‹ L'IllusionChapitre 4 sur 78 · TOUJOURS · texte numérisé non relu

TOUJOURS

out est mensonge : aime pourtant, Aime, rêve et désire encore; Présente ton cœur palpitant A ces blessures qu'il adore.

Tout est vanité : crois toujours.

Aime sans fin, désire et rêve ; Ne reste jamais sans amours, Souviens-toi que la vie est brève.

De vertu, d'art, enivre-toi, Porte haut ton cœur et ta tète; Aime la pourpre comme un roi, Et, n'étant pas Dieu, sois poète !

Aimer, rêver, seul est réel :

Notre vie est l'éclair qui passe, Flamboie un instant sur le ciel.

Et va se perdre dans l'espace :

Seule la passion qui luit Illumine au moins de sa flamme Nos yeux mortels avant la nuit Éternelle, où disparaît l'âme.

Consume-toi donc : tout flambeau Jette, en brûlant, de la lumière; Brûle ton cœur, songe au tombeau, Où tu redeviendras poussière.

Près de nous est le trou béant :

Avant de replonger au gouffre, Fais donc flamboyer ton néant; Aime, rêve, désire et souffre!

Cil A NTs h i: 1. A M OUR II I' 1. LA Mo Kl

L'iAWSEUTn

J E suis comme un pêcheur qui se prend à rêver D'une perle dormant sous la vague profonde, D'une perle sans prix que nul n'a su trouver, Pareille à des yeux clairs, des yeux de vierge blonde ;

Et je cherche des yeux que nul n'aura su voir, Très calmes et très doux, caressants et très pâles, Versant, comme dans l'air les étoiles du soir, L'éclat mystérieux des troublantes opales;

Et je cherche des seins, comme la chair des fleurs, De douceur infinie et de clarté si blanche, Que les lys, les lys seuls ont de telles pâleurs, Quand leur coupe d'argent sous la lune se penche ;

Et j'appelle une enfant que je ne verrai pas, Dont l'ensorcellement, les philtres et les charmes, Ou les candeurs d'amour, m'arrachant d'ici-bas, En mes yeux desséchés feraient sourdre les larmes.

SE%EcXL*AtDE FLOXE^Tl^E

Etoile, dont la clarté luit Comme un diamant dans la nuit, Regarde vers ma bien-aimée, Dont la paupière s'est fermée, Et fais descendre sur ses veux La bénédiction des cieux.

Elle s'endort : par la fenêtre

En sa chambre heureuse pénètre;

Sur sa blancheur, comme un baiser,

Viens jusqu'à l'aube te poser,

Et que sa pensée alors rêve

D'un astre d'amour qui se lève.

CHANTS DE i AMOUR BT DE LA Mo R'

ÂU'B^TDE

J e suis la nuit, oh! sois le jour; Lumière que mon ombre adore, Unissons-nous, et notre amour Resplendira comme une aurore.

Mon âme brûle et se mourra :

Je suis le désert, sois l'eau pure, Et notre amour nous couvrira, Comme une oasis de verdure.

FXISSO-X.S T)E FLEU%S

.Les soirs d'été, les fleurs ont des langueurs de femmes, Les fleurs tremblent, souffrant d'amour comme les âmes Appelant ces hymens dont elles vont mourir, Les fleurs ont des regards qui nous font souvenir De grands yeux féminins attendris par les larmes : Les larges yeux des fleurs ont d'aussi tendres charmes. Les fleurs rêvent, les fleurs frissonnent sous la nuit; Et blanches, comme un sein adorable qui luit Dans la sombre splendeur d'une robe entr' ouverte, Les roses, du milieu de l'obscurité verte, Tandis qu'un rossignol, par la lune exalté, Pour elles chante et meurt sous cette nuit d'été, Les roses au corps pâle, en écartant leurs voiles, Folles, semblent s'offrir aux baisers des étoiles.

CHANTS DE l. A M nui) ET n B LA U ORT

SÉ%ÈcKJiAT)E MÉLANCOLIQUE

1 es grands yeux doux semblent des îles Qui nagent dans un lac d'azur :

Sous la paix de tes yeux tranquilles, Fais-moi tranquille et fais-moi pur.

Ton corps a l'adorable enfance Des clairs paradis de jadis :

Enveloppe-moi du silence De ton corps blanc comme les lys.

Je souffre, j'étouffe, je pleure :

Fais de ton corps, fais de tes bras, Afin que je m'y perde et meure, Un tombeau que tu m'ouvriras 1

^TfOTl^lTIO^

J e voudrais t'entourer de parfums angéliques, Je te voudrais bercer en d'anciennes musiques, Dont le charme plaintif ferait couler tes pleurs; Je te voudrais parer de fleurs rares, de fleurs Souffrantes, qui mourraient pâles sur ton corps pâle Et je voudrais, à l'heure où la mystique opale, La lune, monterait dans le bleu firmament, Me pencher près de toi religieusement, Et quand ton âme alors serait toute attendrie Par la nuit languissante et d'étoiles fleurie, Te murmurer, frôlé par tes cheveux soyeux, Des propos caressants et doux comme tes yeux.

(. il A '■ . MO U K I. i li i. LA M 0

CH^4eNJSOcKJ T%ISTE

L/axs ton cœur dort un clair de lune, Un doux clair de lune d'été, Et loin de la vie importune Je me veux perdre en ta clarté.

J'oublierai les douleurs passées, Mon amour, quand tu berceras Mon triste cœur et mes pensées Dans le calme aimant de tes bras.

Tu prendras ma tête malade, Tout un long soir, sur tes genoux, Et lui diras une ballade Qui semblera parler de nous;

Et dans tes yeux pleins de tristesse, Dans tes yeux alors je boirai Tant de baisers et de tendresse Que peut-être je guérirai.

i6 l'illusion

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