LIVRE TROISIÈME. CHAPITRE XLIV
ses toutes divines, dont ilsparlaient d’unemanière admirable.
Ils ont fait plus de progrès en quittant tout, que par une profonde étude.
Mais je dis aux uns des choses plus générales; aux autres, de plus particulières. J’apparais à quelques-uns doucement voilé sous des ombres et des figures; je révèle il d’autres mes mystères au milieu d’une vive splendeur.
Les livres parlent à tous le même langage; mais il ne produit pas sur tous les mêmes impressions, parce que moi seul j'enseigne la vérité au dedans, je scrute les cœurs, je pénètre les pensées, j’excite à agir, et je distribue mes dons à chacun, selon qu'il me plait.
RÉFLEXION
Plusieurs se fatiguent et se tourmentent pour acquérir la science, et j’ai vu, dit le Sage, que cela aussi était vanité, travail et affliction d’esprit *. A quoi vous servira de connaître les choses de ce monde, quand ce monde même aura passé ? Au dernier jour, on ne tous demandera pas ce que vous avez su, mais ce que vous avez fait et il n'y a plus de science dans les enfers, vers lesquels vous vous hâteq*. Cessez un vain labeur. Qui que vous soyez, vous n'avez que trop cultivé l’arbre dont les fruits donnent la mort. Laissez la science qui nourrit l’orgueil, la science qui enfle, pour vous occuper uniquement d'acquérir celle qui fait les humbles et les saints, la charité qui édifie 3 . Apprenez à vous humilier, à connaître votre néant et votre corruption. Alors Dieu viendra vers vous ; il vous éclairera de sa lumière, il vous enseignera, dans le secret du cœur, cette science merveilleuse dont Jésus a dit : Je vous bénis mpn Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que vous avej caché ces choses aux sages et aux prudents, et les aveq révélées aux petits