Année 1866, pagu
le chant d'une nourrice; sur le sons musculaire, comme le berçage, les attouchements et les passes ; sur la vue, comme la contemplation d'un endroit unique de son propre corps (c'est le cas des moines du mont Athos), comme la vue des bagues éblouissantes (c'est le fait des magnétiseurs), enfin comme le procédé à peu près identique, on le voit, du médecin qui hypnotise ^
Ici encore il est à croire qu'une certaine prédisposition est nécessaire et qu'on ne peut indifféremment hypnotiser le premier venu. Il faut un certain excès d'innervation. Ainsi on ne peut hynoptiser les idiots, qui sont incapables de soutenir leur attention sur quoi que ce soit. Mais quel est l'état des centres nerveux pendant la durée de ce sommeil artificiel? Nous en sommes encore réduits sur ce point aux conjectures, absolument conune pour le somnambulisme. D'après quelques auteurs, la proportion du sang veineux contre le sang artériel serait modifiée, et l'égale diffusion de la force nerveuse dans toutes les parties du cerveau serait empêchée : elle serait immobilisée. Nous indiquons ces hypothèses sans nous y arrêter. Mais quant aux principaux symptômes de l'hy* piiotisiiie,OD a pu les observer et les décrireavec exac^ titude. En les passant en revue diaprés les expérimeotatioos les plus dignes de confiance, il semble qu'on ne fait que lire une seconde fois les descriptions déjà coomiesdu somnambulisme, tant naturel qu'artifieieU
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7S LIJIACINATIÛS.
D'abord une grande partie de la sensibilité est abolie. Le f&it est si sûr que l'hypnotisme a été. surtout employé comme un procédé aneathésique facilitant, non moins que l'éther ou le chloroforme, les opérations chirurgicales les plus laborieuses. En d'autres termes, à une personne hypnotisée, on coupe un bras ou une jambe sans qu'elle le sente. Toilà qni est démonstratif.
Et toutefois, en même temps que la sensibilité à la douleur est suspendue, telle ou telle autre sensibilité peut être extrêmement surexcitée. « L'hyperestiiésie hypnotique, dit le docteur Azam, porte sur tous les sens, sauf la vue, maïs surtout Eur le sens de la température, sur le sens musculaire, dont elle démontre l'existence d'une manière irréfragable. L'ouïe atteint une telle acuité qu'une conversation peut être entendue à un étage inférieur. Les sujets même sont très fatigués de cette sensibilité : leur visage atteste la douleur que leur fait éprouver le bruit des voitures, celui de la voix. Le bruit d'une montre est entendu à vingt-cinq pieds de distance. L'odorat acquiert la puissance de celui des animaux. Les malades se rejettent en arrière en exprimant le dégoût pour des odeurs dont personne ne s'apergoit autour d'eux. A-t-on touché de l'éther ou fait une autopsie trois ou quatre jours auparavant, les malades ne s'y trompent pas', etc., etc. »
Cette sensibilité musculaire si déhcate seconde, comme il est aîsé de le deviner, l'exécution de cer-
i. Aiuialci iHédkO'ptyohologique», oiinéo 1800, puge i3i.
tains mouYements et d'actes compliqués. L'hypnotisé peut, comme le somnambule, marcher, écrire, enfiler une aiguille les yeux fermés.
Comme le somnambulisme encore, l'hypnotisme, quand il est complet, ne lègue souvent aucun souyenir de lui-même à l'état normal, après la crise terminée. Mais le sujet, hypnotisé de nouveau, peut retrouver le souvenir de crises antérieures. « Chez les sujets qu'on hypnotise deux fois, dit le docteur Tuke, nous voyons survenir au réveil l'oubli complet des pensées et des actes artificiellement provoqués, tandis qu'ils en retrouvent le souvenir distinct quand ils rentrent dans l'état artificiel. M. Braid affirme avoir eu des sujets très intelligents, qui se rappelaient, avec une exactitude minutieuse, ce qui s'était passé six années auparavant durant leur sommeil, et qui en faisaient le récit toutes les fois qu'on les hypnotisait, tandis qu'ils n'en avaient aucun souvenir quand ils étaient éveillés^ »
Enfin le phénomène le plus caractéristique peutêtre de l'hypnotisme est un phénomène que nous connaissons pour l'avoir analysé dans les névroses précédentes ; c'est la suggestion. Étudier la suggestion dans l'hypnotisme, c'est étudier encore une fois le rôle singulier que joue l'image, ou plutôt qu'on lui fait jouer, d'autant plus victorieusement que l'inertie morale est plus grande. Arrêtons-nous donc ici quelques instants.
« La raison et la mémoire paraissent endormies, la