Plutôt dans un état de fatigue
24. - Sentiment d’ennui très pénible, provenant, me semble-t-il, de la peine que j’avais à localiser les souvenirs, et il durait jusqu’à ce que l’effort fait pour en fixer la date eut triomphé complètement de l’illusion.
27. - Il me semble qu’il m’est arrivé de provoquer le phénomène en me laissant aller à une sorte de rêverie. Me trouvant, par exemple, au milieu de gens causant à haute voix....
34. - Le phénomène était souvent accompagné d’impression d’étrangeté du monde extérieur, et d’une illusion d’optique consistant en ce que les objets placés devant moi semblaient s’éloigner considérablement, comme vus par le gros bout d’une lorgnette.
Cette impression d’éloignement était surtout très nette pour les objets placés immédiatement sous mes yeux, comme le livre que j’étais en train de lire, ou la feuille de papier sur laquelle j’écrivais. Je crois même pouvoir dire que l’illusion se produisait surtout dans ces cas, c’est-à-dire lorsque j’avais fixé avec une certaine attention l’objet en question, qui m’appa- Leroj'
raissait alors diminué, mais toujours aussi net. J’ai certainement éprouvé cette illusion, sans que la par-amnésie se produisit.
Observation 85
G. F..., H., 18 ans.
Etudiant en droit et en philosophie.
1, 29 et 30. - « Il m’est arrivé, à l’état de veille et sans que je le sollicite en aucune façon, d’avoir comme l’image d’un fait qui ne s’était jamais produit. Presque toujours cette image devenait pour moi une réalité. Après un intervalle, de temps plus ou moins long, j’assistais réellement au fait que j’avais vu jadis en imagination. La similitude entre l’image passée et la perception présente était parfaite. Les paroles que j’avais prêtées illusoirement à une personne, m’étaient répétées par elle-même, avec les mêmes gestes, la même intonation; en un mot, le fait actuel se produisait dans le même ordre et tel que je l’avais imaginé autrefois.
« Le sentiment qui accompagne ordinairement en moi la deuxième partie du phénomène est un étonnement très grand, presque craintif... »
Observation 86
A. Z..., F. célibataire.
Sans profession.
1, 2,3, 4 et 5. - « Oui, très souvent et de la manière la plus variée, en écrivant, et avant tout dans la solitude, quand les
impressions d’une journée d’une lecture, repassent devant ma vision mentale.
Autrefois ces fausses reconnaissances étaient plus fréquentes chez moi ; je les ai observées du temps où j’étais encore enfant, et leur fréquence n’a fait que croître jusqu’à ma 20® année, puis a été en diminuant.
29. - En général ces fausses reconnaissances sont accompagnées d’un sentiment agréable : je n’ai eu de frayeur et d’angoisse que dans le cas ci-dessous :
36. - Dans ce cas, la douleur a été presque « physique » ; Je venais de perdre ma grand-mère, après l’avoir soignée jour et nuit, et je me trouvais dans un état d’épuisement physique et intellectuel. Notre médecin qui était présent demande un vèrre de vin, et je vais moi-même le chercher. Un escalier mène à l’olfice ; sur les dernières marches, je m’arrête subitement, j’ai l’impression que je me suis trouvée déjà dans la même situation, avec la même tristesse, et cette impression surgit si subitement, que je me demande ce qui va arriver... J’ai en même temps l’impression très nette qu’il y a derrière moi une main qui me saisit et cherche à me pousser.