‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 103 sur 306 · POUR DEMANDER LA GRACE DE LA DÉVOTION · texte numérisé non relu

POUR DEMANDER LA GRACE DE LA DÉVOTION

6 . Le F. Seigneur, mon Dieu, vous êtes tout mon bien : et qui suis-je pour oser vous parler ?

Je suis le plus pauvre de vos serviteurs, et un abject ver de terre, beaucoup plus pauvre et plus méprisable que je ne sais et que je n’ose dire.

Souvenez-vous cependant, Seigneur, que je ne suis rien, que je n’ai rien, que je ne puis rien.

Vous êtes seul bon, juste et saint; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez tout, hors le pécheur que vous laissez vide.

Souvenez-vous de vos miséricordes J , et remplissez mon •cœur de votre grâce, vous qui ne voulez point qu’aucun de vos ouvrages demeure vide.

7 . Comment puis-je, en cette misérable vie, porter îe poids de moi-même, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient?

Ne détournez pas de moi votre visage; ne différez pas à me visiter; ne me retirez point votre consolation, de peur que, privée de vous, mon âme ne devienne comme une terre sans eau *.

.Seigneur,, apprene^moi à faire votre volonté *; apprenez-moi à vivre d’une vie humble et digne de vous.

i. Joan. 48. — 2. Ps. xxiv, 6 — 3 . Ps. cxlh. 6. — 4. Ibid., 40.

l’imitation DE JÉSUS-CHRIST.

Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous m’avez connu avant que je fusse au monde, et avant môme que le monde fût.

Rien déplus rare qu’un désir sincère du salut; et c’est ce qui doit nous faire trembler, car notre sort à chacun sera ce que nous l’aurons fait : Dieu nous aide, il vient par sa grâce au secours du libre arbitre, mais il ne le contraint pas. Orque voyons-nous? Quel spectacle nous offre le monde? Nous ne parlons point ici de l’impie résolu à se perdre, et déjà marqué du sceau de la réprobation : nous parlons de ceux qui se disent, qui se croient les disciples de Jésus- Christ. Dans la spéculation, ces chrétiens veulent se sauver; mais ils veulent en même temps, ils veulent surtout posséder les biens et goûter les jouissances de la terre. Ils donneront à Dieu, en passant, quelques prières obligées ; ils s’informeront de sa loi pour connaître ce quelle commande strictement : puis, tranquilles de ce côté, ils se jetteront à la poursuite des honneurs, des richesses, des plaisirs qu’ils nomment légitimes, ou ils s’endormiront dans une vie de mollesse permise à leurs yeux, parce qu’elle ne viole en apparence aucun précepte formel. Mais, dans tout cela, où est la foi qui doit régler toutes nos actions sur la vue de l’éternité? Où est l’amour perpétuellement occupé de son objet, l’amour avide de sacrifices? Où est la pénitence? Où est la Croix? O Dieu! et c'est là désirer le salut! N’est-il donc pas écrit que celui qui cherche son âme la perdra *. Que chacun se juge sur cette parole avant le jour terrible où le Seigneur lui-même le jugera.

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