‹ L'illustre Brizacier; drame en un acteChapitre 20 sur 35 · Scène VU · texte numérisé non relu

Scène VU

Florimont, après avoir embrassé Brizacier.

Moi qui te croyais mort ! Ah! mon vieux camarade ! Mais c'est ainsi toujours ; après chaque algarade, Tu reparais plus frais et plus Jeune.

Muchedent.

Comment, Vous êtes Brizacier?

Brizacier.

Mais très-certainement ; Vous ne le saviei pas?

Muchedent.

Pardieu, non!

Bellombre, riam

C'est rUlustre

Brizacier !

Brizacier.

Oui, monsieur, et depuis plus d'un lustre, Ce nom avec honneur est cité,

Florimont.

Mais dis-moi Comment donc il se fait, alors que sur la foi Des publiques rumeurs on te croit mort, tu nages Dans ces riches habits, faits pour des personnages De haut rang. Je te vois commander au château.

Tel qu'un prince, chei lui quittant l'incognito. Que veut dire cela?

C'est bien simple, et l'histoire Peut se dire en deux mots. Comme il était notoire Que ma bourse était vide, un hôtelier sans cœur, M'avait jeté dehors, mourant et nu. Vigueur, Santé, tout me manquait. Ainsi que Philoctète Je restais seul, avec l'orage sur ma tête. Recevant toute l'eau d'un nuage effondré. Je voyais les anciens barons de Saint-André M' appeler, et j'étais bien près de les rejoindre. Alors, comme l'on voit au ciel un astre poindre. J'aperçus au milieu de mon accablement, La marquise de Haut-Mesnil. En ce moment, Elle passait. Son cœur s'émut de ma misère. Elle tourna vers moi son œil bon et sincère Et me fit transporter dans son logis. Depuis Trois mois, j'y suis choyé, fêté, mais je ne puis, Bien que d'étroits liens aient uni nos ancêtres. Vivre là plus longtemps, et je boucle mes guêtres, Afin de parcourir les grands chemins encor Et d'errer au milieu du multiple décor Fait pour enivrer l'œil du vagabond,

Florimont.

De sorte Que tu viens avec nous ?

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