LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE XV. l6l
à tel ou tel autre ; et l’on en vient jusqu'à s’attribuer secrètement les dons de Dieu, un des crimes qui offensent le plus ce Dieu jaloux et vengeur', qui ne donnera sa gloire à nul autre', et qui résiste aux superbes *. Que fait-il cependant? 11 se retire, il délaisse cet insensé qui comptait sur ses forces, il l’abandonne à son orgueil. Alors arrivent ces chutes terribles qui étonnent et consternent; ces chutes inattendues, effrayants exemples des jugements divins. Malheur à qui s’appuie sur sa propre justice ! la ruine l’attend. Je ne sens , disait l’Apôtre, rien en moi qui m'accuse ; mais je ne suis pas pour cela justifié, car celui qui me juge, c’est le Seigneur'. Et le prophète-roi : Purifieq-moi de mes J autes cachées i * * * , oublieq celles que j'ignore e , et pardonneq-moi celles d’autrui 1 : prière admirable qui rappelle à l’homme cette funeste communication du mal, en vertu de laquelle il est, hélas ! si peu de péchés purement personnels. Donc nul refuge, nulle assurance que dans l’humilité, dans l’aveu sincère, dans la conviction et le sentiment toujours présent de notre profonde misère, joint à la confiance en Dieu seul. Prosternés à ses pieds, disons-lui avec le Psalmiste : Ma honte est sans cesse devant moi , et la confusion a couvert mon visage * : Seigneur, vous ne méprisereq point un cœur contrit et humilié 8 /