‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 159 sur 306 · LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE XXVI

comme si vous ne méritiez pas de tant souffrir ; mais reconnaissant, au contraire, ma justice, et louant ma sainteté dans tout ce que j’ordonne. Alors vous marcherez dans la voie droite, dans la véritable voie de la paix; et vous pourrez avec assurance espérer de revoir mon visage dans l'allégresse'.

Que si vous parvenez à un parfait mépris de vous-méme, je vous le dis, vous jouirez d’une paix aussi profonde qu’il est possible en cette vie d’exil.

RÉFLEXION

On ne saurait trop répéter à l’homme que sa grandeur, sa sécurité, sa paix, consiste à se renoncer, à se mépriser lui-mème, à s’anéantir devant Dieu, à ne vouloir en toutes choses et à ne désirer que l’accomplissement de sa volonté sainte, sans aucun retour d’intérêt propre, dans un abandon sans réserve à ce qu’il lui plaît d'ordonner de nous. Il faut se détacher même de ses dons, pour s’unir à lui d’une manière plus intime et plus pure. La ferveur sensible, les consolations, les ravissantes douceurs de l’amour nous sont données et nous sont retirées selon les desseins que nous ignorons; elles passent, et tout ce qui passe produit le trouble, si l'on s’y attache. Dieu seul donc : n’aimons que Dieu seul, ne souhaitons que Dieu seul; aimons-!e pour lui-même, dans la tristesse comme dans la joie, dans l'amertume comme dans la jouissance. Oui, je vous aimerai, Seigneur J , je vous bénirai en tout temps 3 : vous êtes vous-même notre paix*, et dans cette paix, je dormirai et je me reposerai 5 .

Page 1