulière, et de plus grande méditation, c’est-à-dire aux époques où je pensais plus que je ne travaillais d’une façon presque méthodiquement réglée.
6. - Ma mémoire est moyenne ; elle a eu un temps d’éclipse. Elle s’est profondément modifiée à mesure de mon développement intellectuel : diminution apparente, sorte de sélection(les seuls souvenirs conservés étant ceux qui ont été parfaitement exposés par M. Bergson. « Mémoire consciente perd en étendue ce qu’elle gagne en pénétration... ». Je n’ai à aucun degré la mémoire spontanée, je suis à l’antipode de la « desultory memory » de James, je suis incapable de retenir trois mesures d’un morceau par cœur, après avoir jusqu’à l’âge de 18 ans pu retenir sans difficulté des fugues de Bach. C’est après la perte de cette « mémoire mmtrice automatique » que j’ai commencé à éprouver des paramnésies. Ma mémoire était donc auparavant, surtout autre (plutôt motrice que représentative, pour conserver la distinction de Bersgon).
9. - C’était lorsque Funiformité de ma vie était interrompue (cessation brusque d’un long travail, etc.).
13. - Les phénomènes se produisaient dans un état de dépression entraînant distraction après tension intellectuelle.
17. - Jamais éprouvé en rêve. D’ailleurs je ne rêve jamais, (ou mieux, je n’ai jamais au réveil les souvenirs de mes rêves).
24. - Cela s’accompagne d’un sentiment pénible : difficulté de comprendre le phénomène éprouvé, certitude que mes efforts ne serviront à rien pour le saisir, au contraire.