‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 101 sur 306 · LE DEVRAIENT · texte numérisé non relu

LE DEVRAIENT

1. J.-C. Mon fils, écoutez mes paroles, paroles pleines de douceur, et qui surpassent toute la science des philosophes et des sages du monde.

Mes paroles sont esprit et vie 3 , et l’on n’en doit pas juger par le sens humain.

Il ne faut pas en tirer vaine complaisance, mais les écouter en silence, et les recevoir avec une humilité profonde et un ardent amour.

2 . Le F. Et j’ai dit : Heureux celui que vous instruise {, Seigneur, et à qui vous enseigne { votre loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans consolation sur la terre*.

3. J.-C. C’est moi qui ai, dès le commencement, instruit les prophètes, dit le Seigneur; et jusqu’à présent même, je ne cesse point de parler à tous; mais plusieurs sont endurcis et sourds à ma voix.

Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu : ils aiment mieux suivre les désirs de la chair que d’obéir à la volonté divine.

i. Luc. xxiv, i 5 . — 2. Ibid., 29. — 3 . Joann. vi, 64. — 4. Ps. xcnr,

l’imitation. 5

l’imitation DE JÉSUS-CHRIST

Le monde promet peu de chose, et des ctioses qui passent, et on le sert avec une grande ardeur : je promets des biens immenses, éternels, et le cœur des hommes reste froid.

Qui me sert et m’obéit en toutes choses, avec autant de soin qu’on sert le monde et les maîtres du monde?

Rougis, Sidort, dit la mer'; et si tu en demandes la cause, écoute, voici pourquoi :

Pour un petit avantage, on entreprend une longue route ; et, pour la vie éternelle, à peine en trouve-t-on qui veuillent faire un pas.

On recherche le plus vil gain : on plaide honteusement quelquefois pour une pièce de monnaie; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se fatiguer le jour et la nuit.

Mais, ô honte! pour un bien immuable, pour une récompense infinie, pour un honneur suprême et une gloire sans fin, on ne saurait se résoudre à la moindre fatigue.

4. Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce qu’il y ait des hommes plus ardents à leur perte que tu ne l’es à te sauver, et pour qui la vanité a plus d’attrait que n’en a pour toi la vérité.

Et cependant ils sont souvent abusés par leurs espérances; tandis que ma promesse ne trompe point, et que jamais je ne me refuse à celui qui se confie en moi.

Ce que j’ai promis, je le donnerai ; ce que j’ai dit, je l’accomplirai, si toutefois l’on demeure avec fidélité dans mon amour jusqu’à la fin.

C’est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement les justes.

5. Gravez mes paroles dans votre cœur, et méditez-les profondément : car, à l’heure de la tentation, elles vous seront très nécessaires.

Ce que vous n’entendez pas en le lisant, vous le comprendrez au jour de ma visite.

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