Scène II. • ii
Ferait défaut aux cerfs pour suivre dans la plaine
Monsieur de Saint-André ^ surtout ^ quand, s^ animant
Il raconte sa vie étonnante , et comment j
Alors qu'il était roi dans la Mauritanie
Il défit trois géants d'une audace infinie
Qui gardaient sa princesse au fond d'une prison.
La Marquise, bai à Pierre.
Nous faut-il craindre encor pour sa pauvre raison?
Pierre.
Non, madame. A. courir trop longtemps la chimère On se lasse. L'ardeur s'éteint. Jiamme éphémère Qui brûlait notre sang, et, comme un vieux guerrier Remuant de son doigt la cendre du laurier Se plaît à raconter ses batailles anciennes. Le vieux rêveur sourit à ces magiciennes Dont on rêve à vingt ans, et qu'on suit Jusqu'au Jour Oà se fait, sur le cœur l'éclipsé de l'amour.
La Marquise.
Oui! peut-être. . . espérons, mais redoublons de ^èle.
Pierre.
Parbleu! N'avons-nous pas, d'ailleurs. Mademoiselle?
Son babd enfantin^ doux écho de son cœur^
Son rire frais où rien n'a passé de moqueur
Et son regard limpide où l'aurore s'admire,
Voilà qui vaut les soins d'un barbier ou d'un mire !
La Marquise.
Sylvanie? En effet y je sais qu'elle a sur lui Pris un grand ascendant et que, seule, aujourd'hui, Elle suffirait presque à notre chère tâche. N'importe ! Veillons tous jour et nuit^ sans relâche, Tant qu'on peut redouter quelque rechute encor.
Pierre.
Silence^ le voici.