LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE XVIII
Préservez-moi à jamais de tout péché, et je ne craindrai ni la mort ni l’enfer.
Pourvu que vous ne me rejetiez pas, et que vous ne m'effaciez pas du livre de vie, aucune tribulation ne peut me nuire.
RÉFLEXION
On ne saurait trop le répéter, la vie chrétienne consiste uniquement à vouloir ce que Dieu veut, et à ne vouloir que ce qu’il veut. Presque toujours nos désirs nous trompent, par une suite de notre ignorance et de notre corruption. Mais Dieu sait tout ce qui nous est caché ; il connaît les secrètes dispositions de notre cœur, la mesure de sa faiblesse, les épreuves auxquelles il est bon que nous soyons soumis, les secours nécessaires pour les supporter, car il ne permettra pas que nous soyons tentés au delà de nos forces 1 : sa sagesse est infime, et il nous a aimés jusqu'à donner pour nous son Fils unique *. Quelle confiance, quelle paix ne devons-nous pas trouver dans cette pensée! Quoi de plus doux que de s’abandonner sans réserve à celui qui a tout fait pour sa pauvre créature, que de se perdre en lui par l’union intime de notre volonté à la sienne, ne nous réservant rien que l’action de grâces et l’amour ; de sorte que notre âme, notre être entier s’exhale, en quelque sorte, dans cette parole qui comprend tout : Mon Seigneur et mon Dieu 3 !