‹ L'imagination [electronic resource]Chapitre 97 sur 122 · I. RiBOT. Ouv. cité, p. 2o · texte numérisé non relu

I. RiBOT. Ouv. cité, p. 2o

Les hypothèses représentatives dégénèrent ainsi en hypothèses exphcatives non fondées. Aussi en est-on venu à se défier de l'imagination dans la science, et, par réaction contre ses excès, à la proscrire, comme Bacon et Newton, d'une façon absolue. Mais il est plus aisé d'excommunier l'imagination en principe que de l'exclure en fait. Elle a d'ailleurs son rôle nécessaire. Elle est l'âme de la découverte. Sans doute elle n'a point place dans la science achevée, celle-ci étant faite de vérités démontrées, non de conjectures. Mais c'est par elle que la science se fait : une démonstration n'est qu'une conjecture vérifiée. On ne saurait, à ce point de vue, exagérer son rôle.

(( C'est, dit très bien M. Ribot, l'imagination qui invente, qui fournit aux facultés rationnelles leur matière, la position et même la solution de leurs problèmes. Le raisonnement n'est qu'un moyen de contrôle et de justification ; il transforme l'œuvre de l'imagination en conséquences acceptables et logiques. Si l'on n'a préalablement imaginé, la méthode est sans but et sans emploi, car on ne peut raisonner sur le pur inconnu. Lors même qu'un problème semble marcher tout seul vers la solution par le seul effet du raisonnement, l'imagination intervient sans cesse sous la forme d'une succession de tâtonnements, d'essais, de conjectures, de possibilités qu'elle propose. La fonction de la méthode, c'est d'en déterminer la valeur, d'accepter ou de rejeter ^ »

L'imagination a donc un rôle capital dans la science, non sans doute dans la science achevée qui

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