‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 105 sur 306 · LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE V

la vie promise à ceux qui marchent dans la vérité qui font la vérité *, selon le mot profond de l’Apôtre. Donc, tout en Jésus-Christ et par Jésus-Christ. Unies aux siennes, nos pensées, nos affections, nos œuvres se divinisent : et comme la perfection du Fils est la perfection même du Père, par notre union avec le Fils, qui commence sur la terre et se consommera dans le ciel, nous devenons parfaits comme le Père est parfait. Ainsi s’accomplit la prière du Christ : Père saint, conserve f en votre nom ceux que vous m’aveq donnés, afin qu'ils soient un comme nous sommes un ! Sanctifie^-les dans la vérité; je me sanctifie pour eux moi-même, afin qu’ils soient sanctifiés dans la vérité 3 . Mais cette grande union, qui nous élève jusqu’à participer aux mérites infinis du Rédempteur, ne s’effectue, ne l’oublions pas, qu’en proportion du sacrifice que nous faisons de nous-mêmes. Notre humilité en est la mesure : elle est le fruit du renoncement propre, du détachement, de l’abaissement qui nous anéantit devant Dieu. Là où l’amour corrompu de soi, là où la nature vit encore, l’union avec Jésus-Christ n’est pas complète. Il faut mourir à soi-même, à ses désirs, à ses goûts, à sa volonté, à sa raison aveugle, pour être un avec le Fils, comme il est un avec son père, pour être sanctifié dans la vérité 4 . Heureuse mort, qui nous met en possession de la véritable vie, de Dieu même et de sa sainteté, de sa vérité éternelle!

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