‹ L'IllusionChapitre 15 sur 78 · SOUFFLES CB%UL^4(HJTS · texte numérisé non relu

SOUFFLES CB%UL^4(HJTS

V ext chaud, ô vent du sud, vent lascif qui te joues, Comme un amant, autour des bras nus et des joues, O vent lourd de baisers, vent chargé de langueurs, Vent qui gonfles les seins et troubles tous les cœurs, Qui, ce soir te glissant auprès de ma maîtresse, Sentiras frissonner son corps sous ta caresse, Dans ton souffle j'ai mis mon âme, emporte-la, Et puisses-tu brûler celle qui me brûla!

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JVDITII

J l in ru a dévoué son corps à la Patrie ; Elle a parc ses seins pour son terrible amant, Peint ses yeux, avivé leur sombre flamboiement, Et parfumé sa chair, qui reviendra flétrie.

lit, pâle, elle est allée accomplir sa tuerie... Ses regards fous d'extase et d'épouvantement, Et sa voix, et sa danse, et son long corps charmant Ont enivré le noir cavalier d'Assyrie.

Soudain roulée aux bras du maître triomphant, Elle eut l'affreux dégoût de lèvres l'étouffant ; Puis l'homme se coucha, pris d'un sommeil de bête.

— Dans l'horreur de l'amour autant que de la mort, Sur le mâle la femme a frappé sans remord, Et froide, et lentement elle a scié sa tête.

8o l'illusion

MEIsLSOIsLGES

1 ox corps exquis a les pâleurs D'une eau pâle où dorment des îles; Tes yeux ont le calme des fleurs, Tes grands yeux troublants et tranquilles.

Ils émeuvent sans s'émouvoir, Pareils à de larges calices, Tes grands yeux, larges fleurs du soir Versant de mortelles délices.

Leur clair azur de firmament, Leur silencieuse caresse Tour à tour indifféremment Répandent l'angoisse ou l'ivresse;

Et tandis que de tes chers yeux Coulent des poisons que j'aspire, Je sens ton corps délicieux Comme un lac pâle qui m'attire.

CHANTS I)K L'AMOUR I. I Dl I I M 1" I

Ton œil est bleu, clair et limpide, Comme l'eau d'un étang profond ; L'eau des étangs bleus est perfide, La mort attirante est au fond.

Ils disent que ton sein est vide :

Qu'importe, si le cœur se fond Devant tes yeux à l'air candide, Souriant du mal qu'ils nous font?

— La vie et la mort et moi-même, Tout est vide, et celui qui t'aime Pardonne à ton cœur, s'il lui ment.

Tes yeux sont faux, comme la vie :

Qu'importe à mon âme ravie, Qu'ils ont enivrée un moment?

CHiA'-ïlSOïsL T)'0%IEcHJT

IVIes baisers comme des abeilles Toujours voleront vers ces fleurs, Tes seins, ces roses sans pareilles, Tes yeux, où je boirai tes pleurs.

Mes baisers viendront à tes lèvres, Sous les clairs de lune d'été, T'exhaler mes soupirs, mes fièvres, Rossignols fous de ta beauté;

Et, le matin, ces hirondelles, Sur le palais blanc de ton corps, Mes baisers fermeront leurs ailes, De trop d'amour ivres ou morts.

CHANTS DB l'aMOUB BT DB I A MORT 8j

L'^AMOU'R. eDy.At}lT%AtR.

Lis astres dans le ciel, les astres me ressemblent, Fugitifs, égarés, enflammés comme moi :

Incendiés d'amour, regarde-les qui tremblent, Ainsi que tout mon corps lorsque je pense à toi !

Abla, ma bien-aimée, oh! trop longue est l'attente; X'entends-tu pas gémir vers toi mon cœur plaintif ? Quand pourrai-je, le soir, me glisser sous ta tente, Et m'étendre à tes pieds comme un lion captif?

Dans les combats, tandis que les tètes coupées Roulent sous les sabots des chevaux furieux, C'est ton nom que je crie, en riant aux épées Dont les fauves éclairs me îappellent tes yeux.

Et les destins cruels t'ont de moi séparée;

La lune est pâle, étant si loin de son soleil;

Sur ta couche,, la nuit, Abla, mon adorée,

Les sens-tu, mes soupirs, tourmenter ton sommeil?

FtA'KLTtAISIE TETIS^L'H.E

Au printemps, quand le monde est comme un paradis, Quand chantent les oiseaux dans les soirs attiédis, Du grand ciel bleu, pareil à du satin de Chine, Quand la lune répand sa caresse divine, Pour donner un moment de fête à tes regards, Fais venir une aimée aux longs cheveux épars, Qui te dise les vers d'un poète mystique Et t'enivre de ses yeux noirs, pleins de musique... Fleur pâle, qu'elle exhale une exquise senteur; Que longtemps elle danse et tourne avec lenteur ; Puis à tes pieds tombant, que sur eux elle pose Son visage en sueur qui s'est teinté de rose.

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